Crise à Ceuta : le Maroc accuse une décision de justice espagnole, pas ses propres défaillances
Un haut responsable marocain affirme que Madrid avait été prévenue des risques liés à un jugement de la Cour suprême espagnole concernant les migrants arrivant par la mer.
L'essentiel
- Le Maroc rejette la faute sur une décision de justice espagnole pour la récente crise migratoire à Ceuta.
- Un haut responsable affirme que Madrid avait été alertée des risques avant l'afflux massif de migrants.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Une récente décision de la Cour suprême espagnole a modifié les règles concernant le renvoi immédiat des migrants arrivant par la mer, ce qui aurait créé une opportunité pour les réseaux de passeurs et déclenché un afflux vers Ceuta.
Vrai ou pas, voilà de quoi alimenter la polémique : alors que ces derniers jours, près de 50.000 personnes, essentiellement des Marocains, ont rejoint ou tenté de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta, (avant qu’une majorité ne soit directement renvoyée chez-elle), cet afflux inédit a jeté le discrédit sur la coopération entre Rabat et Madrid. Une entente jusque-là en parfait accord sur les sujets migratoires. Mais patatras, il apparaît que le Maroc aurait prévenu l’Espagne avant cette crise des risques migratoires que faisait peser une récente décision de justice espagnole, selon un haut responsable marocain, rejetant ainsi toute défaillance du dispositif sécuritaire de son pays.
Selon ce très haut responsable, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat lundi soir auprès de quelques médias, les autorités marocaines auraient en effet alerté Madrid sur le risque posé par une récente décision de la Cour suprême espagnole stipulant que le renvoi immédiat d’un migrant ne s’appliquerait pas aux personnes arrivées par la mer. « On a expliqué que ce jugement allait nous créer un problème. Et il a créé un problème », a-t-il déclaré.
Une décision de justice espagnole en question
De son côté, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez avait estimé vendredi que la crise migratoire alors en cours à Ceuta était liée à une rumeur lancée « par les mafias de trafiquants d’êtres humains », avec une interprétation malhonnête de cette décision de justice. Toujours selon le haut responsable marocain, les échanges ont débuté avec la partie espagnole autour du « 22-23 juillet, quand les réseaux commençaient à parler » de cette nouvelle décision et a soutenu qu’il n’y avait pas eu de défaillance du dispositif sécuritaire marocain. « C’est réducteur que de dire que le Maroc aurait dû juste utiliser la force pour les arrêter. C’est ne rien comprendre à ce phénomène », a-t-il estimé, affirmant que les forces de l’ordre ne pouvaient pas entrer en confrontation avec un tel nombre de personnes. « Ce n’est pas une responsabilité exclusive du Maroc de gérer ce phénomène », a-t-il insisté, affirmant que le coût de la gestion migratoire pour le royaume atteignait environ 500 millions d’euros par an.
Il a cependant assuré que Rabat et Madrid avaient agi « en partenaires fiables » et continuaient de travailler « en coordination parfaite » sur les questions migratoires. « Aujourd’hui, c’est à l’Espagne de trouver les réponses à ces défis posés par ce jugement », a-t-il estimé.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Une réunion bilatérale entre le Maroc et l'Espagne sera organisée pour discuter des implications de la décision de justice et des stratégies migratoires.
Probable · En quelques jours
L'Espagne pourrait chercher à modifier ou clarifier sa législation sur le renvoi des migrants pour contrer l'interprétation des réseaux de trafiquants.
Probable · En quelques semaines
L'afflux de migrants vers Ceuta diminuera à mesure que les autorités marocaines renforceront les contrôles.
Possible · En quelques jours
Questions ouvertes
- Quelle sera la réponse de l'Espagne à la demande marocaine de trouver des solutions au jugement de la Cour suprême ?
- Quelles mesures concrètes le Maroc compte-t-il prendre pour mieux contrôler les départs de migrants ?
- Quel sera l'impact de cette crise sur les relations diplomatiques entre le Maroc et l'Espagne à moyen terme ?

