eYou, un réseau social européen pour lutter contre les fake news
Quick Look
- Le réseau social européen eYou, lancé en mai, a dépassé les 100 000 utilisateurs.
- Il mise sur un système de fact-checking basé sur l'IA pour contrer la désinformation, espérant devenir une alternative aux géants américains.
AI-generated summary
Why It Matters
eYou est un réseau social européen lancé en mai, qui cherche à s'imposer face aux géants américains en se concentrant sur la lutte contre les fake news grâce à l'IA.
Il espère se faire une place parmi les géants du secteur en misant sur le fact-checking. Le réseau social eYou, cofondé en mai par deux Français, a franchi début juillet le cap des 100 000 utilisateurs. C'est l'une des dernières initiatives nées en Europe pour faire émerger un contre-modèle aux mastodontes américains, en plein débat sur la souveraineté numérique.
Après avoir enquêté auprès de ses utilisateurs, "on s'est rendu compte qu'en Europe, leur principal problème, c'étaient les fake news", avance Grégoire Vigroux, cofondateur du réseau eYou, contacté par franceinfo. "Et sur Instagram, TikTok et Facebook, elles circulent six fois plus rapidement que les 'vraies' news. Donc on s'est dit qu'on allait créer un système de fact-checking pour lutter contre la désinformation."
L'interface d'eYou, accessible via une application, ne désorientera aucun adepte du "scroll" : plusieurs fils d'actualité triables par thème, des comptes à suivre, ainsi qu'un onglé dédié à des articles de l'AFP. La principale nouveauté se loge sous chaque publication d'internaute, avec un score de fiabilité plus ou moins élevé. Sept modèles d'intelligence artificielle – dont ceux de Mistral et OpenAI – quadrillent chaque texte, photo et vidéo pour vérifier leur véracité, précise Grégoire Vigroux : "Le fact-checking n'élimine pas le post, qui reste sur la plateforme, mais les utilisateurs voient [par exemple] que l'information communiquée n'est pas factuelle."
Chacun peut cliquer sur ce score et ainsi accéder à des explications fournies par l'IA. Comment sont choisies les sources fiables ? "On a expliqué à nos IA dans les grandes lignes quelles sources devaient être prioritaires", ajoute le cofondateur, qui dit avoir privilégié ce qui émane notamment des institutions internationales et des "médias reconnus", sans recourir à une liste précise. Pour l'instant, la très grande majorité des publications sont rédigées en anglais, y compris les articles de l'AFP et la plupart des explications de l'IA derrière chaque score de fiabilité.
Convaincre des influenceurs
L'un des premiers réflexes sur l'application est de commencer à suivre des comptes que l'on suit sur d'autres réseaux. C'est là que le bât blesse : il y a trop peu d'institutions, de personnalités ou d'influenceurs pour permettre aux utilisateurs de retrouver tous leurs repères. Et pas facile de convaincre tout ce monde-là d'embarquer sur une nouvelle application, aussi vertueuse soit-elle. "C'est un sacré pari. On est partis en guerre contre TikTok, Meta et X, on est conscients de l'ampleur de la tâche", reconnaît l'entrepreneur, basé en Roumanie comme les trois autres membres de l'équipe.
La majorité des utilisateurs vivent en Roumanie, en Allemagne, au Royaume-Uni et en France, pays dans lequel un peu plus de 4 000 personnes sont sur l'application. Le réseau eYou espère atteindre la barre du million d'utilisateurs d'ici juin 2027. En attendant, la start-up boucle une levée de fonds d'1,3 million d'euros, avant de tenter de convaincre des influenceurs de venir sur la plateforme. Une campagne de financement participatif est aussi prévue en septembre.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
eYou atteindra le million d'utilisateurs d'ici juin 2027.
Possible · Within years
Open Questions
- Comment eYou va-t-il attirer les influenceurs ?
- L'IA sera-t-elle suffisante pour garantir la fiabilité des contenus ?
- Quel sera l'impact sur la souveraineté numérique européenne ?






