Frappes américaines contre l'Iran en réponse aux attaques dans le détroit d'Ormuz
Quick Look
- Les États-Unis ont lancé des frappes contre l'Iran en réponse à des attaques sur trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz.
- L'Iran a promis une riposte, affirmant que les USA ont violé un protocole d'accord.
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Why It Matters
Les États-Unis et l'Iran ont signé un protocole d'accord le 17 juin pour mettre fin à une guerre, prévoyant la réouverture du détroit d'Ormuz et la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
Les forces américaines ont lancé mardi une «série de frappes puissantes» contre l’Iran, «en riposte aux attaques iraniennes contre trois navires commerciaux qui transitaient par le détroit d’Ormuz», a annoncé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X. «L’agression iranienne était injustifiée, dangereuse et constituait une violation flagrante du cessez-le-feu», a ajouté le Centcom, ajoutant vouloir «faire payer le prix fort» à l’Iran.
Dans la foulée, les médias iraniens ont fait état d’explosions dans la région du détroit d’Ormuz. Selon la chaîne d’information IRIB, six explosions ont été entendues sur l’île iranienne de Qeshm, sept dans la ville de Sirik et d’autres encore dans la grande ville portuaire de Bandar Abbas (sud). Le ministère iranien des Affaires étrangères a, de son côté, affirmé que les États-Unis avaient violé le protocole d’accord entre les deux pays et annoncé une riposte. «L’Iran adresse un sérieux avertissement quant aux conséquences de la violation du traité par les États-Unis et prendra des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale», a déclaré le ministère dans un communiqué publié sur Telegram par la télévision d’État (Irib).
Un peu plus tard dans la nuit, l’armée américaine a annoncé avoir frappé plus de 80 cibles en Iran. «Les forces américaines ont frappé des systèmes iraniens de défense antiaérienne, des réseaux de commandement et de surveillance, des sites de radars côtiers, des capacités de missiles antinavires et plus de 60 petites embarcations du Corps des Gardiens de la Révolution islamique dans le détroit et à proximité», a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.
Les sirènes d’alerte aérienne ont ensuite retenti mercredi à Bahreïn, a indiqué le ministère de l’Intérieur. «La sirène a retenti», a déclaré le ministère sur X, sans donner davantage de détails. «Les citoyens et les résidents sont invités à rester calmes et à se rendre vers l’abri le plus proche.»
Trois navires ciblés à Ormuz
Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d’Ormuz, a rapporté l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO, le Qatar et l’Arabie saoudite imputant deux de ces attaques à l’Iran, malgré le cessez-le-feu entre Téhéran et Washington. «Les agissements de l’Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des États-Unis et ne resteront pas impunis», avait déclaré un responsable gouvernemental américain sous le couvert de l’anonymat, après la publication d’un document par le ministère des Finances interdisant les «nouvelles transactions» d’hydrocarbures iraniens à compter de mardi.
L’Iran et les États-Unis ont, en effet, signé le 17 juin un protocole d’accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre Téhéran. Ce texte prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz - par où transitent en temps normal 20% du brut et du GNL mondial et dont la fermeture par Téhéran avait fait vaciller l’économie mondiale et flamber les prix - ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.
La navigation avait repris dans le détroit d’Ormuz à la suite de la signature du protocole d’accord, malgré quelques incidents. Fin juin, accusant l’Iran d’avoir ciblé deux navires, les États-Unis avaient à nouveau bombardé le pays, qui avait riposté en ciblant des voisins du Golfe, le Koweït et Bahreïn. Washington et Téhéran s’étaient ensuite mis d’accord pour cesser ces hostilités.
Divergences sur la gestion du détroit
L’Arabie saoudite a condamné «le ciblage par la République islamique d’Iran du pétrolier saoudien Wedyan», ainsi que celui «du méthanier qatari Al-Rakayyat», dénonçant «une atteinte à la sécurité de la navigation internationale et à la sécurité des approvisionnements énergétiques mondiaux». Auparavant, le Qatar avait annoncé avoir convoqué le chargé d’affaires iranien pour protester contre l’attaque visant son méthanier.
Le ministère qatari des Affaires étrangères a dit avoir remis au diplomate iranien une note sommant Téhéran de «cesser immédiatement toute pratique portant atteinte à la sécurité régionale» ainsi qu’à «la sécurité de la navigation internationale et l’approvisionnement énergétique mondial», tout en exigeant «des explications sur cette attaque». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï a, de son côté, dénoncé une mise en cause «inacceptable» de la part du Qatar. Sans les attribuer, l’agence UKMTO a ensuite signalé mardi deux autres incidents : un pétrolier touché par un projectile non identifié, subissant «des dommages structurels», et un navire-citerne frappé par un drone d’origine inconnue. Dans les trois cas, l’agence a indiqué qu’il n’y avait eu ni blessé, ni dégâts environnementaux.
L’Iran exclut, en dépit de l’opposition des États-Unis, tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes. Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l’Iran avait «tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux», citant deux responsables américains. Selon l’un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants. L’AFP n’a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.
Cette montée des tensions intervient alors que l’Iran organise depuis samedi des funérailles nationales de six jours pour son guide suprême, Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre par des frappes israélo-américaines, dont le corps vient d’arriver en Irak pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant les sanctuaires les plus vénérés des musulmans chiites.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
L'Iran annoncera une riposte militaire ou diplomatique dans les prochains jours.
Likely · Within days
Les prix du pétrole connaîtront une hausse significative en raison des perturbations du trafic dans le détroit d'Ormuz.
Likely · Within weeks
Open Questions
- Quelle sera la nature exacte de la riposte iranienne ?
- Comment les autres pays de la région vont-ils réagir ?
- Quel sera l'impact à long terme sur le trafic maritime et les prix de l'énergie ?




