Le PTC, une drogue de synthèse 200 fois plus puissante que le cannabis, fait des ravages chez les jeunes
Quick Look
- Le PTC, ou "Pète ton crâne", une drogue de synthèse 200 fois plus puissante que le cannabis, provoque de graves intoxications et des décès chez les jeunes en France, ciblant collèges et lycées via les réseaux sociaux.
- Ryan, 20 ans, témoigne des ravages de cette substance difficile à détecter.
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Why It Matters
Le PTC, une drogue de synthèse surnommée "Pète ton crâne" ou Spleen, est 200 fois plus puissante que le cannabis et classée stupéfiant depuis 2017. Elle est vendue facilement aux jeunes via les réseaux sociaux.
À première vue, cela ressemble à du liquide à cigarettes électroniques traditionnelles. Mais il s'agit en réalité d'une drogue dure surnommée PTC, diminutif de "Pète ton crâne". Quelques bouffées suffisent à plonger le fumeur dans un état second, comme un jeune homme, filmé par l'un de ses amis, hilare. À peine conscient, il tient difficilement debout.
Une équipe de France Télévisions l'a retrouvé à la sortie d'un hôpital, où il est désormais pris en charge. Il a 20 ans, s'appelle Ryan. S'il accepte que France Télévisions diffuse la vidéo, c'est pour alerter sur les ravages du PTC. "J'avais consommé énormément, j'arrivais pas à me contrôler, je ne savais pas ce que je disais. Ça me fait mal au cœur de me voir dans des états comme ça, parce que je me demande pourquoi j'ai fait ça et pourquoi j'ai fumé ça. J'ai commencé en bas de chez moi, j'ai tiré deux, trois taffes, et je suis devenu très vite accro", raconte-t-il.
Durant un an, il fume du PTC en cachette dans sa chambre. Une longue descente aux enfers. "Je devenais agressif à cause de ça. J'ai commencé à faire des convulsions et des malaises et j'ai vu mes parents souffrir et pleurer. C'est là où je me suis réveillé, je me suis dit que je devais arrêter ce que je fumais, et m'en sortir au plus vite", poursuit-il.
Impuissante, sa mère, qui souhaite rester anonyme, l'a vu progressivement sombrer. Depuis six mois, Ryan a décroché, mais les séquelles sur sa santé sont nombreuses. "Il était sportif, il aimait la musique, et là, il a tout perdu. Il n'a plus cette envie de faire quoi que ce soit. Il n'y a aucune envie. Les médicaments l'empêchent de travailler. Moi, j'ai mis ma vie professionnelle de côté pour accompagner mon fils. C'est pire qu'un poison. Cette drogue l'a détruit", dénonce-t-elle.
Extrêmement nocif, le "Pète ton crâne", appelé aussi la Spleen, est classé produit stupéfiant depuis 2017. Incolore, inodore et 200 fois plus puissant que le cannabis, cette drogue de synthèse inonde collèges et lycées français : 500 intoxications répertoriées depuis 2025, dont deux décès. Sept victimes sur dix avaient entre 13 et 18 ans. Sur les réseaux sociaux, des dizaines de comptes en proposent. Pour 10 euros la fiole, ils vendent sa consommation comme un art de vivre. L'équipe de France Télévisions a échangé avec un dealer qui dit fabriquer lui-même le mélange. "Je la fais moi-même. J'ai trois molécules différentes", dit-il. Quelle est la différence ? "Les effets. Ça rend euphorique, tu rigoles à mort, tu te sens léger. Livraison gratos", poursuit le dealer.
La cible des vendeurs sont les jeunes, qu'ils n'hésitent pas à démarcher directement sur leur compte Snapchat, comme le montrent ces lycéens. "Ils demandent ce que tu veux acheter, [disent] je te donne l'offre, la livraison gratuite. Parfois, ça donne envie de l'acheter parce que ce n'est pas cher. Il n'y a pas d'odeur, c'est très facile à cacher", détaille l'un d'eux.
Un lycéen en a consommé à son insu lors d'une soirée, en vapotant la cigarette d'un autre. Elle contenait du PTC, et l'effet a été immédiat. "Je ne comprends pas ce qui m'arrive, j'ai la tête qui tourne, j'arrive pas à marcher. Je tombe contre le mur, mes potes me rattrapent, ils ne comprennent pas ce qui se passe, ils commencent à avoir peur. J'ai senti les effets pendant 15-20 minutes. Maintenant, je suis grave vigilant sur quelle puff je tire", confie-t-il.
En plus de ressembler à de l'eau, les enquêteurs rencontrent une difficulté supplémentaire : le produit est très difficile à identifier. "Les tests stupéfiants qu'on utilise, qui permettent d'identifier les molécules de l'ecstasy, de la cocaïne, du cannabis, ne nous permettent pas, avec la salive, d'identifier la molécule de synthèse des cannabinoïdes de synthèse", commente Agathe Foucault, porte-parole de la police nationale. Aujourd'hui, seule l'analyse du liquide en laboratoire permet de confondre les consommateurs et les fabricants de Pète ton crâne.
Open Questions
- Comment les dealers s'approvisionnent-ils en molécules de synthèse ?
- Quelles sont les mesures concrètes pour bloquer les ventes sur les réseaux sociaux ?
- Quels sont les effets à long terme du PTC sur la santé ?



