Le consentement en gynécologie rarement respecté, selon une enquête StopVOG
L'essentiel
- Une enquête de StopVOG révèle que le consentement est rarement pleinement respecté en gynécologie en France, avec plus de 80% des patientes signalant des atteintes et 45% des violences.
- Le rapport souligne l'impact négatif sur la santé mentale et le suivi médical, ainsi que des discriminations.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
L'association StopVOG a publié une enquête de 240 pages, basée sur 10 152 témoignages, révélant que le consentement n'est pas toujours respecté dans les cabinets de gynécologie en France.
Le consentement ne va toujours pas de soi dans les cabinets de gynécologie, selon une enquête mise en ligne, vendredi 17 juillet, par StopVOG. L'association, engagée dans la lutte contre les violences obstétricales et gynécologiques, a recueilli les témoignages de 10 152 personnes, à 98% des femmes, "réparties sur tout le territoire", sur la base du volontariat, à travers un questionnaire en ligne disponible du 30 juillet au 31 décembre 2025.
Ce rapport de 240 pages ne "prétend pas être représentatif de l'ensemble des consultations gynécologiques réalisées en France", même s'il a été mené avec l'appui de chercheurs. Il met en lumière l'ampleur de ces violences médicales et le désir des patientes d'être davantage respectées. Franceinfo vous résume les chiffres clés de cette première enquête nationale sur le sujet.
Un consentement rarement respecté pleinement
Parmi les répondants, plus de huit sur 10 rapportent au moins une atteinte à leur consentement lors d'un examen gynécologique, par exemple lorsqu'un médecin n'a pas demandé leur accord avant de réaliser un examen des zones intimes ou un frottis. StopVOG pointe aussi le fait que plus de 84% des sondées disent "ne pas avoir toujours reçu une information suffisante" sur l’intérêt de chaque examen et son déroulé, ce qui constitue selon l'association "un obstacle majeur à un consentement éclairé".
La moitié des répondantes signalent des atteintes graves au consentement, "pouvant s'apparenter à des violences sexuelles", selon StopVOG, comme un examen réalisé sans prévenir la patiente ou malgré son refus, un examen accepté sous pression ou par sentiment d'obligation ou un examen douloureux. "Le médecin a inséré ses doigts dans mon vagin sans me prévenir au préalable de son geste. Je l'ai vécu comme un viol. Il a été très brutal et j'ai eu très mal", rapporte une patiente.
Une répondante sur deux dit avoir déjà subi un examen "trop douloureux pour elle, mais qui a été poursuivi malgré la douleur ou la demande d'arrêter. "Les actes les plus fréquemment cités sont la pose du spéculum (20%), le toucher vaginal (15%), le frottis (14%), la pose de stérilet (13%) et l’échographie endovaginale (12%)", détaille le rapport. L'enquête relève en outre des "gestes déplacés sur les parties intimes" pour près de 10% des sondées.
"La présence d'un tiers dans le cadre d'un soin gynécologique reste encore trop souvent banalisée, alors qu'elle doit faire l'objet d'un accord explicite et préalable de la patiente", souligne par ailleurs l'étude. Celle-ci fait état de nombreux témoignages de patientes ayant mal vécu la présence d'étudiants en médecine, imposée sans leur consentement.
Près d'une personne sur deux victime de violences
Au total, 45% des interrogées disent avoir été victimes de violences lors d'une consultation. Près de 30% font état de violences gynécologiques, c'est-à-dire au cours du suivi (classique et en cas de recours à l'avortement), et un quart rapporte des violences obstétricales, survenues lors du suivi d'une maternité (grossesse, accouchement, séjour à la maternité). Les auteurs de ces violences, selon le rapport, sont à 40% les gynécologues, à 15% d'autres médecins (radiologues, anesthésistes, échographistes, médecins généralistes) et à 13% les sages-femmes.
"Lors de mon premier examen, je me suis sentie très mal, le médecin ne m'a pas demandé mon consentement avant d'insérer un outil et a minimisé mon mal-être en plaisantant, alors que j'étais mineure et n'avais jamais eu de pénétration auparavant", raconte une des répondantes.
Par ailleurs, l'enquête révèle une information parcellaire lors des consultations sur les différentes méthodes de contraception, et des pratiques ne respectant pas les bonnes pratiques médicales, comme un examen vaginal ou i,e échographie endovaginale avant tout rapport sexuel avec pénétration vaginale (18% des répondantes), un examen vaginal avant 17 ans (35%), un frottis avant 25 ans (67%) ou un toucher vaginal sans port de gants (4%). L'association StopVOG rappelle que le frottis, qui permet de prélever des cellules superficielles du col de l'utérus pour dépister un cancer, n'est recommandé par la Haute Autorité de santé qu'après 25 ans.
L'enquête a également mis en lumière de nombreux cas de violences subies par des enfants jeunes lors de consultations médicales. "La demande de consentement est souvent effectuée uniquement par l'intermédiaire des titulaires de l'autorité parentale, sans information ni assentiment de l'enfant", note StopVOG, rapportant de témoignages faisant état de traumatismes liés à des touchers rectaux effectués sur de jeunes enfants.
De nombreux cas de discriminations
Près de 40% des répondants disent avoir subi des discriminations dans leur parcours de soins, poursuit l'association. Elle énumère les différents cas enregistrés : "sexisme, grossophobie, racisme, discriminations liées à l'orientation sexuelle, à l'identité de genre, au handicap, aux choix reproductifs".
Un impact sur la santé mentale et le suivi médical
Globalement, le rapport témoigne d'un ressenti négatif largement partagé concernant le suivi gynécologique ou obstétrical. Plus de sept personnes sur dix déclarent "s'être déjà senties mal physiquement et/ou psychologiquement en sortant d'une consultation gynécologique, sans que cela soit lié à une inquiétude pour leur santé".
Pour une personne sur deux, cela a eu un impact sur le suivi médical, parfois jusqu'à entraîner un arrêt de tout suivi gynécologique. L'association pointe aussi les risques de troubles psychiques (perte de confiance, anxiété, troubles du sommeil, sexualité dégradée...). Quant aux violences subies lors d'un suivi de maternité, elles sont corrélées à une hausse du risque de dépression post-partum, selon l'enquête.
Questions ouvertes
- Comment les autorités sanitaires vont-elles réagir à ce rapport ?
- Quelles mesures concrètes seront mises en place pour améliorer le consentement ?





