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Alors que vient de se clore la Fashion Week masculine printemps-été 2027 s'ouvre la semaine de la haute couture automne-hiver 2026-2027. Ce rendez-vous très codifié rassemble une poignée de maisons répondant à des critères précis. Du lundi 6 au jeudi 9 juillet, 30 d'entre elles présentent leur création : 8 membres labellisés, 4 griffes étrangères (correspondants) et 18 membres invités sont inscrits au calendrier. La saison dernière, pour le printemps-été 2026, elles n'étaient que 28. Une légère augmentation qui témoigne de la force d'attraction intacte de la capitale française pour ces savoir-faire d'exception.
Au-delà des grandes maisons historiques (Schiaparelli, Christian Dior, Chanel, Stéphane Rolland, Alexis Mabille, Franck Sorbier, Jean Paul Gaultier), l’un des temps forts du calendrier sera le 8 juillet date à laquelle Pierpaolo Piccioli présente son premier défilé haute couture pour Balenciaga. Il remplace depuis presque un an l’ancien directeur artistique de la maison parisienne, Demna Gvasalia. Il y aura aussi, ce jour-là, les débuts de Duran Lantink à la haute couture de Jean Paul Gaultier.
Cette saison, on comptera aussi sur la présence d'Iris Van Herpen, dont les créations sont souvent le fruit d'expérimentations technologiques et le retour d'Adeline André après plusieurs saisons d'absence. Adepte de l'épure, des lignes sobres et immaculées, la créatrice française présentera très certainement sa pièce culte à trois emmanchures pour laquelle elle a déposé le modèle auprès de l’Institut National de la Propriété Intellectuelle. Au-delà des piliers, cette semaine dévoile les deux nouveaux visages de ses nouveaux membres invités : le couturier indien Manish Malhotra célèbre pour ses créations opulentes destinées aux élites et aux grandes productions de Bollywood et le label Standing Ground fondé par le designer irlandais Michael Stewart.
Parmi les absents, figurent le couturier italien Giambattista Vali, qui vient de reprendre, ce printemps, les rênes de sa marque, ainsi que la maison Valentino, pourtant présente en début d'année à Paris, elle ne vient pas en juillet dans la capitale. Julien Fournié, Gaurav Gupta, Miss Sohee et Phan Huy, qui étaient présents en janvier, passent également leur tour. Enfin, Fendi a choisi de dévoiler sa collection à Rome en Italie.
Un domaine d'excellence
L’origine de la haute couture est attribuée à Charles Frédéric Worth qui créa en 1858 à Paris la première maison de couture. Avant cela, Rose Bertin, "ministre de la mode" de Marie-Antoinette, l’avait préfigurée et fut la première à commencer à libérer le corps féminin tout en ornant ses créations de broderies, dentelles et de pétales de rose. Après le décret de janvier 1945, haute couture est devenue une appellation juridiquement contrôlée dont seules peuvent s’en prévaloir les maisons agréées.
Domaine de prédilection du travail à la main réalisé dans les ateliers des maisons - laboratoire d’idées et de techniques et espace où la créativité peut s’exprimer - elle contribue à faire de Paris la capitale mondiale de la mode. Elle se distingue par l’unicité et l'individualisation de ces modèles qui sont réalisés sur-mesure pour la clientèle. La haute couture s’adapte à son temps se nourrissant souvent des nouvelles technologies, tout comme la haute joaillerie. Depuis 2010, des maisons de haute joaillerie présentent leurs collections en marge des défilés haute couture : cette saison seront présentes les maisons Mellerio, Chaumet, Chanel, Boucheron, Hermès, Van Cleef & Arpels, Messika, Mikimoto et Buccellati.
Domaine d'excellence, la haute couture française est réservée à une élite fortunée et demeure le fruit du travail des créateurs mais aussi de leurs précieux collaborateurs, qui ont su transmettre des savoir-faire séculaires tout en innovant. Différente de la Fashion Week féminine, cette semaine se déroule en janvier - pour présenter l'été - et en juillet - pour présenter l'hiver. Il s'agit d'une spécificité française exclusivement parisienne où défilent des pièces uniques nécessairement faites à la main et principalement destinées aux tapis rouges et grands événements de la jet-set. Si les défilés physiques demeurent très sélectifs, le grand public peut cependant suivre l'évènement en ligne sur les sites de nombre maisons ou sur les réseaux sociaux.
Les premiers pas de Pierpaolo Piccioli et de Duran Lantik en couture
Le directeur artistique de Balenciaga, qui a dévoilé, en octobre 2025, sa première collection prêt-à-porter (celle du printemps-été 2026 à la Paris Fashion Week) n'a pas défilé en haute couture en janvier 2026. Balenciaga, qui avait jusqu’à présent présenté ses collections masculines lors de défilés mixtes, avait opté pour un autre format en dévoilant sa collection masculine automne-hiver 2026-2027 en ligne le 15 janvier, suivie d'une présentation le 20 janvier à son siège historique parisien. Le Romain adepte de la couleur a longtemps été associé à Maria Grazia Chiuri, avec qui il a travaillé en tandem chez Valentino. Puis dès 2015, Pierpaolo Piccioli est seul à la barre pour développer son style, à la fois romantique et moderne. Un des atouts du styliste italien est la couleur : au rouge iconique de la maison Valentino, il ajoute des couleurs pop comme le Pink PP, un rose fuchsia à ses initiales, star de sa collection automne-hiver 2022-2023. Il développe aussi des accessoires ornés de clous qui font des ravages chez les fashionistas. Réponse sur les podiums de Balenciaga le 8 juillet.
Les premières créations haute couture de Duran Lantink pour Jean Paul Gaultier étaient attendues pour janvier 2026 mais la maison ne figurait pas au calendrier de la Fédération de la haute couture et de la mode. Le styliste néerlandais a été nommé en 2025, directeur créatif permanent, marquant la fin d'une ère de collaborations entamée depuis le départ à la retraite de "l'enfant terrible de la mode" qui avait laissé les rênes de ses collections haute couture à des créateurs invités depuis sa mise en retrait en 2020. Duran Lantink - qui a présenté deux collections de prêt-à-porter celle du printemps-été 2026 et celle de l'automne-hiver 2026 - a fondé sa propre marque en 2019. Le styliste incarne les préoccupations de sa génération : sa mode, en plus d'être unisexe, est produite à 95% à partir de stock de matériaux non utilisés de grandes maisons de luxe (upcycling en anglais et surcyclage en français). Découverte de sa vision de la couture sur les podiums de Jean Paul Gaultier le 8 juillet.
Manish Malhotra et Standing Ground, premières participations
Il y a deux créateurs indiens sur les podiums en juillet : premier créateur indien dans le calendrier officiel de la semaine de la haute couture, en 2020, Rahul Mishra, farouche partisan de l'intégration de la richesse du patrimoine de l'artisanat indien, est rejoint, cette saison, par Manish Malhotra. Ce dernier défile pour la première fois dans le cadre du calendrier officiel, le 8 juillet. Fondée en 2005, c'est l’une des principales maisons de luxe indiennes, reconnue pour sa fusion entre savoir-faire d’exception, couture contemporaine et glamour cinématographique. Le couturier, célèbre pour ses créations opulentes destinées aux élites et aux grandes productions de Bollywood, apporte à Paris son art des broderies complexes et des volumes majestueux, combinant l'artisanat traditionnel de l'Inde à un luxe contemporain.
L'autre nouveauté, c'est le label Standing Ground, Prix des Savoir-Faire 2024 LVMH, fondé par le designer irlandais Michael Stewart qui défile au premier jour de la semaine, le 6 juillet. Né en Irlande, il a étudié au Royal College of Art dont il est sorti diplômé en 2017. Il a fondé en 2022 cette marque dédiée à des tenues de soirée ancrées dans leur époque, aux vêtements sur mesure et aux accessoires pour le corps. Son approche est nourrie par la spécificité des corps et ses techniques de drapé, de sculpture et d'artisanat. Le créateur est reconnu pour sa vision sculpturale et épurée du vêtement de soirée.
Fendi défile à Rome
Fendi a annoncé fin avril la tenue de son premier défilé couture, celui de l'automne-hiver 2026-2027, sous la direction artistique de Maria Grazia Chiuri le 9 juillet, à Rome, au lendemain de la semaine de la haute couture parisienne. Il sera scruté de près : en effet, la créatrice italienne a pris la tête de la création de la maison romaine depuis six mois, après être passée une première fois par Fendi, puis par Valentino et Dior, dont elle a imaginé les créations couture, prêt-à-porter et accessoires femme pendant neuf ans.
Le slip de bain, autrefois considéré comme ringard, fait un retour en force sur les plages, devenant un phénomène de mode masculine. Porté par la nouvelle génération, les sportifs et l'influence de la communauté queer, il est apprécié pour son confort, son style et sa capacité à mettre en valeur le corps.

Le couturier Franck Sorbier lance "Sorbier Parfums", une nouvelle ligne de fragrances inspirée par ses collections de haute couture. Développés avec Olivier Perault, ces parfums naturels visent à traduire l'essence de ses créations textiles en expériences olfactives.

L'exposition "Grammaire des formes" aux jardins du musée Rodin met en dialogue la collection haute couture automne-hiver 2026-2027 de Jonathan Anderson pour Dior avec les œuvres de l'artiste américaine Lynda Benglis, explorant les thèmes du corps, du geste et de la matière.
La Semaine de la Haute Couture automne/hiver 2026-2027 débute à Paris avec les premières collections de Piccioli chez Balenciaga et Lantink chez Gaultier. Jonathan Anderson présente sa couture Dior, tandis que Chanel dévoile une robe de mariée secrète. Les célébrités affluent, mais les photos Dior retouchées soulèvent des questions sur l'authenticité.

Jonathan Anderson a présenté sa deuxième collection haute couture pour Dior, axée sur le plissé et inspirée par l'artiste Lynda Benglis. Le défilé, qui s'est tenu à Paris, a vu défiler des silhouettes sculpturales dans des tons variés, rehaussées de touches métalliques et florales.

La Fashion Week masculine de Milan, du 19 au 23 juin, met en lumière des créateurs comme Dolce & Gabbana, Prada, et Paul Smith. Les collections oscillent entre l'héritage italien, la modernité du tailoring et une simplification audacieuse du vestiaire.