Baccalauréat : des élèves dénoncent des sujets de spécialité inégaux
L'essentiel
- Des lycéens en France dénoncent des inégalités dans les sujets des épreuves de spécialité du baccalauréat, notamment en physique-chimie et en sciences économiques et sociales, où les sujets du deuxième jour sont jugés plus faciles.
- Des pétitions ont été lancées et des enseignants appellent à une épreuve unique pour garantir l'équité.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
La réforme du bac Blanquer a introduit des épreuves de spécialité évaluées sur deux jours, suscitant des polémiques sur l'équité des sujets.
Jour 1 ou jour 2 ? Quel était le sujet le plus facile ? À la sortie des lycées ce mercredi 17 juin, l’heure est à la comparaison. Car si les 530.000 élèves de terminale planchent bien sur les écrits de spécialité du bac ces mardi 16, mercredi 17 juin et jeudi 18 juin, tous n’ont pas pour autant les mêmes sujets. Depuis la réforme du bac Blanquer, en effet, la plupart de ces matières, à fort coefficient, sont évaluées sur deux jours. Une organisation complexe qui suscite régulièrement des polémiques.
En physique chimie, par exemple, un manque d’équité a été rapidement souligné. « J’ai vraiment trouvé notre sujet plus facile », rapporte ainsi Morgan, au lycée Voltaire de Paris (11e arrondissement) ce mercredi. L’élève de 17 ans, affirme que l’épreuve du jour 2 était plus « aidée », c’est-à-dire balisé que celle de la veille. Même constat de la part de son camarade Zayem. «L’épreuve d’hier, c’était vraiment autre chose», martèle le jeune homme. De quoi venir alimenter une polémique déjà existante, car beaucoup de candidats sont sortis furieux après l’écrit de physique-chimie de mardi. Une pétition a même recueilli 17.000 signatures pour dénoncer son niveau d’exigence.
Des élèves frustrés chaque année
Sur TikTok, beaucoup de lycéens se plaignent aussi des sciences économiques et sociales (SES). « On se tape tous les chapitres d’éco bien durs et eux ils ont la socio et le chômage », déclare un jeune sur le réseau social TikTok. « Franchement, l’Éducation nationale, des fois, je ne comprends pas, c’est juste une injustice de mettre un sujet incompréhensible au jour 1 et un sujet si simple le jour 2. »
Comme en physique, les candidats du premier jour avaient déjà dénoncé le niveau de leurs questions de SES dans une pétition. Un document signé par près de 8 500 étudiants. Selon Jean-Philippe Fourestier, professeur d’économie au lycée, ces jeunes n’ont pas complètement tort. « Les questions de l’épreuve composée du jour 2 étaient plus accessibles que celle de la veille», affirme-t-il. Selon l’enseignant du lycée Jean-Jaurès de Saint-Clément-de-Rivière, près de Montpellier cependant : «les deux sujets correspondaient au niveau des élèves de terminale».
Après ces débats, beaucoup de lycéens demandent la mise en place d’une épreuve unique, à l’image de l’écrit anticipé du bac de français ou de celui de philosophie. « J’aimerais vraiment que cela soit imposé, déclare un enseignant en physique-chimie sur TikTok. Chaque année, une grande partie des élèves est frustrée parce que les sujets sont différents et [qu’ils] n’ont pas les mêmes compétences mobilisées en fonction des chapitres. » Jean-Philippe Fourestier est du même avis. « L’idéal serait de n’avoir qu’une seule épreuve. C’est un principe d’équité et on le doit à nos élèves », explique-t-il.
Un problème d’organisation
Les épreuves uniques semblent cependant difficiles à mettre en place. « Avec treize spécialités proposées, il existe de nombreuses combinaisons possibles, avait ainsi expliqué Carole Grandjean, alors ministre déléguée auprès du ministre de l’Éducation nationale devant le Sénat en 2023. L’organisation de l’examen tient compte de cette contrainte en répartissant les épreuves sur deux jours. À défaut, il faudrait assurer leur déroulement sur treize journées, ce qui entraînerait une forte désorganisation des établissements ». Le dédoublement des épreuves est ainsi inhérent à la réforme du bac mise en place en 2019 par Jean-Michel Blanquer.
Afin de rassurer les élèves, Jean-Philippe Fourestier rappelle cependant que l’Éducation nationale reste attentive aux remontées du terrain. « Lorsqu’une différence de niveau est relevée entre deux sujets, des consignes d’indulgence sont adressées aux correcteurs afin de rétablir l’équité », rappelle l’enseignant.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Des ajustements dans les barèmes de correction pour compenser les différences de sujets.
Probable · En quelques semaines
Poursuite des débats sur la mise en place d'une épreuve unique pour les spécialités.
Très probable · En quelques mois
Questions ouvertes
- Les correcteurs appliqueront-ils réellement les consignes d'indulgence ?
- Une épreuve unique sera-t-elle mise en place à l'avenir ?
- Comment l'Éducation nationale compte-t-elle réorganiser les épreuves pour l'année prochaine ?





