Laurent Wauquiez appelle Bruno Retailleau à se retirer et soutient Édouard Philippe
Quick Look
- Laurent Wauquiez, président des députés LR, a appelé Bruno Retailleau à se retirer de la course à l'Élysée si sa candidature ne décolle pas, tout en déclarant qu'Édouard Philippe "peut incarner l’ordre et le sérieux".
- Cette prise de position a suscité de vives réactions au sein des Républicains et chez les opposants.
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Why It Matters
Laurent Wauquiez, président des députés LR, a créé la surprise en appelant Bruno Retailleau à se retirer de la course à l'Élysée et en soutenant Édouard Philippe. Cette déclaration intervient alors que Retailleau est le candidat officiel des Républicains, adoubé par les militants.
Plutôt discret ces dernières semaines, il est revenu dans le jeu avec fracas. Mercredi, Laurent Wauquiez, le président des députés Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, a déclaré dans Le Figaro que le candidat Horizons, Édouard Philippe, «peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France». Et cela même alors que Bruno Retailleau est le candidat des Républicains dans la course à l’Élysée. Sans le nommer, le député de la Haute-Loire a appelé ce dernier à «se retirer», si sa candidature ne décolle pas dans les sondages.
Interviewé jeudi sur BFM, le maire du Havre s’est félicité de ce supporter inattendu. «J’ai noté qu’il m’encourageait, je ne suis pas sûr que ce soit un soutien. Quand vous êtes en campagne et que votre objectif c’est de rassembler le plus largement cet espace qui va de la droite jusqu’au centre, vous vous réjouissez des soutiens», a déclaré l’ancien premier ministre. Et de poursuivre : «En politique, on gagne quand on fait des additions, pas quand on fait des divisions».
«Un retailliste pressé»
Dès la publication des propos de Laurent Wauquiez, les réactions se sont multipliées sur les réseaux sociaux. Certaines pour le critiquer, d’autres pour l’approuver. Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a estimé que «M. Wauquiez est un retailliste pressé : il se donne dès maintenant à Édouard Philippe. M. Retailleau attendra, lui, l’automne pour le faire et conforter sa place au sein de la macronie». L’allié du RN, Éric Ciotti, appelle sur X son ancienne famille politique à le rejoindre «pour préparer la seule alternance à droite dans l’union» avec son parti l’UDR. Laurent Wauquiez œuvrait, selon ses propres dires, depuis plusieurs mois, à rassembler la droite et le centre, en multipliant les rencontres. Le député avait appelé de ses vœux une grande primaire allant de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux à Sarah Knafo, l’eurodéputée Reconquête.
Mais les internautes ont aussi retrouvé certains propos de l’élu, qui ont mal vieilli. Certains opposants se sont notamment amusés à ressortir une archive, lorsqu’il était candidat à la présidence des LR en avril 2025 face à Bruno Retailleau. Une alliance avec Édouard Philippe ? «Ce ne sera jamais le cas et je n’en veux pas. Ma réponse est d’une clarté totale. Il n’y a pas d’ambiguïtés», lançait-il alors sur Europe 1/CNEWS.
Levée des LR
Au sein des Républicains, le vice-président du parti, Julien Aubert, est lui aussi monté au créneau. «C’est une interview qui sème le désordre, ce qui ne fait pas sérieux. Un ancien président des Républicains n’a pas le droit de s’asseoir sur le vote massif des militants», regrette l’ancien député. En avril dernier, Bruno Retailleau avait été adoubé à plus de 73% par les adhérents pour porter les couleurs du parti dans la course à l’Élysée. «Si dix années d’opposition au macronisme conduisent Laurent Wauquiez à imaginer soutenir son héritier, alors je ne le reconnais plus», grince Julien Aubert.
Même consternation du côté du sénateur LR de l’Oise, Olivier Paccaud. «Les dernières déclarations de Laurent Wauquiez sont incompréhensibles et profondément regrettables», avance-t-il dans un communiqué. Et de poursuivre : «Les procès d’intention, les attaques personnelles ou les spéculations sur de prétendues négociations de postes n’élèvent pas le débat. La droite n’a pas besoin de destructeurs de possible dans son propre camp». Lors du premier grand raout de Bruno Retailleau au Parc floral de Vincennes, le 20 juin, Laurent Wauquiez était absent.
«Ambitions personnelles»
Au Sénat, où Bruno Retailleau a longtemps présidé le groupe LR, les réactions ne se sont pas fait attendre. Invité de Public Sénat ce jeudi, la sénatrice LR Agnès Evren, a tenu à réaffirmer son soutien au candidat des LR. «Nous n’allons pas mettre notre drapeau dans la poche. Bruno Retailleau porte le drapeau des Républicains». Quant au sénateur, Max Brisson, il jugeait sur LCI ce jeudi que «les grands discours de fermeté finissent souvent par se fracasser sur les ambitions personnelles».
Open Questions
- Bruno Retailleau va-t-il se retirer de la course à l'Élysée ?
- Quelles seront les conséquences pour l'unité des Républicains ?
- Laurent Wauquiez va-t-il être sanctionné par son parti ?





