La Banque nationale tchèque intègre le bitcoin dans un portefeuille de test
Le gouverneur Aleš Michl confirme une approche prudente et expérimentale pour diversifier les réserves de change
L'essentiel
- La Banque nationale tchèque a lancé un projet pilote d'un million de dollars incluant du bitcoin pour tester la technologie blockchain.
- Le gouverneur Aleš Michl privilégie une approche prudente face à la volatilité, visant une diversification progressive des réserves.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
La Banque nationale tchèque gère environ 180 milliards de dollars de réserves de change, soit 44 % du PIB du pays. Elle cherche à diversifier ses actifs au-delà des obligations traditionnelles.
La Banque nationale tchèque (CNB) adopte une position singulière en intégrant les actifs numériques dans sa réflexion stratégique sur la gestion des réserves de change. Lors d’une intervention à la conférence Bitcoin 2026 à Las Vegas, le gouverneur de l’institution, Aleš Michl, a détaillé l’approche pragmatique de son pays. Bien que la banque centrale maintienne une ligne monétaire conservatrice, elle a mis en place un portefeuille de test incluant du bitcoin. Cette démarche vise à acquérir une expérience directe de la technologie blockchain sans compromettre la stabilité des réserves nationales, qui s’élèvent à environ 180 milliards de dollars, soit 44 % du produit intérieur brut tchèque.
L’intérêt de la CNB pour cet actif repose sur des conclusions analytiques précises concernant la structure des portefeuilles institutionnels. Une étude interne publiée en février 2026 démontre que le bitcoin présente une faible corrélation à long terme avec les actifs traditionnels comme les actions ou les obligations. Selon cette recherche, l’ajout d’une allocation marginale, de l’ordre de 1 %, pourrait améliorer le rendement global tout en maintenant un niveau de risque global comparable pour le bilan de la banque.
Aleš Michl compare ainsi cet actif à une forme de capital-risque, soulignant toutefois qu’il bénéficie d’une liquidité nettement plus importante que les investissements en capital-investissement classiques. Malgré ces indicateurs théoriques suggérant une performance potentiellement supérieure à celle de l’or pour de petites allocations, le conseil d’administration a choisi de ne pas franchir le pas d’un investissement massif.
L’institution privilégie ainsi une diversification progressive de ses réserves, ayant déjà porté la part des actions à 26 % et celle de l’or à 6 % au cours des quatre dernières années. Le gouverneur explique que cette gestion prudente permet de construire un portefeuille plus résilient qu’une stratégie reposant uniquement sur des obligations, tout en limitant l’exposition aux actifs dont le comportement reste encore jugé trop incertain pour les standards d’une banque centrale.
Pour approfondir sa compréhension technique, la Banque nationale tchèque a ainsi lancé en novembre dernier un projet pilote d’un million de dollars. Ce portefeuille expérimental contient du bitcoin, un stablecoin adossé au dollar et des dépôts tokenisés.
L’objectif consiste à observer les mécanismes de règlement et de conservation sur une période de deux ans avant de publier les résultats officiels. Aleš Michl insiste sur le fait que cette initiative constitue un test opérationnel et non une déclaration politique. En manipulant ces outils, la CNB cherche à anticiper les transformations futures des systèmes de paiement et de l’infrastructure financière globale.
Toutefois, la volatilité extrême de l’actif demeure le principal frein à son intégration définitive dans les réserves de change. Le gouverneur rappelle que si le BTC a montré des rendements historiques élevés, le risque de voir son prix chuter de manière drastique, voire « atteindre une valeur nulle », reste une réalité technique que les banques centrales ne peuvent ignorer.
Il illustre cette instabilité par une expérience personnelle : un café payé en bitcoin il y a dix ans vaudrait aujourd’hui 350 dollars. Cette variabilité impose, selon lui, de ne jamais parier sur un seul actif, les banques centrales devant rester hawkish sur la discipline monétaire tout en se montrant innovantes dans leurs méthodes de travail.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Publication des résultats du projet pilote d'ici fin 2027.
Probable · En quelques mois
Questions ouvertes
- Quels sont les résultats préliminaires du projet pilote lancé en novembre ?
- Quels critères spécifiques détermineront une éventuelle adoption à plus grande échelle ?






