France aims to end psychiatric restraint by 2030
Quick Look
- France's Health Minister Stéphanie Rist announced plans to end psychiatric restraint by 2030.
- The practice, which affected 8,000 people in 2022, is criticized for its traumatic effects on patients and caregivers.
AI-generated summary
Why It Matters
The use of restraint in psychiatric care is a controversial practice that involves physically immobilizing patients. While legally defined as a last resort, its effectiveness and ethical implications are widely debated.
Alors que la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé, ce 2 juin 2026, son souhait de mettre fin à la contention d’ici à 2030, nous vous proposons de re(lire) cet article sur le sujet, publié à l’été 2025.
Huit ans après les faits, Fabrice Saulière en pleure encore. En 2017, l’homme qui vient d’avoir 50 ans traverse une phase maniaque liée à son trouble bipolaire. Il accepte d’être hospitalisé au Vinatier, à Lyon, à une condition : ne pas porter le pyjama d’hôpital psychiatrique qu’il juge « humiliant ». L’équipe accepte mais quelques heures plus tard, celle de relève lui ordonne de se déshabiller et d’enfiler le vêtement. « J’ai à peine eu le temps de dire non qu’une dizaine de personnes ont débarqué dans ma chambre et m’ont sauté dessus pour m’attacher », se souvient-il, la gorge nouée.
Fabrice se débat dans tous les sens et insulte les soignants. Rapidement, on lui injecte un sédatif et il se retrouve attaché sur un lit, poignets, chevilles et ceinture abdominale noués. « L’un d’eux a même réussi à m’étrangler et ça m’a renvoyé à un œdème respiratoire que j’avais fait quand j’étais enfant. J’ai eu l’impression de mourir, témoigne le colosse de 1m90 et 100 kg, des trémolos dans la voix. Cela m’a traumatisé et m’a laissé des traces indélébiles. »
Près de 8.000 personnes chaque année
L’histoire de Fabrice n’est pas une exception. En 2022, 8.000 personnes ont été contentionnées au sein de services psychiatriques français, selon l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Soit 11 % des personnes hospitalisées sous contrainte. Si le recours à cette pratique ne diminue pas, de plus en plus de voix s’élèvent contre ce procédé.
Dans une tribune parue dans Le Monde le 27 mai, des membres de l’Association des jeunes psychiatres et des jeunes addictologues (Ajpa) plaident pour l’abolition de la contention. Le 10 juin, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) a publié un manifeste exigeant sa fin. Et dans le plan psychiatrie présenté le 11 juin par le gouvernement, l’usage de la contention est jugé « parfois nécessaire » mais « traumatisant pour les patients et pour les soignants eux-mêmes ».
Une pratique « de dernier recours »
« La plupart des personnes pensent que cette pratique n’existe plus ou qu’elle est réservée à des personnes extrêmement dangereuses mais ce n’est pas le cas », déplore Philippa Motte, paire aidante atteinte d’un trouble bipolaire et autrice de Et c’est moi qu’on enferme (Editions Stock), dans lequel elle raconte avoir été contentionnée. « Dans des phases de crise où on est en dehors du réel et où on peut être agité, ils peuvent dégainer assez rapidement la contention comme réponse. »
L’étude Plaid Care publiée en mai montre que seuls 18 établissements sur 204 n’ont jamais recours à cette pratique. Depuis 2016, ce procédé est encadré juridiquement. La contention est, selon la loi, une pratique « de dernier recours ». Elle ne peut être utilisée que pour « prévenir un dommage immédiat ou imminent pour le patient ou autrui ». Si certains médecins voient dans ce procédé une dimension « thérapeutique », dans son rapport de 2016, le contrôleur général des lieux de privation de liberté rappelle que « l’efficacité thérapeutique » de cette pratique « n’est pas prouvée ».
« Il m’a expliqué que je faisais peur »
Le principal argument visant à justifier le recours à ce procédé est celui du manque de personnel : moins il y a de soignants, plus il y a de contentions. « C’est vrai, mais cela ne suffit pas à l’expliquer car dans certains services, il y a un manque de personnel mais un faible recours à ce procédé », souligne Mathieu Bellahsen, psychiatre et auteur de Abolir la contention (Editions Libertalia).
Fabrice, devenu pair aidant dans l’établissement lyonnais dans lequel il avait été hospitalisé, a recroisé un des infirmiers qui l’avait attaché. « Il m’a expliqué que je faisais peur avec mon gabarit impressionnant. Avant d’ajouter : “on est mal traités donc on est maltraitants” », déplore le père de famille. « On vit dans une société qui a peur de la “folie”, et cela concerne aussi les soignants », atteste le psychiatre.
« On crée du traumatisme sur le traumatisme »
Le recours à la contention, ainsi qu’à l’isolement, est enseigné lors de la formation des psychiatres. « Quand je suis arrivée en internat, je ne me posais pas la question, cela faisait partie des pratiques, reconnaît Marine Lardinois, psychiatre, praticienne hospitalière et cofondatrice de l’Association des jeunes psychiatres et addictologues (Ajpa). Quand j’ai assisté à une contention, je me suis sentie hyper mal mais je me suis dit qu’il n’y avait pas d’autre choix. » C’est en écoutant le récit des personnes ayant été contentionnées que Marine Lardinois s’est dit qu’elle ne voulait plus y avoir recours.
« Avec la contention, on crée du traumatisme sur le traumatisme, des blessures qu’il faudra ensuite soigner », insiste Fabrice. Après cet épisode, le quinquagénaire n’a plus été capable de mettre un pied aux urgences pendant des années. Mais ce n’est pas tout. « De nombreuses personnes atteintes de troubles psychiques ont été victimes de violences sexuelles plus jeunes, rappelle Mathieu Bellahsen. Elles se retrouvent sur un lit, à moitié nues, immobilisées avec des personnes tout autour d’elles. Cela réactive le traumatisme. »
« C’est contreproductif »
Les conséquences peuvent ainsi être délétères en matière de rétablissement. « Dans ce type de moments, on se trouve dans un état psychique paranoïaque avec une énorme peur qu’on nous fasse du mal et on nous enferme et nous contentionne, regrette la paire aidante Philippa Motte. Cela vient maladroitement confirmer les éléments du délire. »
Ce comportement peut alors donner lieu à une perte de confiance envers les soignants. « Plein de jeunes me disent “je ne veux pas aller en psychiatrie parce que je ne veux pas qu’on m’isole, qu’on m’attache”, témoigne Marine Lardinois. C’est contreproductif. » Philippa Motte l’assure : « J’aurais peut-être fait moins de rechutes si je n’avais pas vécu cela. »
Une perte de sens pour les soignants
« La première fois qu’on attache, on se sent mal mais on nous dit “tu vas t’habituer”, et cela crée une banalisation de procédures violentes », estime Mathieu Bellahsen. Une étude publiée en 2021 intitulée « Choisir psychiatrie » et visant à lutter contre le manque de vocation dans le secteur montre que les pratiques coercitives peuvent être répulsives en termes d’attractivité. « Des soignants ne le supportant pas vont aller faire de la psychiatrie en ambulatoire ou vont quitter la psychiatrie », assure Maeva Musso, psychiatre et pédopsychiatre et présidente de l’Ajpa.
Alors dans une situation de crise face à un patient agité, que faire ? « On peut proposer à la personne d’aller faire un tour dehors avec elle pour qu’elle se calme, de faire une activité, ou fumer une cigarette pour les fumeurs, suggère Mathieu Bellahsen. Si elle se sent persécutée par un soignant, un autre peut prendre le relais. Parfois, tout ça ne suffit pas, alors on peut proposer une sédation ou la contraindre à une sédation. Et si tout ça ne fonctionne pas, il peut y avoir le recours à la chambre d’isolement. Il faut y aller graduellement. »
Portes ouvertes et activités
« La question que l’on doit se poser c’est “qu’est-ce qui a été fait pour en arriver là ?”, estime la cofondatrice de l’Ajpa. On sait que plus la pratique est coercitive, plus cela donne lieu à des situations tendues. » Selon Mathieu Bellashen, le travail doit surtout se faire en amont. « Il faut garder en tête qu’on peut tous être patient un jour. Il n’y a pas eux contre nous. Cela crée une autre ambiance de soins. Il faut que les portes soient ouvertes, qu’il y ait des activités thérapeutiques. Dans mon ancien service, on avait des réunions avec les patients et les soignants chaque semaine pendant lesquelles on parlait de ce qui leur convenait et ce qui ne leur convenait pas », raconte l’ancien chef de service à l’hôpital d’Asnières-sur-Seine.
« On voit une évolution et une prise de conscience individuelle mais la modification de ces pratiques doit être collective », estime la présidente de l’Ajpa. Des formations à la gestion de l’agitation, notamment aux urgences, sont données dans certaines universités, comme celle de Lille. « Il faut montrer qu’il existe des alternatives et des programmes permettant d’y arriver, comme les observateurs Quality Rights qui peuvent faire des recommandations », insiste Marine Lardinois. Plusieurs pays, comme l’Islande ou l’Angleterre, ont franchi l’étape supérieure. Ils ont interdit le recours à la contention.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
France will successfully end the practice of psychiatric restraint by 2030.
Possible · Within years
Open Questions
- What specific measures will be implemented to achieve the 2030 goal?
- How will the lack of personnel be addressed to reduce reliance on restraint?
- What are the long-term psychological impacts on caregivers who administer restraint?
- Will there be specific support for patients who have experienced restraint?





