Le changement climatique menace le patrimoine culturel britannique
Quick Look
- Le changement climatique pose de nouveaux défis pour la conservation du patrimoine culturel britannique.
- Les musées et sites historiques sont confrontés à des températures extrêmes et des inondations, nécessitant des adaptations structurelles et technologiques pour préserver les collections et les bâtiments.
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Why It Matters
Le changement climatique entraîne des vagues de chaleur et des précipitations extrêmes qui affectent le patrimoine culturel britannique. Les bâtiments anciens, construits pour des conditions climatiques passées, sont particulièrement vulnérables.
L’an dernier, au cours d’un épisode de fortes chaleurs, les équipes du Grant Museum of Zoology avaient constaté qu’un bocal contenant le corps d’un chat tigré conservé depuis près de deux siècles avait éclaté sous l’effet de la pression thermique.
Depuis, dans ce musée universitaire fondé par Robert Edmond Grant, le mentor de Charles Darwin, des capteurs connectés permettent d'alerter en temps réel les employés quand l'un des spécimens en vitrine est soumis à une trop forte chaleur. Une surveillance rapprochée des vitrines dont le personnel espère désormais éviter de nouveaux dégâts en identifiant à temps les pièces devant être déplacées.
«Ces pièces sont extrêmement précieuses pour nous», explique Tannis Davidson, la directrice de cette collection de 100.000 spécimens couvrant les principaux groupes du règne animal. L'objectif étant de les conserver pour les 200 prochaines années au moins. Mais cette tâche semble progressivement se complexifier par de «nouveaux défis, liés au changement climatique et aux périodes prolongées de fortes températures à l'intérieur de nos espaces», met en garde Mme Davidson.
Structures inadaptées
Pour Emma Howard Boyd, présidente de la Commission nationale sur les risques engendrés par la chaleur, le secteur culturel subit désormais les «effets directs» de cette réalité.
La canicule de fin juin a d’ailleurs contraint plusieurs musées et sites touristiques de Londres à fermer temporairement. Depuis lundi, le pays connaît sa troisième vague de chaleur, sans que l’agence météorologique Met Office n’anticipe cette fois de nouveaux records.
A contrario, le Royaume-Uni a enregistré six de ses dix années les plus pluvieuses depuis 1998, selon l’agence. Tandis que les œuvres d'art exigent un contrôle rigoureux de la température et de l'humidité, souligne Claire Teasdale, du National Trust, l'organisme chargé de la protection du patrimoine britannique.
« On a un climat plus humide et plus de phénomènes météorologiques extrêmes, ce qui affecte l’ensemble de notre patrimoine», note Mme Teasdale, qui gère les collections de Cragside, un manoir du XIXe siècle situé dans le nord-est de l’Angleterre, abritant notamment des œuvres des peintres britanniques William Turner et John Everett Millais.
La grande problématique de cette nouvelle réalité climatique qui semble se dégager est que bon nombre de ces édifices patrimoniaux, comme ce manoir ont été construits pour résister aux «niveaux de précipitations de l’époque victorienne et non à ceux du XXIe siècle», explique-t-elle.
En octobre 2023, le Museum of Making à Derby a ainsi subi de graves inondations lors de la tempête Babet. Si les collections ont été épargnées, les dégâts sur le bâtiment se sont élevés à plus de 100 000 livres (environ 118 000 euros),contraignent le site à fermer trois mois.
«Capteurs de vent»
Selon Emma Howard Boyd, autrice d’un rapport commandé par le maire de Londres Sadiq Khan sur la préparation de la capitale aux conditions météorologiques extrêmes, « les vagues de chaleur se terminent souvent par des inondations soudaines en raison de précipitations intenses».
John Calautit, enseignant en développement durable à l'University College de la capitale britannique, estime que la solution ne réside pas dans l'installation de climatiseurs mais par une meilleure adaptabilité des édifices. Ainsi, il préconise l’usage de «capteurs de vent», une technique inspirée des «bâdguirs» (tours à vent) que l'on trouve principalement dans les pays du Moyen-Orient. Ces systèmes «se fixent sur le toit pour attraper l'air frais en hauteur et le propulser naturellement à l'intérieur du bâtiment, tout en évacuant l'air chaud», souligne-t-il. Comme le rappelle Emma Howard Boyd, les musées doivent explorer toutes les pistes pour faire face au changement climatique et devenir des lieux refuges contre la chaleur.
Open Questions
- Quels financements seront alloués pour adapter le patrimoine ?
- Quelles technologies seront privilégiées pour la conservation ?
- Quel sera l'impact à long terme sur le tourisme culturel ?




