Le Master, nouveau Baccalauréat : la promesse brisée de la réussite
Quick Look
- Le Master, autrefois gage de réussite, est devenu une norme sociale dont la valeur s'érode.
- L'augmentation du nombre de diplômés et la difficulté à trouver une alternance remettent en cause le pacte méritocratique, créant un sentiment d'échec chez les étudiants.
AI-generated summary
Why It Matters
The article discusses the evolving perception and reality of Master's degrees in France, highlighting how they have become a social norm rather than a guarantee of success. It points to an increase in graduates and difficulties in securing 'alternance' (work-study) placements, questioning the meritocratic promise of higher education.
Avril 2025. Une journée de printemps, au jardin du Luxembourg [à Paris]. Deux étudiants, assis sur les chaises défraîchies du parc, évoquent leur prochain voyage de fin d’études en Asie du Sud-Est. « Ça me prend la tête de prendre un billet retour. J’ai envie de vivre un peu, peut-être une année de césure… » ; « Pour moi, compliqué vis-à-vis de mes parents, qui m’ont aidé financièrement. Maxi trois mois. » J’apprendrai plus tard qu’ils terminent tous deux leur master de sciences de gestion. Deux trajectoires semblables en apparence. L’un hésite à rentrer, l’autre s’y oblige. Mais ni l’un ni l’autre ne semblent pressés.
Faire un master n’est plus vraiment un choix. C’est une norme, une injonction sociale qui tient de moins en moins ses promesses et fissure le pacte méritocratique : travailler dur, obtenir un diplôme, et la réussite suivra. Le constat est sans appel. Le nombre de diplômés de niveau bac + 5 a augmenté de 80 % entre 2006 et 2023, selon le ministère de l’enseignement supérieur. A vouloir démocratiser l’accès au diplôme, au nom de l’égalité des chances, on a obtenu l’inverse de l’effet escompté. Ainsi, le master est devenu le nouveau baccalauréat, un ticket d’entrée dont la valeur s’érode à mesure qu’il se généralise.
Trouver une alternance, ce sésame censé réconcilier formation et emploi, est de plus en plus difficile. Plusieurs filières sont saturées, le marché peine à suivre, et, faute de mieux, beaucoup d’étudiants acceptent un second choix : une entreprise qui ne les enthousiasme pas, un secteur par défaut, avec, à la clé, une expérience qui débouche de moins en moins sur une embauche. L’entreprise préfère souvent recruter un nouvel alternant plutôt que de titulariser celui qui part ; quant à l’étudiant, il ne souhaite pas toujours rester. Un double constat d’échec silencieux.
En amont, il y a là une industrie encore mal nommée. Pour certaines écoles de commerce, l’alternance s’est aussi transformée en modèle économique. Elle permet à des étudiants de financer leur écolage grâce au salaire versé par l’entreprise d’accueil. Le jeune travaille, l’école perçoit les frais de scolarité, et l’entreprise profite d’une main-d’œuvre qualifiée à coût réduit.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Continued erosion of the perceived value of Master's degrees, leading to increased student dissatisfaction and potential policy changes.
Likely · Medium term
Increased pressure on educational institutions to demonstrate the tangible career outcomes of their Master's programs.
Very likely · Medium term
Potential reforms to the 'alternance' system to ensure better graduate integration into the workforce.
Possible · Long term
Open Questions
- What specific measures could be taken to improve the value of Master's degrees?
- How can the 'alternance' system be reformed to better serve students and companies?
- What are the long-term economic and social consequences of this 'diploma inflation'?
- Are there specific sectors or types of Master's degrees that are more or less affected?





