Tour de France femmes 2026 : à 20 ans, le phénomène Célia Géry affole déjà le cyclisme mondial
Championne de France et du monde espoirs, la jeune Française brille sur les routes de la Grande Boucle tout en cultivant sa passion pour le cyclo-cross.
L'essentiel
- À 20 ans, la Française Célia Géry impressionne pour sa découverte du Tour de France femmes 2026.
- Championne de France et du monde espoirs, la pépite de l'équipe FDJ United-Suez s'affirme déjà comme un talent hors norme.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Célia Géry participe au Tour de France femmes 2026 après avoir remporté le titre de championne du monde espoirs et le championnat de France.
Depuis le début du Tour de France femmes 2026, difficile de passer à côté du phénomène : à 20 ans, Célia Géry brille déjà de mille feux sur la route de la Grande Boucle, qu’elle découvre. À l’attaque dès le premier jour dans le final accidenté à Lausanne, avant de remettre cela le lendemain sur la route de Genève puis de faire exploser le groupe de favorites dans les monts du Beaujolais mercredi, l’Ardéchoise sera à domicile, jeudi 6 août, pour la 6e étape entre Montbrison et Tournon-sur-Rhône. L’occasion de la voir encore un peu plus se révéler.
Avec 2 600 mètres de dénivelé positif et six ascensions répertoriées, le parcours du jour semble taillé sur mesure pour les qualités de puncheuse de la toute récente championne de France, mais aussi championne du monde espoirs. "Je connais bien le final, j’aurai à cœur de bien faire", promettait la native d’Annonay avant le départ, sans s’enflammer: "Je serai bien encouragée par les proches, mais ça sera une étape comme une autre". Ce qui veut dire une étape à l’attaque, dans le langage de Célia Géry.
Discrète dans la vie, tueuse sur le vélo
Couronnée championne de France en patronne en juin, l’Ardéchoise n’est pas du genre à déclamer de longues tirades. "Elle est très introvertie, parle peu, n’est pas très expressive dans la vie, mais sur le vélo c’est tout l’inverse : elle est explosive, tout en étant réfléchie. C’est presque animal, le tigre sort de sa tanière dès qu’elle a un dossard dans le dos", décrit Audrey Cordon-Ragot, double championne de France (2020, 2022). "Sur le vélo, elle est plus tueuse, sûre d’elle. Monter sur son vélo, c’est lui permettre de s’exprimer", ajoute son entraîneur Flavien Soenen.
"J’ai envie de voir Célia faire le show avec son maillot tricolore. Le porter transcende, donne des ailes. On va voir une grande Célia Géry."
Audrey Cordon-Ragot, championne de France en 2020 et 2022
à franceinfo: sport
Sa discrétion face aux micros - même si elle joue le jeu médiatique chaque jour - ne masque toutefois pas son irrésistible ascension. Avant de tenir son rang de favorite aux championnats de France, malgré ses 20 ans, Célia Géry a explosé, dans la foulée de son titre mondial chez les Espoirs, acquis à la fin de la saison dernière. À 20 ans, la championne de France de cyclo-cross a signé ses quatre premiers succès chez les professionnels depuis janvier, avec la Flèche brabançonne, le Grand Prix de Chambéry, la 7e étape du Giro, et les championnats de France. Le tout après une campagne de classiques aboutie (18e du Tour des Flandres, 11e de Paris-Roubaix).
"Célia, c’est déjà une championne et ça va devenir une très grande championne. Sa progression est linéaire et, à 20 ans, elle fait déjà partie des grandes championnes internationales", résume ainsi Paul Brousse, sélectionneur des Bleues. "Elle a une évolution rapide, maîtrisée, et logique. Dès sa deuxième course avec nous, on a compris qu’on avait une coureuse pas comme les autres", abonde Stephen Delcourt, patron de la FDJ United-Suez, qui n’a pas hésité longtemps au moment de signer la multiple championne de France, d’Europe et du Monde chez les jeunes. "Elle a su grandir très vite", ajoute le manager, son titre de championne de France de cyclo-cross lui a fait beaucoup de bien aussi.
La Marianne Vos 3.0
Même si, selon Stephen Delcourt, deux courses ont servi de déclic à la pépite française : "La Flèche Brabançonne, parce qu’elle n’a pas écouté les consignes en démarrant plus tôt que prévu, mais elle a gagné. Puis le Tour des Flandres, parce qu’elle restait sur une très grosse frustration à Milan-San Remo mais qu’elle a éclaboussé tout le monde de sa classe pour aider Demi [Vollering] à gagner. C’est déjà une cadre de l’équipe". Dithyrambique, le manager de la FDJ compare Célia Géry à "la Marianne Vos d’avant", capable de gagner "les 7 monuments du cyclisme féminin."
"On n’a pas besoin de la couver. Elle a atteint une maturité. Depuis quelques mois, elle s’est émancipée, elle prend la parole plus facilement, même s’il n’y a jamais un mot de trop."
Stephen Delcourt, manager général de la FDJ United-Suez
à franceinfo: sport
Comme Marianne Vos, légende du peloton féminin au palmarès XXL, Célia Géry est avant tout une amoureuse du cyclo-cross. "Le parallèle est évident. Comme Vos, Célia ne privilégie aucune discipline, elle a un double projet à long terme. Comme Vos, elle a une intelligence de course aiguisée, et des qualités tactiques. C’est une gagneuse qui fait toujours les bons choix au bon moment. Sur le côté physique, elle a des qualités semblables, une vraie puncheuse qui va vite au sprint", développe Paul Brousse.
"Son caractère aussi est semblable, elle est discrète et intellectuellement elle ne rentre pas dans le moule. Elle n’est pas sur les réseaux sociaux, elle préfère passer des heures en nature avec son chien, c’est toujours la première levée, souvent sur un balcon pour regarder le paysage. Elle ne passe pas du temps sur son portable. C’est l’antithèse de sa génération", détaille Stéphen Delcourt, "Et elle a la classe sur le vélo. Comme elle vient du cyclo-cross, elle sait aller vite, frotter, grimper. D’ailleurs, le cyclo-cross est plus important que la route pour elle". Au quotidien, la FDJ United-Suez travaille ainsi étroitement avec François Trarieux, sélectionneur de l’équipe de France de cyclo-cross.
"Célia ne dit pas qu’elle veut gagner le Tour de France, mais qu’elle veut être championne du monde de cyclo-cross. C’est assez atypique."
Audrey Cordon-Ragot
à franceinfo: sport
Plus qu’un double projet sportif, le cyclo-cross aiguise les qualités de puncheuse de Célia Géry. "Ça t’apporte de la technique, du placement, de l’aspect physique. Ça apporte beaucoup mentalement aussi, parce que ça permet de couper de la route l’hiver, et c’est important de se faire plaisir. Célia entretient sa flamme grâce au cyclo-cross, c’est génial", observe Audrey Cordon-Ragot. “Le cyclo lui permet surtout de scinder ses saisons en différentes parties, le temps passe plus vite, sans tomber dans le piège de trop enchaîner sans récupérer”, complète Flavien Soenen, directeur de la performance chez FDJ.
Géry j’ai rétréci le cyclo-cross
En termes d’effort physique, le cyclo-cross "utilise la filière aérobie, avec un effort assez court, intense, donc sur la route, Célia a ce profil avec un démarrage hyper intense", détaille l’entraîneur de la FDJ. En d’autres mots : "Peu d’athlètes peuvent la suivre quand elle accélère, car elle peut aller loin dans les lactiques, enchaîner les efforts à haute intensité". D’autant que l’Ardéchoise, dure au mal, possède une force mentale rare, selon Soenen : "Elle a le petit quelque chose en plus qui la rend exigeante envers elle-même, envers les autres, sur la dureté des entraînements et l’hygiène de vie. Célia est très minutieuse. C’est la plus jeune de l’équipe, mais une des filles les plus matures, sportivement."
Ce que confirme sa coéquipière Juliette Berthet, de sept ans son aînée : "Célia, c’est la force tranquille. Elle m’a impressionnée dès notre première course ensemble par sa manière de se déplacer dans le peloton, d’amener la leader, c’est comme si elle avait toujours été là. Elle avait déjà une science de la course impressionnante. Et cette année, elle a encore passé un cap physique". Ce qui fait de Célia Géry une lieutenant de choix pour Demi Vollering, rôle qu’elle a déjà rempli sur le Giro tout en allant chercher une victoire d’étape.
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"Je veux aider l’équipe au maximum, l’objectif principal c’est d’aider Demi à prendre le jaune. Après, s’il y a une opportunité, si on se trouve dans une échappée qui peut jouer la victoire…", se projetait la championne de France avant le grand départ, très attendue, mais là pour apprendre avant tout du haut de ses 20 ans. Et ce même si on lui promet un avenir doré, d’autant que "dans un grand jour, elle peut être une vraie grimpeuse aussi", glisse Paul Brousse. De quoi lui prêter des envies d’un jour jouer le classement général ?
"Elle pourrait, on ne sait pas où sont ses limites", reconnaît Stephen Delcourt, avant d’ajouter : "Mais on connaît ses priorités : c’est le cyclo-cross, pour lequel il faut travailler l’explosivité sur des efforts de 50 minutes, ce qui va bien pour les classiques sur route, pas pour jouer un général. Elle veut être championne du monde de cyclo-cross, à nous de l’accompagner dans ce rêve. Après, si elle nous dit qu’elle veut commencer à jouer le maillot jaune…". "Avec son potentiel, elle fait partie d’une classe d’athlètes hors du commun. Avec une préparation différente, elle peut modifier ses qualités et varier ses objectifs", se projette Paul Brousse. Le phénomène Géry ne fait que commencer.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Célia Géry participera à la 6e étape entre Montbrison et Tournon-sur-Rhône.
Très probable · En quelques heures
Questions ouvertes
- Quels seront les résultats de Célia Géry sur les étapes de montagne à venir ?
- Parviendra-t-elle à atteindre son objectif de devenir championne du monde de cyclo-cross ?




