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BackDans la "kill zone" de Zaporijjia, le quotidien des soldats ukrainiens face aux drones russes
Dans la "kill zone" de Zaporijjia, le quotidien des soldats ukrainiens face aux drones russes
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France Info16 hours agoDefense3 min readFrance

Dans la "kill zone" de Zaporijjia, le quotidien des soldats ukrainiens face aux drones russes

Quick Look

  • À Zaporijjia, des soldats du 225e régiment d'assaut ukrainien opèrent des évacuations de blessés dans la "kill zone", une zone de front saturée de drones.
  • Face aux tirs russes et aux drones "Jdouns", ils risquent leur vie pour secourir leurs camarades, illustrant la brutalité du conflit.

AI-generated summary

Why It Matters

Depuis plus de quatre ans, l'armée ukrainienne résiste aux assauts russes sur un front de 1 200 kilomètres, où la "kill zone" est saturée de drones.

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Depuis plus de quatre ans, l'armée ukrainienne résiste aux assauts russes sur quelque 1 200 kilomètres de front. À l'heure des innovations technologiques et des frappes en profondeur, ce sont parfois des hommes qui tiennent les positions, au cœur d'une "kill zone" ou "zone de mort", une bande de plusieurs dizaines de kilomètres le long du front, saturée de drones où le moindre mouvement peut être repéré et immédiatement pris pour cible.

Les sirènes de Zaporijjia, située dans le sud du pays, résonnent dans la plaine. Alors que l'armée russe bombarde la ville, dissimulés sous une canopée, les hommes du 225e régiment d'assaut se préparent pour une évacuation de blessés dans la "kill zone". Ils chargent leurs armes et inspectent une dernière fois leur matériel.

Les traits tirés par la concentration, Tatar dirige les opérations, l'œil brillant, un tatouage de son unité palpite sur son cou."On charge le véhicule, et on part vers le point de jonction où l'on dépose notre infanterie, explique-t-il, dimanche 5 juillet 2026. À partir de là, les fantassins progressent par petits groupes jusqu'aux positions ennemies. Nous évacuons un blessé et acheminons de nouveaux soldats. Nous ne pourrons pas aller plus loin, il y a déjà trop de drones FPV et de drones à fibre optique."

Les deux soldats qui vont relever les blessés savent ce qui les attend : plusieurs kilomètres à pied, à découvert, sous le feu ennemi, jusqu'à une tranchée où ils resteront plusieurs semaines. Superstitieux, le commandant noue à leurs poignets un bracelet orné de l'archange Saint-Michel. Il se veut rassurant : "C'est notre guerre électronique à nous, pour les protéger des drones." Mais les mains des deux soldats tremblent sur leurs kalachnikovs. Ils soufflent, le regard vide, le visage déformé par l'effroi.

Les drones "Jdouns"

"Davaï, davaï !" Il faut partir, Tatar et son unité sautent dans un pick-up, pied au plancher, pas question de traîner dans la "kill zone" : villages détruits, carcasses de voitures, stations-service calcinées, il n'y a pas une âme qui vive. Mais brutalement les voitures s'arrêtent. À quelques kilomètres des lignes russes, des drones sont repérés. Il faut se mettre à l'abri.

Ces drones embusqués au bord de la route se sont "des Jdouns", prévient Tatar. Des drones à fibre optique. L'un d'eux a explosé cinq minutes avant le passage de l'unité. Le pick-up s'arrête là alors que les deux fantassins repartent sur un quad. Commence alors une interminable attente, dans le silence, ponctuée par les tirs d'artillerie. À l'abri dans une cabane abandonnée, les yeux ne quittent pas l'écran du "tchouïka", un détecteur qui repère les drones ennemis. Ils sont plusieurs à tournoyer dans les airs à la recherche de leur cible.

Viking, l'un des soldats, enchaîne les cigarettes, le regard inquiet rivé vers le ciel. "Encore un peu de patience, dit-il. Les gars vont arriver avec les blessés et vous verrez dans quel état ils sont. Le plus difficile, c'est d'atteindre le point où les blessés sont ensuite pris en charge par le véhicule d'évacuation. Parce que jusque-là, il faut marcher. Et quand on est blessé, avec une jambe cassée, un bras cassé ou d'autres blessures, c'est extrêmement compliqué."

Tatar suit les opérations à distance, avec sa radio : "Il est gravement touché. Je crois qu'il a été frappé par un tir de mortier, indique Tatar. Un de ses camarades l'a traîné sur six kilomètres. On va le récupérer maintenant."

La ligne zéro

Le quad surgit enfin. En quelques secondes, le blessé est hissé à l'arrière du pick-up. Son œil gauche a disparu, à la place, une cavité noire et suintante. Ses jambes ne le portent plus. Son camarade, Vova, 55 ans, exténué, en état de choc, raconte : "On avançait à quatre pattes, grâce aux antidouleurs. Je tirais le matériel. Mon camarade, rampait aussi, mais le troisième était grièvement blessé, avec les intestins perforés. C'est lui que je tractais sur une couverture."

"Pendant deux jours j'ai tiré le corps d'un mort. Au total, il nous a fallu trois jours pour rejoindre nos lignes."

Vova, soldat ukrainien

Il a fallu trois jours à Vova pour s'extraire de la ligne zéro, la position ukrainienne la plus avancée, au plus près des soldats russes. De retour à la base, Vova, fourbu, jette aux pieds de son commandant un sac noir… S'étalent sur le sol, les photos d'hommes nés en 1976, 1986 ou 1989, leurs prénoms : Oleg, Ivan, Andrïï…

"Ce sont les radios et les passeports des soldats russes", explique Tatar. "Le résultat est là, sous vos yeux : les Russes en bavent, c'est évident. Ils ne s'attendent ni à des assauts d'une telle intensité ni à notre manière d'intervenir et d'engager le combat. C'est notre travail. Et chez nous, c'est comme ça tous les jours."

Le blessé est pris en charge par une ambulance. Vova pourra se reposer quelques semaines, avant d'être renvoyé sur la ligne zéro.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Vova sera renvoyé sur la ligne zéro après quelques semaines de repos.

    Certain · Within weeks

Open Questions

  • Quel est le bilan exact des pertes russes mentionnées ?
  • Quelles sont les conditions de repos et de récupération des soldats ?
  • Comment évolue la stratégie anti-drones ?

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This article was originally published by France Info.

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