Hôpital : interdiction d'installer un climatiseur dans la chambre d'une patiente en pleine canicule
Quick Look
- Un homme se voit refuser l'installation d'un climatiseur mobile pour sa mère de 83 ans, hospitalisée dans un établissement de Colombes.
- Le syndicat dénonce une situation "injustifiable" et appelle à légiférer.
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Why It Matters
Un homme se voit refuser l'installation d'un climatiseur mobile pour sa mère de 83 ans, hospitalisée depuis six mois, dans un hôpital de Colombes, en pleine canicule. Les syndicats dénoncent cette situation.
La séquence diffusée sur BFMTV a suscité bien des interrogations : On y voit le fils d’une dame de 83 ans, hospitalisée depuis six mois, assurer que le centre hospitalier refuse qu’il installe un climatiseur mobile, pourtant acheté à ses frais, dans la chambre de sa mère. « Ils m’ont d’abord dit que ce serait inéquitable vis-à-vis des autres. Puis invoqué des risques pour le réseau électrique du fait de sa vétusté alors qu’il fait 35 °C dans la chambre », relate l’homme dont la mère se trouve à l’hôpital de Colombes, dans la banlieue nord-ouest de Paris.
Une nouvelle qui, en pleine canicule, suscite une large incompréhension. A commencer par celle de Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers. « C’est injustifiable, dit-il à 20 Minutes. Nous, infirmiers, amenons parfois nos propres ventilateurs », indique celui pour qui climatiseurs mobiles ou ventilateurs « nécessitent une simple prise électrique, sans risque pour le réseau, ni risque sanitaire, le circuit d’air étant fermé ». Et de dénoncer « le jusqu’au-boutisme où, si l’un souffre [de la chaleur], tout le monde doit souffrir ».
Coupes budgétaires, économie d’énergie et risque zéro
Une situation que peine également à comprendre Kader Benayed, responsable syndical de Sud Santé à Marseille. « On n’a pas avancé depuis 2003 et la loi qui impose une pièce climatisée par service de soin », recadre le soignant de l’hôpital Edouard Toulouse, à Marseille.
Voilà pour la loi. Pour le reste, « comme on ne veut pas prendre de risque, on dit : "c'est interdit", bien que certains services ont des ventilateurs et d’autres non », estime Kader Benayed, qui décrit d’autres mécanismes à l’œuvre : « Il y a aussi le décret tertiaire, pris en 2019 et qui impose une réduction de 40 % de la consommation énergétique aux hôpitaux. C’est de ça que parlent les directeurs de centre hospitalier qui, comme les préfets, sont là pour quatre ans et doivent tenir les budgets », résume-t-il.
C’est « l’électricité de l’hôpital »
Au niveau réglementaire, rien ne justifierait pareille interdiction, considère le syndicaliste : « C’est flou. On va avoir le responsable sécurité incendie qui, parce que son job est de prévenir les incendies, va recommander de ne pas créer de courant d’air, émettre des réserves sur la sécurité électrique. Et de la sorte, tout le monde se couvre et rien n’est fait ».
Difficile cependant pour le syndicaliste de reprocher à des collègues de faire leur travail et d’essayer d’appliquer les directives. « C’est pourquoi nous avons sollicité avec SUD Santé la semaine dernière plusieurs députés pour qu’ils tentent d’agir par la loi ».
Kader Benayed se souvient d’avoir, « il y a quelques années, proposé d’installer nos propres climatiseurs avec le syndicat ». Mais le directeur avait opposé son refus, avertissant que « cela pouvait constituer un détournement de bien public parce que c’était l’électricité de l’hôpital ». Un argument de plus pour pousser à légiférer.
Open Questions
- Quelles sont les directives exactes concernant les appareils électriques dans les chambres ?
- Quel est le coût réel de la consommation électrique d'un climatiseur mobile ?
- Les hôpitaux ont-ils des plans d'urgence pour la canicule ?

