Loi de réparation pour les enfants réunionnais déplacés : une étape vers la reconnaissance
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Le Parlement français a adopté une loi de réparation pour plus de 2 000 enfants réunionnais déplacés en métropole entre 1962 et 1984, reconnaissant les torts de l'État dans cette politique controversée.
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Why It Matters
Entre 1962 et 1984, 2 015 mineurs réunionnais ont été déplacés vers 83 départements français dans le cadre d'une politique visant à répondre à la croissance démographique et à repeupler des zones rurales.
Une nouvelle pierre mémorielle dans un long chemin de reconstruction", pour plus de 2 000 enfants arrachés à leurs terres. Dans l'émotion, le Parlement a approuvé, mardi 16 juin, l'adoption définitive d'une loi de réparation au bénéfice de mineurs réunionnais déplacés dans l'Hexagone, entre 1962 et 1984. Avec un vote unanime au Sénat, quelques mois après un vote identique à l'Assemblée nationale, le Parlement français entend reconnaître les torts de l'Etat dans ce scandale du 20e siècle.
Entre 1962 et 1984, 2 015 mineurs ont été déplacés de La Réunion vers 83 départements hexagonaux, principalement ruraux. Cette politique visait officiellement à répondre au doublement de la population réunionnaise en trente ans, et à repeupler des zones rurales comme la Creuse, le département ayant accueilli le plus d'enfants. Dans les faits, ce furent des jeunesses interrompues soudainement, des changements d'état civil brutaux, voire des maltraitances ou humiliations à l'origine de profonds traumatismes pour ces enfants, initialement placés au sein de l'Aide sociale à l'enfance.
Un "texte de justice et de dignité"
En résumé, "des milliers de trajectoires bouleversées par l'exil, par la séparation des familles, par la rupture brutale avec une terre, avec une langue, avec une filiation", a détaillé la ministre des Outre-Mer, Naïma Moutchou. Elle a salué l'adoption d'un "texte de justice et de dignité", qui touche aux "parts d'ombre" de l'histoire de France. Elue de La Réunion, la socialiste Audrey Bélim a aussi souligné la situation des proches de ces enfants, "des parents qui ont attendu en vain le retour de leurs enfants et des familles marquées pour toujours par le silence, l'incompréhension et parfois la honte".
Le texte prévoit notamment la création d'une commission pour la mémoire et l'institution d'une journée nationale d'hommage le 18 février. Il permet aussi l'ouverture d'un droit à réparation, sous forme d'allocation forfaitaire versée par un fonds mis en place par l'Etat.
Open Questions
- Quel sera le montant de l'allocation forfaitaire ?
- Comment sera gérée la commission pour la mémoire ?





