Iran utilise des cryptomonnaies pour contourner les sanctions américaines, selon Chainalysis
Téhéran perçoit des "revenus de péage" via des stablecoins, entraînant le gel de fonds par Tether et de nouvelles sanctions de l'OFAC.
Quick Look
L'Iran semble utiliser des cryptomonnaies, notamment des stablecoins, pour percevoir des "revenus de péage" sur les navires traversant le détroit d'Ormuz, une pratique dénoncée par Chainalysis et combattue par les États-Unis via de nouvelles sanctions.
AI-generated summary
Why It Matters
L'Iran, confronté à des sanctions internationales l'excluant du système SWIFT, cherche des alternatives pour ses transactions financières. Le détroit d'Ormuz est une voie maritime stratégique pour le commerce mondial, particulièrement pour le pétrole. Les stablecoins comme l'USDT sont des cryptomonnaies dont la valeur est arrimée à celle d'une monnaie fiduciaire, facilitant les échanges.
L’escalade des tensions dans le détroit d’Ormuz prend une dimension crypto que personne ignore. Entre extorsion maritime et contournement des sanctions, le bras de fer entre Téhéran et Washington se joue désormais aussi sur la blockchain, comme l’explique Chainalysis dans un de ses derniers rapports.
Une opération coordonnée sans précédent
Le 24 avril 2026, l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Département du Trésor américain a mis à jour sa désignation de la Banque Centrale d’Iran (CBI), en ajoutant deux nouvelles adresses crypto à la liste SDN.
Cette mesure intervient quelques jours seulement après le gel record de 344 millions de dollars en USDT par Tether en collaboration avec les autorités américaines.
Le contexte explosif du détroit d’Ormuz
Pour rappel, le 23 avril, l’Iran a annoncé avoir perçu ses premiers « revenus de péage » sur les navires commerciaux traversant le détroit d’Ormuz. Cette initiative unilatérale, hautement contestée, a rapidement dégénéré. Des escrocs ont usurpé l’identité des autorités maritimes iraniennes, incitant plusieurs compagnies de transport à payer de faux péages. N’ayant pas reçu les fonds, l’IRGC a ensuite harcelé les navires concernés.
De fait, et face à son exclusion du système SWIFT, Téhéran semble avoir recours aux stablecoins pour percevoir ces nouvelles taxes. Si cela se confirme, il s’agirait d’une nouvelle forme d’extorsion étatique via les cryptomonnaies.
Les adresses gelées et la réaction de Tether
Les deux adresses ajoutées à la liste SDN sont :
TTiDLWE6fZK8okMJv6ijg42yrH6W2pjSr9
TNiq9AXBp9EjUqhDhrwrfvAA8U3GUQZH81
Ces adresses ont été gelées le 23 avril par Tether. Paolo Ardoino, PDG de Tether, a déclaré :
« L’USDT n’est pas un refuge pour les activités illicites. Lorsque des liens crédibles avec des entités sanctionnées sont identifiés, nous agissons immédiatement et de manière décisive. »
Paolo Ardoino, CEO de Tether – Source : Chainalysis
Le schéma iranien de blanchiment on-chain
La CBI n’en est pas à son coup d’essai. Désignée dès 2019 par l’OFAC pour avoir financé l’IRGC et le Hezbollah à hauteur de milliards de dollars, elle continue d’utiliser des réseaux sophistiqués.
Selon l’analyse de Chainalysis, le régime passe par des courtiers pour convertir ses revenus (notamment issus du pétrole illicite) en stablecoins. Ces réseaux sont liés à des personnes déjà sanctionnées, dont Babak Morteza Zanjani et Alireza Derakhshan, ce dernier ayant coordonné l’achat de plus de 100 millions de dollars de cryptomonnaies entre 2023 et 2025.
Les fonds transitent ensuite par plusieurs bridges et protocoles DeFi avant d’être réinjectés dans l’écosystème crypto iranien et vers des entités liées à l’IRGC.
Parallèlement à la mise à jour concernant la Banque Centrale d’Iran, l’OFAC a en effet sanctionné plusieurs raffineries chinoises de type « teapot », dont la très importante Hengli Petrochemical, ainsi qu’une quarantaine de sociétés de transport maritime faisant partie de la « shadow fleet » iranienne. Ces mesures visent à asphyxier le principal flux de revenus du régime : l’exportation illicite de pétrole.
Cette coordination simultanée, crypto d’un côté, raffineries et tankers fantômes de l’autre, montre que les autorités américaines adoptent désormais une approche systémique. Elles ne se contentent plus de cibler les adresses blockchain, mais frappent toute la chaîne de valeur qui permet à Téhéran de transformer son pétrole en liquidités utilisables.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Les États-Unis continueront de sanctionner les adresses blockchain et les entités impliquées dans le contournement des sanctions par l'Iran.
Very likely · Within weeks
Tether et d'autres émetteurs de stablecoins renforceront leurs mécanismes de surveillance et de gel des fonds liés à des activités suspectes.
Likely · Within months
L'Iran cherchera d'autres méthodes, potentiellement moins traçables, pour ses transactions financières internationales.
Likely · Within months
Open Questions
- Quel est le montant total des "revenus de péage" que l'Iran a réussi à percevoir via les cryptomonnaies ?
- Quelle est l'ampleur exacte du réseau de courtiers et de protocoles DeFi utilisés par l'Iran ?
- Quelles seront les prochaines étapes de l'OFAC et des autres agences américaines pour contrer ces pratiques ?
- Quelle sera la réaction des autres pays face à cette nouvelle stratégie financière iranienne ?






