Marine Le Pen condamnée : la presse étrangère s'interroge sur son avenir politique
L'essentiel
- La cour d'appel condamne Marine Le Pen à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique.
- La presse étrangère s'interroge sur sa candidature à la présidentielle 2027, juridiquement possible mais potentiellement préjudiciable.
Résumé généré par IA
«C’est un jugement de Salomon qui laisse l’avenir politique de Marine Le Pen toujours en suspens.» Alors que la cour d’appel vient de condamner la chef de file du parti nationaliste à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, la presse étrangère s’interroge sur le chemin que choisira d’emprunter celle que de nombreux sondages donnent pour favorite dans l’élection présidentielle.
«La décision du tribunal était censée mettre fin au suspense quant à l’identité du candidat nationaliste à l’élection présidentielle de l’année prochaine. Pour l’instant, ce n’est pas le cas», analyse ainsi à chaud la BBC. Et pour cause : Marine Le Pen avait elle-même indiqué à plusieurs reprises qu’il était impossible de mener une campagne à terme en étant sous bracelet électronique. Les suspicions vont bon train sur les déclarations qu’elle tiendra ce soir au journal de 20 heures de TF1, dans lequel elle annoncera si elle choisit de se maintenir à l’élection ou de laisser la place à Jordan Bardella.
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«La Cour se dégage d’une lourde responsabilité»
Dans le détail, la députée du Pas-de-Calais est condamnée à quarante-cinq mois d’inéligibilité, dont trente avec sursis. La cour a considéré qu’elle a déjà purgé une peine de quinze mois d’inéligibilité depuis le 31 mars 2025, date de sa condamnation en première instance. Juridiquement, Marine Le Pen peut donc se présenter à l’élection présidentielle de 2027. «La Cour prolonge ainsi le suspense et se dégage de la lourde responsabilité de statuer sur la candidature de Marine Le Pen. Les juges apaisent par là même les tensions sociales et évitent d’éventuelles accusations de manipulation de la justice et d’ingérence politique», analyse ainsi le quotidien espagnol El Pais .
Ainsi, si la dirigeante du RN souhaitait participer aux élections, elle en aurait le droit. Mais «elle devra elle-même se demander s’il est approprié pour une potentielle présidente de la République d’assister à des meetings électoraux équipée d’un bracelet électronique, ou de prendre ses fonctions à l’Élysée avec un tel dispositif», alors qu’une «telle image serait assurément préjudiciable à une puissance comme la France», poursuit le titre hispanique. Propos corroborés par le Washington Post , qui insiste sur le fait que «sa condamnation pour détournement de fonds l’exposerait aux critiques de ses potentiels adversaires.»
En d’autres termes, la décision de la cour, qualifiée de «surprise» par Politico Europe, «complique les projets présidentiels de l’extrême droite». «Si Marine Le Pen renonçait à sa candidature, ce serait un revers personnel considérable. Elle s’est déjà présentée trois fois à la présidence, mais les sondages montrent que le Rassemblement national n’a jamais eu de meilleures chances de remporter l’élection présidentielle que l’année prochaine», rappelle le média politique européen. L’hypothèse de laisser la place à son dauphin n’est pas exempte de risques, dans la mesure où son «âge et son expérience limitée ont suscité des inquiétudes parmi les membres du parti quant à sa capacité à supporter les rigueurs d’une campagne présidentielle et à assumer la responsabilité de l’un des postes les plus puissants au monde», poursuit Politico.







