Guillaume Pley visé par des accusations de comportements ambigus avec des mineures et de management toxique
Une enquête des Inrockuptibles et de nouvelles révélations mettent en cause le youtubeur et producteur pour des faits allant de messages déplacés à des mineures à un climat raciste et sexiste au sein de son média.
Quick Look
- Le youtubeur et animateur Guillaume Pley est visé par des enquêtes publiées par Les Inrockuptibles et Le Monde.
- Il est accusé d'échanges ambigus avec des fans mineures à l'époque de NRJ, de management toxique et de racisme au sein de son podcast Legend.
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Why It Matters
Guillaume Pley anime le podcast à succès 'Legend' sur YouTube après une carrière à la radio, notamment sur NRJ.
Sur sa chaîne YouTube, qui compte près de 3,8 millions d'abonnés, Guillaume Pley a déjà interviewé l'ancien président Nicolas Sarkozy, l'homme d'affaires Bernard Arnault ou le basketteur Tony Parker. Une enquête, publiée mercredi 5 août par Les Inrockuptibles, met en cause le comportement et les pratiques de l'ancien animateur radio, fondateur du podcast "Legend".
Le youtubeur TPZ a de son côté republié mercredi une longue vidéo sur Guillaume Pley. Celle-ci avait été publiée une première fois le 2 août, avant d'être rapidement retirée de la plateforme pour des raisons de "droits d'auteur". Dans ces deux enquêtes, l'animateur de 41 ans est accusé de comportements ambigus avec des mineures, de management toxique au sein de ses équipes et de racisme dans les locaux de son média.
Des échanges inappropriés avec des mineures à l'époque de NRJ
L'enquête du magazine Les Inrockuptibles révèle des échanges ambigus entre l'animateur et de jeunes fans mineures rencontrées lorsqu'il travaillait à NRJ, entre 2011 et 2018. Une femme, témoignant sous couvert d'anonymat, affirme avoir entretenu une relation par messages avec l'animateur, de ses 15 à 17 ans, et l'avoir rencontré une cinquantaine de fois entre 2012 et 2016.
Captures d'écran à l'appui, Les Inrockuptibles font état de messages envoyés tard dans la nuit où l'animateur l'appelle "baby" et la complimente sur son physique. La jeune fille se souvient également que Guillaume Pley lui aurait demandé si elle "avait déjà fait des trucs". Le mensuel assure que Guillaume Pley, alors âgé de "presque 30 ans", connaissait l'âge de l'adolescente. "Haha dans un mois j'ai 17 ans", lui écrit-elle. "Et surtout dans un an 18", répond l'animateur.
"J'étais très jeune, je ne voyais pas le mal dans nos échanges. Il avait pratiquement le double de mon âge à l'époque et n'a pas mis de limites."
Une ancienne fan de Guillaume Pley
dans "Les Inrockuptibles"
Une autre ancienne fan raconte une histoire similaire et affirme avoir commencé à échanger avec lui lorsqu'elle avait 14 ans. Elle dit l'avoir rencontré pour la première fois en 2015 et assure que Guillaume Pley "recherchait le tactile" après ses émissions et qu'elle ne "repartai[t] jamais sans qu'il [lui] fasse un câlin". Elle affirme aussi qu'il lui a proposé un restaurant, juste après ses 18 ans, en écrivant : "Je pense qu'on aura très envie de s'embrasser." "J'ai refusé sa proposition, il a arrêté de m'envoyer des messages par la suite", raconte-t-elle aux Inrockuptibles.
Dans une nouvelle enquête publiée lundi par Le Monde, une autre femme relate des faits similaires. Elle affirme que Guillaume Pley a tenu des propos sexuellement explicites dans le cadre d'échanges en ligne datés de 2011, alors qu'elle n'avait que 14 ans. Selon elle, l'animateur a évoqué dans ses messages la possibilité d'un "plan à trois" ou encore l'éventualité que l’adolescente fasse sa "première fois" avec lui.
Une ambiance toxique et xénophobe au sein du podcast "Legend"
Les accusations concernant la banalisation du racisme au sein des équipes de Guillaume Pley reposent sur de nombreux témoignages d'ex-collaborateurs recueillis par Les Inrockuptibles. Un ancien membre de son équipe à NRJ affirme ainsi que l'animateur radio lui avait demandé de "s'inspirer des discours d'Adolf Hitler" pour écrire "une nouvelle intro pour l'émission, quelque chose de cinématographique (...), une introduction fédératrice, un truc qui aurait plus d'impact".
Des anciens salariés du podcast "Legend" décrivent également des scènes où des blagues xénophobes fusaient au sein des bureaux de l'entreprise. L'ambiance générale est comparée à un concours permanent de la remarque la plus déplacée. "Il y avait un climat de vannes racistes et sexistes totalement normalisé", affirme une ancienne membre de l'équipe, sous couvert d'anonymat. Les différents témoignages recueillis rapportent que ces remarques visaient particulièrement les minorités au sein de la rédaction.
"L'un des auteurs me vannait très régulièrement sur mes origines."
Une ancienne employée de "Legend"
dans "Les Inrockuptibles"
Les dizaines de témoignages recueillis par le magazine font aussi état de vagues d'humiliations publiques envers les employés, souvent les plus précaires (stagiaires et alternants). Ils décrivent aussi une pression constante et des cadences extrêmes imposées aux salariés, avec notamment des semaines de 70 heures et des nuits blanches. Ces conditions de travail ont entraîné des burn-out chez certains salariés du podcast.
Guillaume Pley exprime de "vifs regrets" mais nie une partie des accusations
Dans un communiqué publié sur Instagram, Guillaume Pley a exprimé ses "vifs regrets" concernant la manière dont il a échangé avec son public, "parfois mineur". Il a qualifié ses propres messages de "clairement inappropriés", s'excusant d'avoir pu mettre mal à l'aise, tout en rappelant que le but initial était, selon lui, de les inciter à participer à ses défis à l'antenne. L'animateur a admis que les codes de la provocation de l'époque de "Guillaume Radio 2.0", émission de canulars sur NRJ, "allaient parfois sûrement trop loin". "Ce qui était peut-être acceptable à l'époque ne l'est plus", écrit-il. Il assure aussi que certains messages ne venaient pas directement de lui en raison de la gestion partagée de ses réseaux sociaux.
"Pour ce qui concerne 'Legend', et la manière dont mon entreprise est gérée, je tiens simplement à affirmer très clairement qu'aucun propos raciste, sexiste ou inapproprié n'est accepté", ajoute Guillaume Pley dans ce communiqué. Et l'animateur d'affirmer que "si certains propos ou comportements inappropriés ont pu avoir lieu, ils ont fait l'objet de sanctions comme il se doit". Il dénonce par ailleurs une "volonté manifeste de nuire" de la part de médias "qui préfèrent la caricature et la recherche du scandale au travail factuel".
Open Questions
- Quelles suites judiciaires seront données aux accusations ?
- Y aura-t-il un impact sur les partenariats du podcast Legend ?






