La dette publique française atteint un nouveau record de 3536,1 milliards d'euros
Quick Look
- La dette publique de la France a atteint un record de 3536,1 milliards d'euros au premier trimestre 2026, soit 117,5% du PIB, selon l'Insee.
- Cette hausse de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025 suscite l'inquiétude des économistes et du gouvernement face à un déficit élevé et un coût de la dette croissant.
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Why It Matters
La dette publique française a atteint un nouveau record de 3536,1 milliards d'euros, soit 117,5% du PIB, avec des prévisions de déficit public restant élevées. Le coût du service de la dette est devenu le premier poste de l'État.
La dette publique de la France continue son inexorable envolée. Elle a atteint au premier trimestre le montant record de 3536,1 milliards d’euros, en hausse de 75,6 milliards par rapport à la fin du quatrième trimestre 2025, a fait savoir l’Insee ce jeudi matin. Elle s’établit ainsi à 117,5% du produit intérieur brut (PIB).
En fin d’année 2025, le montant de l’endettement de la France s’élevait à 3460,5 milliards d’euros, soit 115,6% du PIB. Une somme colossale qui devient «préoccupante» dans le contexte géopolitique actuel, avait alerté à l’époque le premier ministre Sébastien Lecornu. Pour 2026, le gouvernement prévoit un déficit public à 5% du PIB, après 5,1% en 2025.
La situation de la dette française est «assez délicate», estime Mathieu Plane, économiste de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), «parce qu’on n’est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue». «Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé», car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-il. «On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté», mais «depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne».
Entre 2019 et 2025, la France a connu «la plus forte progression, après celle de la Finlande,» de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle. «Ce qui l’explique, c’est le niveau du déficit», et «la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans», estime-il.
Premier poste de l’État
Deuxième économie de la zone euro derrière l’Allemagne, la France en est l’un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l’Italie. «Notre position relative, par rapport aux autres pays, s’est nettement dégradée», renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.
Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l’État, devant celui de l’Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l’Économie Roland Lescure lors d’un colloque à la Cour des comptes, évoquant un «coût de la dette record». Le service de la dette de l’État devrait ainsi atteindre 64 milliards d’euros en 2026, et «pourrait augmenter jusqu’à 100 milliards dans les années qui viennent», avait-il ajouté.
«Notre charge d’intérêts de la dette va mécaniquement augmenter» car «le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu’avant», souligne Mathieu Plane. «C’est très important d’être crédibles pour garantir un financement bon marché» des investisseurs. Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s’est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.
Comité d’alerte
Mais la tâche s’annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l’Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d’une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029. Le redressement des finances publiques est d’autant plus complexe que le gouvernement, en quête d’un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d’éviter les hausses d’impôts.
Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d’alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l’occasion d’annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d’euros d’économies présentées en avril. Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L’Insee, elle, table sur 0,7%.
Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le gouvernement annoncera de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient.
Likely · Within weeks
Les quatre économistes missionnés par David Amiel rendront leurs conclusions sur des scénarios de redressement des finances publiques.
Very likely · Within weeks
Open Questions
- Quelles seront les nouvelles coupes budgétaires annoncées par le Comité d'alerte ?
- Quelles seront les conclusions des quatre économistes missionnés par David Amiel ?
- Comment le gouvernement évitera-t-il les hausses d'impôts tout en réduisant le déficit ?





