Deux grévistes blessés après avoir été renversés par un bus conduit par leur patron à Bezannes
Quick Look
- Mardi 1er septembre au matin à Bezannes, près de Reims, deux grévistes ont été blessés après avoir été renversés par un bus conduit par leur patron, Laurent Dewitte, dirigeant d'un groupe de transport.
- L'incident s'est produit lors d'une grève contre l'installation de caméras dans les véhicules et pour des revendications salariales.
- Dewitte a été placé en garde à vue pour «violences avec armes sans incapacité», puis libéré, suscitant l'incompréhension des syndicats.
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Why It Matters
La grève avait débuté lundi 31 août à l'initiative du syndicat CFDT Transport de la Marne, avec comme revendications principales le refus de l'installation de caméras dans les véhicules et la demande de primes salariales.
C’est un incident d’une rare brutalité qui s’est déroulé mardi 1er septembre au matin, à Bezannes, au sud de Reims, où deux grévistes ont été blessés après avoir été renversés par un bus. Au volant du véhicule se trouvait notamment leur patron, Laurent Dewitte, dirigeant d’un groupe qui réunit plusieurs entreprises de transport, notamment les autocars touristiques Capital Champagne et les ambulances Clovis. «Je n’ai jamais vu une violence comme ça sur un piquet de grève», témoigne Jean-Marie Hommet, secrétaire général de la CFDT Transport de la Marne.
La mobilisation avait débuté lundi 31 août à l’initiative du syndicat. Parmi les revendications portées par les grévistes : le refus de l’installation de caméras au sein des véhicules et la demande de primes. Mardi matin, autour du piquet de grève installé à l’entrée du dépôt de véhicules, environ 25 salariés sont présents.
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Vers 10h20, à l’arrivée de Laurent Dewitte, les choses s’enveniment. Ce dernier est accompagné de deux nouveaux salariés recrutés le jour même. Alors que les trois se dirigent vers un autocar, «on a empêché ces personnes-là d’accéder au bus», raconte Jean-Marie Hommet, «mais monsieur Dewitte s’est emparé des clés et a commencé à conduire le véhicule».
« Violences avec armes sans incapacité»
Le chef d’entreprise progresse ensuite jusqu’à la sortie du dépôt, suivi par les grévistes. Une vidéo filmée par l’un d’eux enregistre la scène. Malgré la présence de salariés, le bus accélère, avant de freiner brutalement, puis de reprendre sa course, percutant un salarié de l’entreprise Capitale Champagne, âgé de 45 ans. Laurent Dewitte descend ensuite du bus et s’adresse au salarié, allongé sur le sol : «Je pense que le prochain, avant de bloquer mon entreprise, je pense qu’il y réfléchira à deux fois».
Le dirigeant aurait ensuite remis les clés à l’un des deux nouveaux salariés. Quelques instants plus tard, celui-ci aurait percuté une ambulancière de 24 ans, elle aussi employée du groupe.
Absent des lieux au moment des faits, Jean-Marie Hommet s’est chargé d’appeler les pompiers et la police après avoir été alerté par ses collègues grévistes. Resté sur place, Laurent Dewitte a été placé en garde à vue par les forces de l’ordre pour «violences avec armes sans incapacité», tout comme le nouveau salarié soupçonné d’avoir renversé l’ambulancière, qui avait pris la fuite avant d’être arrêté. Les deux ont été libérés plus tard dans la journée. De quoi susciter l’incompréhension des grévistes : «On n’arrive pas à comprendre pourquoi il a été libéré (Laurent Dewitte). Il aurait pu les tuer, c’est du pénal. Mais monsieur Dewitte se croit tout permis.» fulmine Jean-Marie Hommet.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Une enquête judiciaire sera ouverte pour déterminer les responsabilités dans cet incident
Very likely · Within days
La CFDT Transport de la Marne pourrait appeler à une poursuite ou une intensification de la grève
Likely · Within days
Open Questions
- Quelles suites judiciaires seront données à cette affaire ?
- Les grévistes vont-ils reprendre le travail ?
- Le groupe de transport va-t-il modifier sa politique concernant les caméras ?





