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Amr Abdelfattah a été arrêté en juin 2024 lors d'un pèlerinage à La Mecque. Il a été détenu pendant un an sans connaître les charges retenues contre lui, avant d'être traduit devant un tribunal spécialisé en affaires terroristes en mai 2025 et condamné à huit ans de prison.
Amr Abdelfattah, ressortissant franco-égyptien emprisonné en Arabie saoudite depuis 2024 et condamné à huit ans de prison, dénonce des actes de torture, rapporte la Rédaction internationale de Radio France dimanche 30 août. L'ONG Amnesty International avait alerté sur son sort la semaine dernière, déplorant qu'il ait été jugé par un tribunal "connu pour bafouer les droits à une procédure régulière". Contacté, le Quai d'Orsay assure suivre "avec la plus grande attention la situation" de ce ressortissant.
Cet ingénieur-chercheur en télécommunications a été interpellé lors d'un pèlerinage à La Mecque en juin 2024. Lors de son arrestation, "le policier a déclaré que mon mari avait insulté le gouvernement saoudien, ce que mon mari nie complètement", affirme Hakima, l'épouse d'Amr Abdelfattah, au micro de la Rédaction internationale de Radio France. "La seule preuve que possède l'Arabie saoudite, c'est le témoignage du policier."
Pendant un an, ce Franco-Égyptien n'a pas connu la vraie raison de son emprisonnement, jusqu'en mai 2025, où il a été présenté devant un tribunal spécialisé dans les affaires terroristes. Le procès s'est terminé deux semaines plus tôt, avec la condamnation d'Amr Abdelfattah à huit ans de prison. Un procès au cours duquel il n'a pas pu se défendre, assure sa femme.
"Il n'a pas le droit de parler du tout"
"Il n'y avait l'avocat que pour deux audiences", sur les neuf qui ont eu lieu, affirme-t-elle. Son mari, avec qui elle a pu être en contact, lui a raconté que son micro était parfois coupé pour l'empêcher de parler pendant les audiences : "Il n'a pas le droit de parler, de dire, par exemple : 'Je n'ai pas insulté, c'est juste le policier qui a dit ça.' Il n'a pas le droit de parler du tout. Il m'a dit : 'Je n'ai pas le droit de dire que j'ai besoin d'un avocat, et si je le dis, le micro est coupé et le juge ne m'entend pas.'"
Le 20 août 2026, quelques jours avant la venue du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane en France, Amnesty International avait lancé l'alerte sur la situation. L'ONG estime que "le tribunal pénal spécial", qui a jugé Amr Abdelfattah, "est connu pour bafouer les droits à une procédure régulière et utilise fréquemment des dispositions vagues de la législation sur la cybercriminalité et la lutte contre le terrorisme, qui assimilent l'expression pacifique d'opinions à du 'terrorisme'".
Des traces de torture montrées au consul général
Amr Abdelfattah doit désormais purger sa peine dans une maison d'arrêt habituellement réservée aux prisonniers politiques, où il explique subir de la torture. "C'est un enfer total. Il a pu montrer les traces de torture sur son corps au consul général", confie Hakima. Avant de préciser qu'il "n'a pas le droit de demander quoi que ce soit, et s'il demande de se promener, il se fait torturer."
L'épouse du chercheur a effectué deux demandes de grâce au prince héritier d'Arabie saoudite, sans succès. Elle est aussi en contact avec les autorités françaises, le consulat, le ministère des Affaires étrangères, mais le dossier ne semble pas avancer, regrette Hakima. Cette dernière raconte avoir "essayé de garder espoir, mais on passe par des moments très difficiles. Les trois enfants aujourd'hui ne savent pas que leur père se trouve dans cette situation. Ça devient vraiment très difficile."
Contacté par la Rédaction internationale de Radio France, le Quai d'Orsay précise que neuf visites consulaires ont été effectuées depuis juin 2024. "Les services centraux du ministère des Affaires étrangères sont en contact avec son épouse", dit encore le Quai d'Orsay. Et souligne que "la sécurité de nos ressortissants est une priorité absolue pour la France."
AI outlook — possibilities, not facts
Le Quai d'Orsay intensifiera ses démarches diplomatiques auprès des autorités saoudiennes dans les semaines à venir.
Likely · Within weeks
Amnesty International publiera un nouveau rapport ou une nouvelle déclaration publique sur le cas d'Amr Abdelfattah avant la fin de l'année 2026.
Possible · Within months
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