
Après près de deux mois de mobilisation, les salariés du Samu social ont obtenu des revalorisations salariales et de meilleures conditions de travail, bien que la crise de l'hébergement d'urgence persiste.
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Le conflit a débuté le 23 juin en raison de la remise à la rue de familles abritées dans le cadre du Plan Grand Froid 2025, suite à des coupes budgétaires.
57 jours de mobilisation, envers et contre toutes les fortes chaleurs, seront venus à bout du conflit entre les agents de Samu social de Paris et leur direction. La CGT signait mardi 18 août, au nom des écoutants du 115, des éducateurs et des travailleurs sociaux, un protocole de fin de conflit. "Les engagements nous paraissaient suffisants. Il ne reste plus qu'à nous assurer de leur mise en œuvre", assure Elena Sauterey, éducatrice au Samu Social.
Depuis le 23 juin, les grévistes protestaient contre la remise à la rue de familles abritées dans le cadre du Plan Grand Froid 2025. Les coupures budgétaires successives avaient obligé l'association à revoir les dossiers prioritaires et durcir leurs critères, au détriment de femmes isolées et d'enfants en bas âge. 400 personnes avaient rejoint la mobilisation et occupée le parvis du Samu social pendant plus d'un mois, dans des conditions sanitaires critiques.
Des améliorations concrètes pour les salariés
"Un conseil d'administration se tiendra en octobre pour que nous puissions nous assurer que les mesures soient débattues et votées. Améliorer les conditions de travail des salariés aura un énorme impact sur les personnes que l'on accompagne", constate encore Elena. Parce que la productivité d'un agent et sa santé mentale dépendent l'une de l'autre, la CGT a obtenu une revalorisation de salaires pour les écoutants du 115, ainsi que 45 minutes de pause sans prise d'appel à chaque prise de poste et plus de réunions d'équipes pour prendre le temps d'échanger.
Les écoutants recevront une prime de suractivité liée au plan grand froid à hauteur de 150 euros brut. La direction défendra leur passage au groupe de rémunération supérieur, et la prime multilingue passera de 30 à 125 euros, soumise au vote en octobre selon un communiqué de presse du syndicat daté du 19 août.
"Toute réorganisation significative devra désormais faire l’objet d’une étude d’impact préalable sur les conditions de travail, avec les représentants du personnel, y compris celles demandées directement par l’Etat", précise encore le texte. Les salariés, y compris les écoutants au plus proche du terrain, auront plus de marge de manœuvre dans la restructuration interne de l'institution.
La lutte continue
Toutefois, plus de moyens pour les salariés ne sont pas synonymes de plus de places en hébergements d'urgence. Après l'évacuation par les forces de l'ordre du campement devant le siège du Samu social le 13 août, quelque 250 personnes se sont réfugiées aux côtés d'Utopia 56 devant la mairie de Paris Centre, renvoyées à l'errance. "La CGT restera présente aux côtés des familles sans solutions d'hébergement, c'est un engagement que nous devons toujours tenir. L'État ne peut pas, légalement et moralement, les laisser dehors", insiste l'éducatrice. "À quelques jours de la rentrée scolaire et avec une dizaine d'enfants censés être scolarisés à Paris, nous ne comprenons pas ce qu'attendent les décideurs."
De son côté, l'État s'est engagé à recevoir les représentant du personnel dès septembre pour discuter des financements, du manque de places d'hébergement et de l'impact des politiques publiques sur les missions du Samu social. Le syndicat appelle à de prochaines grèves les 15 et 29 septembre, et participera les 3 et 4 octobre aux rencontres nationales du travail social en lutte pour organiser la suite. Le mouvement "n'est pas une fin en soi", elle n'est que le début d'une longue restructuration.
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Grèves prévues les 15 et 29 septembre.
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