Le quotidien d'un magistrat face aux violences sur mineurs
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Un magistrat du parquet de Béthune fait face à un flux constant de dossiers de violences sur mineurs, incluant agressions sexuelles, inceste et violences intrafamiliales, soulevant des questions sur les moyens et la priorisation des cas.
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Why It Matters
Le quotidien d'un magistrat est marqué par un flux constant de dossiers de violences sur mineurs, incluant des cas d'agressions sexuelles et de violences intrafamiliales. La question des moyens face à l'ampleur de ces contentieux est centrale.
« On a bien fait de l’interpeller tout de suite. » Alors que son écran clignote d’appels venus des commissariats alentour, jeudi 11 juin, le magistrat chargé de la permanence téléphonique du parquet de Béthune (Pas-de-Calais) prend quelques secondes pour souffler. Un policier vient de lui rendre compte de la garde à vue d’un homme soupçonné d’agressions sexuelles sur mineurs : un orthophoniste accusé par un enfant de 5 ans de « guilis » sur le sexe et l’anus au cours d’une consultation. La plainte à peine enregistrée, le substitut du procureur a envoyé les policiers au cabinet. Cinq petits patients de moins de 10 ans ont été entendus dans la foulée. Tous ont évoqué des violences à caractère sexuel. « Qui sait combien de victimes il y a », soupire le magistrat.
Parmi les 16 gardes à vue en cours que compte son tableau, ce jour-là, les violences intrafamiliales sont ultra-majoritaires, l’inceste prépondérant. Ici, un beau-père est accusé d’avoir touché les fesses et léché la poitrine de sa belle-fille de 14 ans ; là, un homme a menacé sa femme de l’égorger avec ses enfants ; là encore, un père a mis des coups de balai à son fils de 17 ans… A peine le temps de raccrocher après avoir prolongé la garde à vue d’un homme accusé de viol sur ses deux cousines, que le substitut doit répondre à l’appel suivant. « Je vous écoute. »
A quoi ressemble le quotidien d’un magistrat qui suit les dossiers de mineurs en danger ? Comment protéger les enfants victimes de violences dans un contentieux devenu « masse » ? Comment identifier ce qui est prioritaire quand tout l’est, mais que les moyens font défaut chez les enquêteurs, à l’aide sociale à l’enfance et dans l’ensemble de la chaîne pénale, du greffier au juge des libertés et de la détention, en passant par l’instruction et le parquet ?
Open Questions
- Combien de victimes y a-t-il réellement ?
- Comment identifier les priorités avec des moyens limités ?
- Comment protéger efficacement les enfants victimes ?






