Canicule : les infirmières à domicile face à la précarité énergétique
Quick Look
- En France, les infirmières à domicile comme Meriem à Saint-Denis luttent contre les effets de la canicule chez les patients précaires.
- La chaleur exacerbe la précarité énergétique, rendant la vie difficile pour les plus démunis, notamment les personnes âgées, qui nécessitent une surveillance accrue et une hydratation constante.
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Why It Matters
La canicule frappe particulièrement les populations les plus démunies, qui souffrent de précarité énergétique. Les infirmières à domicile sont en première ligne pour constater et gérer les conséquences de ces épisodes de chaleur extrême sur leurs patients.
Le thermomètre affiche déjà 25 petits degrés, et le soleil vient à peine de se lever.
Meriem a opté pour des vêtements légers : débardeur et pantalon en toile. Cette infirmière a commencé tôt sa tournée : "J'ai commencé à 6h et demi et c'est assez sportif depuis ce matin."
Elle travaille à Saint-Denis, l'une des villes les plus pauvres de France. Ici, plus qu'ailleurs, les habitants subissent de plein fouet la canicule. La Fondation du Logement rappelle que les plus démunis sont deux fois plus touchés par la précarité énergétique et, donc, les épisodes de canicule.
Durant sa tournée, Meriem constate cette précarité énergétique de bâtiment en bâtiment. L'une de ses patientes, Mbarka, vit au deuxième étage d'un appartement des années 1970.
"C'est un ancien appartement où il fait vite chaud, décrit l'infirmière à domicile. Il fait très chaud chez elle, on essaie de baisser les stores des patients, mais ici il n'y en a pas. On tire les rideaux occultants. La patiente reste dans sa chambre ou son salon. On lui dit de ne pas ouvrir les fenêtres l'après-midi et on la fait boire..."
Durant sa consultation, l'infirmière prend systématiquement, pendant ces fortes chaleurs, la tension de ces patients.
"Si je vois qu'elle est plus faible que d'habitude, que la personne est plus confuse et qu'elle fait de l'hypotension, là ça me déclenche un signal d'alerte. Il faut se demander s'il n'y a pas une déshydratation... On appelle alors le médecin."
Mbarka subit ces températures élevées, surtout la nuit. "Il fait très chaud... Je dors un petit peu, je me réveille, je me rendors avec cette chaleur...", confie la femme âgée. Avant de rassurer Meriem : elle a bien un ventilateur à portée de main. "Ce n'est pas le cas de tout le monde", glisse l'infirmière.
Pour d'autres patients, la vigilance doit être de chaque instant. Yolande, 90 ans, doit vivre avec une perfusion. Elle a des troubles cognitifs et oublie parfois de s'hydrater.
"Avec cette perfusion, elle a minimum 500 ml. Là, je lui ai fait boire tout un verre. L'aide ménagère va la refaire boire et, lors de mon retour, je la referai boire à mon tour. Je sais qu'elle est bien hydratée car son lit est rempli d'urine. Ils seront changés par les aides ménagers."
En ces temps de canicule, Meriem souligne aussi le rôle indispensable des aidants : ces enfants, neveux, nièces qui s'occupent de leurs aînés et prennent le relais, en journée, des infirmiers.
Open Questions
- Quelles mesures sont prises pour améliorer l'isolation thermique des logements précaires ?
- Comment le système de santé peut-il mieux anticiper et gérer les crises sanitaires liées à la chaleur ?




