Brexit : dix ans après, Nigel Farage reste une figure populaire au Royaume-Uni
L'essentiel
- Dix ans après le Brexit, Nigel Farage, leader de Reform UK, conserve une forte popularité au Royaume-Uni.
- Malgré les déceptions liées à la sortie de l'UE, ses soutiens restent fidèles, voyant en lui "l'homme du peuple" et un vote antisystème, son discours s'orientant désormais sur l'immigration.
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Pourquoi c'est important
Dix ans après le Brexit, Nigel Farage, figure clé de cette rupture, conserve une base de soutien solide au Royaume-Uni, malgré les déceptions économiques et politiques liées à la sortie de l'UE. Son discours s'est recentré sur l'immigration.
Si une majorité de Britanniques considère que le Brexit était une erreur, les soutiens au dirigeant du parti d'extrême droite Reform UK, artisan de cette rupture, ne faiblissent pas, loin de là. Les travaillistes en font le constat dans plusieurs sondages, alors que Keir Starmer a annoncé sa démission, lundi 22 juin, laissant la place à son probable successeur Andy Burnham, le maire travailliste de Grand Manchester.
Dix ans après le Brexit, le pub The Moon and Starfish est devenu un lieu emblématique sur le front de mer de Clacton-on-sea, dans le comté de l’Essex, sur la côte est de l’Angleterre, à environ 130 km de Londres. Dans cette station balnéaire vieillissante, il est connu comme étant le repaire de Nigel Farage, que certains disent apercevoir régulièrement en fin d’après-midi. Justement en ce mois de juin, le leader de Reform UK, apparaît dans un costume impeccable. Entouré de ses nombreux gardes du corps, il prend le temps d’échanger avec ses soutiens. "Je vote Reform UK alors je veux qu'il soit notre futur Premier ministre, assure Tricia, une de ses fans. "C'est l'homme du peuple".
"Je suis un homme ordinaire"
Une pinte à la main, Nigel Farage qui incarne depuis plus de 20 ans la ligne dure europhobe, accepte de répondre à quelques questions. Ancien chef de file de l’UKIP, puis du Brexit Party, il revendique aujourd’hui une proximité avec les électeurs.
"Trop souvent, en France ou en Grande-Bretagne, les politiciens sont perçus comme une classe à part. Moi, je suis un homme ordinaire. Je parle à tout le monde, j’aime rencontrer les gens, boire une bière, rire."
Nigel Farage
à franceinfo
Interrogé sur son bilan dix ans après le Brexit, il assume sans détour : "Oui, on a fait des erreurs, mais au moins nous sommes indépendants. Une démocratie souveraine, c’est ce que toute nation devrait être."
S’il défend l’indépendance retrouvée du Royaume-Uni, il critique en revanche toujours l’Union européenne : "Le projet européen et l’intégration politique sont une erreur. Je suis content que nous soyons sortis."
Des soutiens fidèles, malgré les déceptions
Parmi ses partisans, Michael, retraité, est pourtant un ancien électeur du "Remain" ("Rester dans l'UE"), ne voit pas de contradiction. Pour lui, le Brexit appartient désormais au passé : "On a fait cette erreur, mais aujourd’hui le vrai sujet, c’est l’immigration. Les petits bateaux", explique-t-il, en référence aux embarcations de migrants qui tentent de traverser la Manche.
Si les Britanniques pro-Brexit sont très majoritairement déçus du manque de résultats positifs depuis la sortie de l'UE, Michael refuse toutefois de rendre Nigel Farage responsable de la situation actuelle : "Ce n’est pas de sa faute. Nous avons voté pour partir. Maintenant, il faut avancer."
Un vote antisystème toujours puissant
Pour les chercheurs, ce soutien va au-delà du Brexit. Selon Joël Reland, chercheur au sein du think tank UK in a Changing Europe, Nigel Farage continue d’incarner une forme de vote protestataire.
"Beaucoup de gens ne le voient pas comme l’artisan du Brexit. Pour eux, le Brexit a échoué, mais la responsabilité est attribuée aux gouvernements suivants. Farage, lui, reste celui qui a porté le débat."
Joël Reland, chercheur au sein du think tank UK in a Changing Europe
à franceinfo
Aujourd’hui, le discours de l'homme politique s’est déplacé vers un autre sujet central : l’immigration. "Il dit désormais que le problème n’est plus l’Union européenne, poursuit Joël Reland, mais la Convention européenne des droits de l’homme. C’est un nouveau cadre pour un même combat politique."
Dix ans après le référendum, Reform UK bénéficie d’une influence toujours forte. Il caracole en tête dans certaines enquêtes d’opinion, autour de 28% des intentions de vote, loin devant les travaillistes au pouvoir.
Questions ouvertes
- Quel sera l'impact à long terme de la popularité de Farage sur la politique britannique ?
- Les résultats du parti Reform UK aux prochaines élections seront-ils à la hauteur des sondages actuels ?




