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Mort d'un streamer en direct : deux autres mis en examen
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Le Figaro Économie1d agoCrime3 min readFrance

Mort d'un streamer en direct : deux autres mis en examen

Quick Look

  • Près d'un an après la mort de Raphaël Graven, alias "Jean Pormanove", lors d'une diffusion en direct sur Kick, le procès de deux autres streamers, Owen Cenazandotti et Safine Hamadi, s'ouvre à Nice.
  • Ils sont jugés pour leur participation à des défis dangereux et humiliants.

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Why It Matters

Le 18 août 2025, le streamer Raphaël Graven, alias "Jean Pormanove", est décédé lors d'une diffusion en direct sur la plateforme Kick, après avoir participé à des défis dangereux et humiliants.

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L’affaire avait fait grand bruit l’été dernier. Le 18 août 2025, Raphaël Graven, surnommé «Jean Pormanove» ou «JP», est mort au cours d’une vidéo diffusée en direct sur la plateforme Kick. Près d’un an plus tard, l’affaire refait surface. Ce lundi 6 juillet, le procès d’Owen Cenazandotti, alias «Naruto», et de Safine Hamadi, dit «Safine», s’ouvre en effet devant le tribunal correctionnel de Nice.

Ces deux streamers apparaissaient régulièrement aux côtés de Raphaël Graven et réalisaient des défis, à la fois dangereux et humiliants. Pendant plusieurs jours avant le décès de leur compère, les caméras ont tourné quasiment sans interruption, retransmettant leur quotidien à des milliers de spectateurs, dont les dons rythmaient la diffusion. Jusqu’à la mort, dans son sommeil, de celui qui était surnommé Jean Pormanove, 46 ans, dans la nuit du dimanche 17 au lundi 18 août 2025, à Contes, près de Nice. La diffusion en direct montrait alors le quadragénaire allongé sans vie sur un matelas, recouvert d’une couette. D’autres hommes semblaient ensuite se réveiller à ses côtés, lui parler, jusqu’à lui envoyer une bouteille en plastique. «Il est vraiment dans une position chelou», entendait-on dans la vidéo, avant que la diffusion ne soit coupée.

Jean Pormanove s’était lancé sur les réseaux sociaux cinq ans auparavant, d’abord en se filmant en train de jouer à des jeux vidéo. Ses contenus avaient ensuite évolué vers des défis dangereux. Quelques jours avant son décès, il venait de terminer «10 jours et nuits de torture», marqués par des violences physiques extrêmes et l’ingestion de produits supposément toxiques. Au fil des ans, l’influenceur s’était forgé une solide communauté, suivi par plus de 143.000 personnes sur Instagram, près de 670.000 sur Twitch et plus de 580.000 sur TikTok.

«Un business de l’humiliation»

Les enquêteurs ont estimé que Raphaël Graven était devenu la principale cible des séquences diffusées. Les vidéos montraient des insultes, des moqueries, mais aussi des coups, des tirs de paintball et d’autres actes de violence ou d’humiliations. C’est précisément sur ces faits que devront se prononcer les juges niçois. Pendant plusieurs jours, les débats s’appuieront sur des centaines d’heures de vidéos, de messages et d’échanges saisis au cours de l’enquête afin de déterminer si les limites du divertissement en direct ont été franchies au point de constituer des infractions pénales.

Quelques mois avant le décès de Jean Pormanove, une enquête de Mediapart dénonçait déjà un «business de l’humiliation». Nos confrères avaient dénoncé l’existence de vidéos diffusées en direct dans lesquelles Jean Pormanove et une autre personne handicapée subissaient des humiliations. «Naruto» et «Safine» avaient alors contesté toute infraction et nié les faits lors d’une garde à vue en janvier dernier.

Quelques heures après la mort de Jean Pormanove, Owen Cenazandotti avait présenté ses condoléances sur Instagram et son avocat avait assuré que son client n’avait «aucune responsabilité» dans le décès, tout en annonçant son intention de déposer plainte pour cyberharcèlement. Clara Chappaz, alors ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, avait de son côté annoncé avoir saisi l’Arcom, effectué un signalement sur Pharos et demandé des explications à la plateforme Kick, dénonçant une «horreur absolue».

Open Questions

  • Les accusés seront-ils reconnus coupables ?
  • Quelles seront les sanctions ?
  • La plateforme Kick sera-t-elle tenue responsable ?

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This article was originally published by Le Figaro Économie.

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