Apprentis mineurs : des conditions de travail souvent difficiles
Quick Look
- Une étude du ministère du travail révèle que 67% des apprentis mineurs font des heures supplémentaires, souvent non compensées.
- Deux tiers travaillent sur des horaires atypiques et 8 sur 10 subissent une pénibilité physique.
- Aucune nouvelle étude n'a été menée depuis 7 ans malgré l'explosion des contrats.
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Why It Matters
Une étude du ministère du travail, datant d'avant la crise covid, a analysé les conditions de travail de 8000 jeunes apprentis. Ces données révèlent des difficultés récurrentes concernant les heures supplémentaires, leur compensation et les horaires atypiques.
Précisons-le d'emblée : les données analysées par le ministère du travail sont un peu anciennes. Elles remontent aux deux années avant la crise covid. À l’époque, 8000 jeunes qui entraient pour la première fois en apprentissage avaient été sondés sur leurs conditions de travail, au cours de leur première, puis de leur deuxième année de contrat. Ils suivaient des formations de niveau CAP à Bac + 2. Celles tournées vers une activité productive, comme le bâtiment, la mécanique, l'industrie, l'agriculture ou les métiers de bouche concentraient deux tiers des apprentis mineurs.
Les apprentis travaillent beaucoup dans leurs entreprises d'accueil
D'après les résultats, 67% des apprentis déclarent faire des heures supplémentaires. On ne sait pas combien précisément, mais parmi ces jeunes, la moitié en fait occasionnellement ou régulièrement. Dont 28% souvent ou très souvent, notamment dans l'agriculture, dans le bâtiment et les métiers de bouche. Les heures supplémentaires ne sont pas interdites pour les apprentis, rappelle le ministère, mais elles sont très encadrées pour les mineurs. Ils peuvent en faire exceptionnellement, avec l'accord de l'inspection du travail, sauf dérogations particulières. L'étude révèle aussi que les heures supplémentaires ne sont pas systématiquement compensées en salaire ou en temps de repos. Pour 41% des apprentis, c'est "parfois ou jamais". Ce qui est illégal. Par ailleurs, deux tiers des apprentis travaillent régulièrement ou ponctuellement sur un créneau horaire atypique : avant 7 heures le matin, après 20 h le soir, le samedi ou le dimanche. Quand leurs horaires varient, un tiers est prévenu le jour même ou la veille. Enfin, 8 apprentis sur 10 sont soumis à de la pénibilité physique. Ils sont principalement exposés aux fumées, à la poussière et aux températures élevées.
Pas de nouvelle étude malgré l'explosion du nombre de contrats d'apprentissage
Ces données ont été collectées il y a 7 ans, la situation a-t-elle évolué depuis ? On ne le sait pas car l'enquête n'a pas été renouvelée depuis. C'est bien dommage selon le président de l'association des apprentis de France, car entre-temps, le nombre de contrats d'apprentissage a explosé. Selon Baptiste Martin, "les jeunes remontent régulièrement des difficultés concernant leurs conditions de travail sur le tchat de l'association "SOS apprentis", mais l'étude du ministère permet pour la première fois de quantifier le nombre d'apprentis qui, par exemple font des heures supplémentaires et qui ne sont pas payés". Des sujets, dit-il, dont devraient s'emparer les députés à l'origine de la proposition de loi pour renforcer la protection des mineurs en formation professionnelle et dont l'examen à l'Assemblée nationale a été reporté.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Les députés examineront la proposition de loi pour renforcer la protection des mineurs en formation professionnelle.
Likely · Within months
Open Questions
- La situation s'est-elle améliorée depuis 7 ans ?
- Combien d'apprentis sont concernés par les heures supplémentaires non payées ?






