La joie, un moteur pour le cerveau et la cognition
Quelqu’un vous offre un cadeau ou vous annonce une bonne nouvelle et vous voilà inondés d’un sentiment de joie. Cette émotion positive contribue à notre sentiment de bonheur, mais son rôle ne s’arrête pas là. Les émotions positives représentent également un formidable moyen de doper nos capacités cognitives.
De nombreuses études, à l’instar de celle menée en neuro-imagerie par Barbara Fredrickson et Christine Branigan, de l’université du Michigan, ont démontré que la joie provoque un véritable « feu d’artifice » au niveau cérébral en activant l’amygdale cérébrale, chargée du traitement de la valence émotionnelle des informations, l’hippocampe, gardien de notre mémoire et donc de nos souvenirs heureux, le cortex cingulaire, le striatum et l’insula, qui nous permettent d’anticiper une joie à venir. La joie libère également de la dopamine, l’hormone du plaisir, de la sérotonine, celle du bonheur, ainsi que de l’ocytocine, celle de l’attachement, sans oublier les endorphines, véritables antidouleurs naturels, impliqués dans la sensation de bien-être physique que nous éprouvons lorsque nous sommes joyeux.
Au-delà du sentiment d’épanouissement qu’il procure, ce feu d’artifice cérébral a également des effets sur le plan cognitif. Dès 1987, Alice Isen et ses collègues de l’université de Cornell (New York) ont pu montrer qu’induire de la joie chez des participants adultes en leur offrant de petits cadeaux ou en leur montrant des extraits de vidéos comiques favorise, entre autres, les capacités de résolution de problèmes. Quelques années plus tard, en proposant à des étudiants des tâches intéressantes (un puzzle) ou inintéressantes (classer des suites de lettres dans un ordre alphabétique), la même équipe a pu prouver que la joie augmente la motivation et donc la persévérance dans des tâches cognitives même inintéressantes, et cela sans altérer pour autant le niveau de performance.
Encodage et consolidation
Pour Mary Helen Immordino-Yang et Antonio Damasio, de l’université de Californie du Sud, les émotions positives sont ainsi indissociablement liées à l’apprentissage. La joie, l’admiration, l’enthousiasme activeraient les réseaux fronto-limbiques qui modulent l’attention, la prise de décision et la mémoire.





