L'Anses alerte sur les dangers des challenges au piment extra-fort
L'essentiel
- L'Anses a émis une alerte concernant les dangers des défis de consommation de piments extra-forts, populaires sur les réseaux sociaux, après des signalements d'intoxications graves.
- Ces défis, comme le "Hot Chip Challenge", ont causé des problèmes respiratoires, digestifs et même des pertes de connaissance, notamment chez les adolescents.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
L'Anses a publié une alerte suite à des signalements d'intoxications graves liées à des défis de consommation de piments extra-forts circulant sur les réseaux sociaux, notamment chez les jeunes.
La langue en feu, la bouche qui fait mal, le nez qui coule… L’impact des piments sur notre corps est connu depuis longtemps. Mais à la suite de plusieurs signalements liés à des challenges poussant à consommer des produits au piment extra-fort, l’Anses a publié mardi une alerte : elle fait état de dégâts bien plus importants, allant de problèmes respiratoires jusqu’à une perte de connaissance.
« A partir de 2023, nous avons reçu des signalements relatifs à des défis circulant sur les réseaux sociaux, chez les jeunes », explique la docteure Sandra Sinno-Tellier, adjointe à la directrice des alertes et des vigilances sanitaires à l’Anses. L’agence a notamment repéré le « Hot Chip Challenge », du nom d’une chips mille fois plus fort que le Tabasco sur l’échelle de Scoville et marketée sur la prise de risques, vendue sous forme de cercueil. L’émission Hot Ones France, consistant à poser des questions à une personnalité mangeant des nuggets trempés dans des sauces extrêmement fortes, a également popularisé ces challenges.
Un tiers des intoxications liées à des défis
En France, de 2021 à 2025, 124 personnes ont appelé un Centre antipoison en raison de symptômes liés à la consommation de piments. Un tiers était des adolescents de 10 à 15 ans et 39 % de ces personnes, adolescentes et adultes, ont été intoxiquées lors d’un défi. « Les collégiens de 10, 12 ans, n’ont pas forcément conscience des risques et ne savent pas forcément comment réagir en cas d’intoxication », atteste la docteure Sandra Sinno-Tellier.
L’Anses explique que, consommée à fortes doses, la capsaïcine, substance chimique naturellement présente dans les piments qui donne la sensation de brûlure et le goût piquant, entraîne d’intenses douleurs tout au long du système digestif : au niveau de la bouche mais aussi de l’œsophage et de l’estomac. Son ingestion peut causer des nausées, vomissements, diarrhée et sensations de brûlures anales voire des irritations lors du passage des selles.
L’acteur français Raphaël Quenard, qui a participé à l’émission, en a fait les frais : « C’est une douleur en deux temps : gastrique après l’émission, puis anale le lendemain. » Sa consœur Camille Chamoux a, elle, carrément « vomi sur les pieds de Kyan Khojandi », le présentateur de l’émission, avant d’être prise en charge par les pompiers.
Palpitations et perte de connaissance
Mais l’intoxication peut être encore plus grave. L’Anses souligne qu’une consommation de piment fort peut donner lieu à une hypertension artérielle, des palpitations, voire une perte de connaissance. « La douleur et la sensation de chaleur sont si intenses qu’elles peuvent générer une angoisse, et donc des palpitations et des bouffées de chaleur, voire un malaise, ajoute Sandra Sinno-Tellier. Des œdèmes au niveau des lèvres ont également été remontés. »
L’actrice Camille Cotin a expliqué en août dernier, sur le plateau de C à vous, avoir « été horriblement malade après » l’émission Hot Ones. « Je suis allée m’étaler sur le carrelage parce que j’avais besoin de froid, me déshabiller intégralement en poussant des râles et des hurlements, a confié la comédienne. C’est atroce les douleurs quand on n’est pas habitué, c’est vraiment violent. »
« Plus la dose ingérée est importante, plus il y a de risques »
Si la tolérance varie entre les individus, « plus la dose ingérée est importante, plus il y a de risques », souligne la docteure Sinno-Tellier. Les enfants et les personnes atteintes de pathologies digestives ou cardiaques sont, elles, particulièrement à risque. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) effectue en ce moment une évaluation des risques pour la santé humaine liés à la consommation de capsaïcine. « Le but est de mieux connaître les doses qui provoquent des effets et éventuellement de définir un seuil pour certains produits », souligne Sandra Sinno-Tellier.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
L'Efsa publiera une évaluation des risques pour la santé humaine liés à la capsaïcine.
Très probable · En quelques mois
Un seuil pour la capsaïcine pourrait être défini pour certains produits.
Possible · En quelques mois
Questions ouvertes
- Quelles seront les conclusions de l'évaluation des risques de l'Efsa ?
- Un seuil de capsaïcine sera-t-il défini pour certains produits ?
- Quelles mesures seront prises pour contrôler la vente de ces produits ?



