Chômage : les allocations ne seront pas revalorisées le 1er juillet
L'essentiel
- Les allocations d'assurance-chômage ne seront pas revalorisées le 1er juillet, une première depuis 2016, suite à un désaccord entre syndicats et patronat sur la situation financière du régime.
- Les syndicats demandaient une hausse de 2,41% pour suivre l'inflation, mais le patronat a refusé, invoquant la dette de l'Unédic.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Les allocations d'assurance-chômage ne seront pas revalorisées au 1ᵉʳ juillet, une décision qui n'est pas inédite mais intervient dans un contexte de forte inflation. Les syndicats demandaient une revalorisation tandis que le patronat s'y opposait pour des raisons financières.
Les allocations d’assurance-chômage ne seront pas revalorisées au 1ᵉʳ juillet, une première en dix ans, a annoncé, mardi 30 juin, l’Unédic, à l’issue d’une réunion de son conseil d’administration, alors que les syndicats demandaient une revalorisation à hauteur de l’inflation. Mais les organisations patronales ont estimé que l’état des finances publiques ne permettait pas cette revalorisation.
Le nombre de voix pour cette revalorisation a été identique à celui des voix contre, a précisé l’organisme paritaire qui pilote le régime de l’assurance-chômage. Cette décision de ne pas revaloriser faute de majorité « n’est pas inédite : en 2016 les allocations chômage n’avaient pas été revalorisées », a ajouté l’Unédic dans un communiqué. L’allocation minimale va donc rester au niveau de 32,13 euros par jour. La dernière revalorisation des allocations chômage remonte au 1er juillet 2025, de 0,5 %.
Présent pour la CGT, Denis Gravouil a dénoncé auprès de l’Agence France-Presse (AFP) « une outrance patronale ». « L’ensemble des cinq organisations syndicales s’est mis d’accord pour faire une proposition commune à 2,41 %, correspondant à l’augmentation du smic et à l’inflation constatée sur les douze derniers mois, et le patronat a voté contre. Donc les règles de l’Unédic font que 25 pour 25 contre, il n’y a pas de décision », a-t-il détaillé.
La CGT estime par conséquent, dans un communiqué, « qu’une réflexion doit être engagée afin que l’absence d’accord ne conduise plus automatiquement au gel des allocations ».
« Choix dogmatique »
De son côté, la CFDT a dénoncé « ce choix dogmatique au regard de la situation économique actuelle et des perspectives des mois à venir, qui pèsent lourdement sur le quotidien des près de deux millions de demandeurs d’emploi et de leur famille ». « Cette décision est inacceptable : la précarité n’est pas une fatalité, le chômage n’est jamais un choix », a insisté la première organisation syndicale.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, le Medef, première organisation patronale, relève pour sa part que « le contexte macroéconomique du pays est marqué par une remontée de l’inflation et une dégradation des finances publiques », tandis que « le régime d’assurance-chômage reste fortement endetté ». « Il est sur une trajectoire de 62 milliards d’euros fin 2026 qui risque de s’accentuer avec la dégradation du marché de l’emploi », assure l’organisation.
Le Medef juge donc « prioritaire de rétablir les finances publiques, et donc de diminuer la dette de l’Unédic, et d’assurer un pilotage responsable du régime afin d’assurer sa pérennité ». C’est pourquoi il a proposé mardi « de ne pas revaloriser les allocations chômage au 1ᵉʳ juillet, position sur laquelle se sont accordées l’ensemble des organisations patronales », selon lui. « Cet effort de rigueur, conclut-il, suppose que l’Etat respecte ses engagements et abandonne tout nouveau prélèvement dans les caisses de l’Unédic. »
En France, les salariés sont assurés contre le risque de se retrouver au chômage, mais tous les demandeurs d’emploi sont loin de bénéficier d’allocations, notamment quand ils n’ont pas travaillé une durée suffisante ou s’ils ont une activité à temps partiel.
Au quatrième trimestre 2025, 2,7 millions de personnes étaient indemnisées par l’assurance-chômage, selon les chiffres de l’Unédic, dont plus de la moitié avaient touché moins de 1 000 euros net mensuels. L’allocation moyenne mensuelle versée était de 1 040 euros.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Une réflexion sera engagée pour que l'absence d'accord ne conduise plus automatiquement au gel des allocations.
Probable · En quelques mois
L'État respectera ses engagements et abandonnera tout nouveau prélèvement dans les caisses de l'Unédic.
Spéculatif · Court terme
Questions ouvertes
- Comment l'absence d'accord affectera-t-elle les demandeurs d'emploi ?
- Quelles mesures seront prises pour éviter de futurs gels ?
- L'État respectera-t-il ses engagements envers l'Unédic ?






