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Canicule exceptionnelle : catastrophe agricole majeure en France avec surmortalité animale et pertes de rendements
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France Info6/28/2026Environment6 min readFrance

Canicule exceptionnelle : catastrophe agricole majeure en France avec surmortalité animale et pertes de rendements

Depuis le 17 juin, les températures extrêmes affectent volailles, cultures maraîchères, céréales et vignes, révélant l'insuffisance d'adaptation de l'agriculture française au changement climatique

Quick Look

  • Une canicule historique depuis le 17 juin provoque une surmortalité massive de volailles dans l'Ouest, des pertes importantes de rendements pour les melons, salades et blés, et une baisse de production laitière.
  • Les experts alertent sur une catastrophe agricole majeure et l'insuffisance de l'adaptation de l'agriculture française au réchauffement climatique.

AI-generated summary

Why It Matters

La France connaît une canicule exceptionnelle depuis le 17 juin avec des températures dépassant les normales saisonnières pendant plus de dix jours. Cette situation affecte particulièrement les régions de l'Ouest et du Centre-Ouest, zones de forte concentration de production avicole et maraîchère.

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Le monde agricole en surchauffe. La canicule exceptionnelle qui dure depuis le 17 juin met à mal de nombreuses productions des agriculteurs et des éleveurs français. Surmortalité des volailles, dégradation des fruits et légumes, baisse de production du blé... Les températures inédites enregistrées pendant plus de dix jours pourraient avoir des conséquences durables. "Nous sommes en train de vivre une catastrophe agricole majeure", alerte l'agroclimatologue Serge Zaka, sur X. Il prévient : "L'adaptation de l'agriculture française au changement climatique reste largement insuffisante au regard des défis qui nous attendent".

Des élevages décimés dans l'Ouest

Hécatombe dans les poulaillers. Plusieurs préfectures de l'ouest de la France, où la production française de volailles est concentrée, ont signalé des dizaines d'éleveurs concernés par des surmortalités. "Jusqu'à 10 000 volailles sont mortes en une nuit", a alerté mercredi 24 juin sur ICI Armorique Thierry Houel, président de la FDSEA des Côtes-d'Armor. "Les volailles en finition [phase qui vise à optimiser la prise de poids] ne résistent pas à ces températures-là", a-t-il expliqué.

Cette surmortalité liée à la canicule a rapidement mis sous tension les capacités des équarrisseurs, chargés de récupérer et traiter les cadavres. De quoi pousser les préfectures bretonnes à agir rapidement. "Eu égard au volume et à l'urgence de ces prises en charge dans un contexte caniculaire, des mesures d'assouplissement sont mises en œuvre pour faciliter les enfouissements" des animaux morts, a annoncé la préfecture, dans un communiqué publié mercredi. Une "task-force" de plusieurs dizaines de personnes a également été mise en place pour accompagner les éleveurs face à cette surmortalité.

Pour les bovins et les cochons, le risque existe mais le nombre d'animaux morts est bien moins élevé. Carole Joliff, présidente du comité régional porcin de Bretagne, première région productrice, n'a pas constaté de "vague de surmortalité", les cochons résistant mieux que la volaille.

Au-delà des risques directs pour la survie des animaux, la production laitière baisse drastiquement en période de forte chaleur, les vaches utilisant leur énergie pour réguler leur température plutôt que pour faire du lait. Lorsqu'il fait plus de 30 degrés, la perte de production peut atteindre 30%, explique ainsi Edwige Peiffer, agricultrice en Franche-Comté, auprès de France 3. Les chiffres mensuels ne sont toutefois communiqués par le ministère qu'un mois et demi après la collecte.

Des maraîchers fragilisés par l'effet "sèche-cheveux"

Les difficultés frappent en particulier les producteurs cumulant stress thermique et hydrique. Ainsi, les melons du Centre-Ouest, qui venaient d'entrer en production, ont "énormément souffert", surtout dans les zones non irrigables où des parcelles ont perdu 50% de rendement potentiel, selon Myriam Martineau, présidente de l'Association melon et pastèque. La canicule "commence à se calmer, mais on n'a pas fini d'en mesurer les conséquences : quid des jeunes plants, dont la croissance a été bloquée ?", s'interroge-t-elle.

À l'AOP Prince de Bretagne (1 300 producteurs), on s'inquiète pour les salades, qui gardent la mémoire des stress. "Tous les produits de plein champ sont 'dans le dur', on s'interroge désormais sur la conservation, l'aspect visuel", dit son président, Marc Kerangueven. L'effet "sèche-cheveux" est particulièrement redouté. Sous l'effet combiné des chaleurs extrêmes, de la faible humidité et du vent, une sécheresse express peut se produire, brûlant ou détruisant les végétaux. Cela vient "donner une gifle à la fois hydrique et thermique aux plantes" et renforce le risque d'incendies, explique Guillaume Trichaud, responsable de l'assistance aux feux de forêt et de végétation en région Sud-Est chez Météo-France.

En revanche, les productions sous serre s'en sortent mieux. Et "avec le soleil, on a bien vendu les fraises, nectarines, abricots... L'ambiance est plutôt positive sur les étals", assure Daniel Sauvaitre, de l'interprofession.

Une situation inégale pour les céréales

Ces cultures souffrent à des degrés divers selon leur stade de maturité. La moisson s'achève presque pour les variétés d'orge, pour lesquelles les jeux sont faits. Pour le blé, la récolte débute avec "une bonne qualité" de graine, mais "des rendements inférieurs à la moyenne" du fait d'une année climatique difficile, entre pluies trop abondantes l'hiver et coups de chaud au printemps, note Sébastien Poncelet, analyste à Argus Media, auprès de l'AFP. L'inquiétude est plus forte pour les blés tardifs du nord de la France, où les rendements sont habituellement les plus élevés. "On n'a jamais eu 40°C en fin de cycle au nord de Paris", assure l'analyste.

La principale inconnue porte sur le maïs, qui va entrer en période de floraison. L'hypothèse d'une nouvelle vague de chaleur début juillet inquiète. "La pollinisation, c'est quitte ou double : s'il fait 30-35°C et que le pollen grille, aucun grain ne se forme et il n'y a pas de remplissage des épis. Dans ce cas, ce ne sera pas -20% ou -30% de rendement, ce sera zéro, la catastrophe", prévient Damien Vercambre, courtier au cabinet Inter-Courtage.

La vigne résiste... pour le moment

Le vignoble à ce stade de sa croissance "résiste bien", souligne Bernard Farges, président du Comité national des interprofessions des vins (Cniv), qui ne constate "pas de dégâts", sauf peut-être pour de "jeunes vignes dont l'enracinement n'est pas assez profond". Selon lui, la profession a appris de la canicule de 2003 et des épisodes qui ont suivi. En particulier, elle enlève moins les feuilles, qui assurent l'ombrage des raisins. Elle évite aussi de traiter dans ces conditions climatiques avec des produits comme le soufre qui, associé au soleil, brûlent le plant : "Ces températures, c'est comme du lance-flammes qui brûle les feuilles".

Certains viticulteurs constatent tout de même de premiers signes inquiétants. "On a commencé à voir des symptômes d'échaudage, c'est-à-dire des coups de chaud sur les grappes et quelques grillures sur les feuilles", explique Clarisse Gressard, conseillère viticole à la chambre d'agriculture de Saône-et-Loire, auprès de France 3. Surtout, le secteur espère qu'il y aura de l'eau en juillet pour faire grossir le raisin, sinon il y aura "des problèmes de rendement et de quantité", prévient le viticulteur bordelais. Quant aux vendanges, elles s'annoncent à nouveau plus précoces que jamais.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Une nouvelle vague de chaleur début juillet pourrait entraîner une pollinisation ratée du maïs et des pertes de rendement catastrophiques dans le nord de la France.

    Likely · Within weeks

  • Les pertes de production laitière et les mortalités animales vont se traduire par des chiffres officiels alarmants dans les prochaines semaines.

    Very likely · Within weeks

Open Questions

  • Quels seront les impacts économiques totaux pour les filières touchées une fois les chiffres officiels publiés ?
  • Les mesures d'assouplissement pour les enfouissements suffiront-elles à gérer la crise ?
  • Quelle sera l'ampleur réelle des pertes sur le maïs après la floraison ?
  • Les pouvoirs publics prévoient-ils des aides exceptionnelles pour les agriculteurs sinistrés ?

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This article was originally published by France Info.

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