Cédric Jubillar avoue le meurtre de son épouse Delphine Aussaguel : les explications de ses avocats
L'essentiel
- Cédric Jubillar, condamné pour le meurtre de son épouse Delphine Aussaguel, a avoué les faits à ses avocats après des années de déni.
- Il a remis un écrit détaillé, expliquant avoir agi après une dispute conjugale et déplacé le corps pour épargner ses enfants.
- Ses avocats dénoncent son isolement en prison et demandent le report de son procès en appel.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Cédric Jubillar, condamné en première instance à trente ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine Aussaguel disparue en décembre 2020, a avoué les faits à ses avocats après des années de déni.
Un revirement surprise qui méritait des explications. Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue lundi 6 juillet, les avocats de Cédric Jubillar ont détaillé les raisons qui ont amené leur client à avouer le meurtre de son épouse, Delphine Aussaguel, disparue en décembre 2020, après avoir nié les faits pendant plusieurs années. L'ancien peintre-plaquiste, condamné en première instance à trente ans de réclusion criminelle, a adressé une lettre à son défenseur dont La Dépêche du Midi a révélé l'existence.
Il leur "a remis un écrit détaillé en formulant des aveux de culpabilité", ont précisé Pierre et Guy Debuisson. Cédric Jubillar doit être jugé en appel à partir du 21 septembre à Toulouse. Voilà les principaux points à retenir de la conférence de presse de ses avocats.
Cédric Jubillar voulait "libérer sa conscience"
Guy et Pierre Debuisson expliquent avoir noué une relation de confiance avec leur client, ce qui lui a permis de passer aux aveux. Pierre Debuisson dit avoir ressenti un "besoin profond" de parler chez Cédric Jubillar lors de ses visites en prison. "Ce qui est certain, c'est que depuis le début, il avait le besoin et l'envie de parler, a-t-il expliqué. Il était verrouillé psychologiquement depuis le début, probablement en raison de la pression médiatique."
Les deux avocats estiment que le mutisme de Cédric Jubillar lors de son procès est lié à la prise de médicaments. "On le cachetonnait à mort", a insisté Guy Debuisson. "Depuis le début, il avait besoin et envie de parler. Enfin aujourd'hui, nous avons la vérité", a complété son fils Pierre.
Selon Guy Debuisson, "en libérant sa conscience", Cédric Jubillar "voulait aussi démontrer qu'il y avait aussi une autre image de lui". Il assure que le mari de Delphine Aussaguel a exprimé des "remords".
Les deux avocats ont précisé qu'une troisième personne a permis à Cédric Jubillar de passer aux aveux, notamment grâce à des visites régulières à la prison où il est incarcéré. Ils n'ont pas souhaité dévoiler son identité.
Cédric Jubillar dit avoir agi après "une énième dispute conjugale"
Selon les avocats, les faits qui ont conduit à la mort de Delphine Aussaguel sont survenus après une "énième dispute conjugale". Les relations du couple s'étaient "dégradées inexorablement avec des tensions de plus en plus fortes".
Cédric Jubillar leur a confié avoir déplacé la dépouille de sa femme "pour ne pas offrir cette vision terrible du corps inanimé de leur mère à ses enfants". "Il a donné quelques indications" sur le lieu où se trouvent désormais les restes de la victime, "mais pas beaucoup de détails : il réserve toutes les précisions à la justice".
Les deux avocats n'ont pas voulu affirmer que leur client s'en était pris à Delphine Aussaguel avec l'intention de la tuer. "Il reconnaît être à l'origine de la mort de sa femme. Pour les détails, il les donnera aux magistrats", a répété Pierre Debuisson.
Les avocats dénoncent l'isolement de Cédric Jubillar en prison
Pierre et Guy Debuisson ont critiqué les conditions d'incarcération de Cédric Jubillar, qui est placé à l'isolement. Elles sont, à leurs yeux, responsables du silence de leur client. "C'est quelque chose qui le ronge profondément et le fait qu'il ne puisse pas échanger par courrier ou voie postale avec ses enfants est quelque chose de très difficile à vivre", expliquent les deux avocats. "Cinq ans d'isolement avec une prise quotidienne de cachets, c'est insupportable", lancent-ils. Ils évoquent de "puissants narcoleptiques" qui lui sont administrés.
"J'ai été immédiatement choqué par le délabrement psychologique de ce garçon", a décrit Pierre Debuisson, en évoquant sa première visite à Cédric Jubillar. Ils remettent également en cause la façon dont s'est déroulée "l'enquête", que les deux avocats jugent "vraiment bâclée". "Si le travail avait été fait sérieusement, au bout de quarante-huit heures, le corps de Delphine aurait été retrouvé", affirme Pierre Debuisson.
Ils estiment que le procès en appel doit être reporté
Le procès en appel de Cédric Jubillar doit se tenir à partir du 21 septembre. Mais les deux avocats estiment "impossible" qu'il puisse se tenir dans les délais, compte tenu des aveux de l'accusé. "Ce serait grotesque", a déclaré Pierre Debuisson. Pour Guy Debuisson, il faut d'abord que Cédric Jubillar soit entendu et que des fouilles soient menées pour retrouver la dépouille de son épouse.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Le procès en appel de Cédric Jubillar sera reporté.
Probable · En quelques mois
Des fouilles seront menées pour retrouver la dépouille de Delphine Aussaguel.
Très probable · En quelques semaines
Questions ouvertes
- Quelle est l'identité de la troisième personne ayant aidé Jubillar à avouer ?
- Où se trouve précisément la dépouille de Delphine Aussaguel ?
- Les aveux changeront-ils la qualification des faits (meurtre intentionnel ou non) ?






