Dominique Simonnot, une vie dédiée à la défense des détenus
Quick Look
- La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, dénonce depuis 30 ans le sort des détenus.
- Ancienne éducatrice pénitentiaire et journaliste, elle met en lumière les conditions "opprimées" en prison, hôpital psychiatrique et centre de rétention.
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Why It Matters
Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, dénonce depuis plus de trente ans le sort des détenus dans ses chroniques judiciaires et ses rapports.
La contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, dont le mandat s’achève le 15 octobre, nous reçoit dans son bureau de Montreuil (Seine-Saint-Denis), décoré de coupures de presse, de photos d’anonymes et de disparus… A 73 ans, l’ancienne éducatrice pénitentiaire devenue journaliste dénonce, depuis plus de trente ans, dans ses chroniques judiciaires, puis dans ses rapports documentés, le sort réservé aux enfermés, « opprimés d’une justice de classe », en prison, en hôpital psychiatrique ou en centre de rétention administrative. Dominique Simonnot nous raconte, avec humour et humeur, une vie consacrée à cet engagement.
Je ne serais pas arrivée là si…
Si mes parents ne m’avaient pas élevée dans la joie de vivre. Ils étaient marrants, fantasques, d’un milieu bourgeois qui se fichait des conventions. Mon père, Jean-Pierre, travaillait dans une banque, ma mère, Marie-José, faisait du collage d’art, elle portait des minijupes et conduisait un cabriolet. Nous vivions dans un grand appartement à Paris, près de la Seine, où il y avait table ouverte pour les amis. A l’adolescence, c’est devenu un squat avec les copains. On vidait le frigo à 3 heures du matin, on montait sur le toit sans garde-fou… J’ai vite mesuré ma chance : ce n’est pas donné à tout le monde d’être heureux de rentrer chez soi. Je me le suis dit à chaque fois au contact des détenus. Mes parents nous ont énormément aimées, mes deux sœurs et moi, et ça donne une force extraordinaire.
Pourquoi êtes-vous née à Radolfzell, en Allemagne ?
Mon père, tout jeune soldat, avait occupé l’Allemagne vaincue. Mes parents y vivaient encore quand je suis née, en 1952. Mon père envoyait ma mère acheter « ein kilo scheisse » (« un kilo de merde ») chez le boucher, elle qui ne parlait pas un mot d’allemand, juste pour voir sa tête quand elle rentrait. Elle revenait bredouille et il éclatait de rire… J’avais 8 mois quand on est rentrés en France. Mais à l’école, il fallait dire où nous étions nés, et tout le monde me charriait : « Tu es Allemande ! » « Non ! », je criais.
Open Questions
- Quelles sont les prochaines étapes après la fin de son mandat ?
- Comment ses actions passées ont-elles influencé les politiques carcérales ?


