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Notre Salut: A Radical Film on Vichy Collaboration
Culture
France Info5/23/2026Culture6 min readFrance

Notre Salut: A Radical Film on Vichy Collaboration

Actor Swann Arlaud discusses Emmanuel Marre's Cannes film, exploring ordinary people's involvement in Nazi crimes through his great-grandfather's story.

Quick Look

  • Actor Swann Arlaud describes "Notre Salut," a radical film at Cannes exploring Vichy-era collaboration.
  • Director Emmanuel Marre used family correspondence and archival research to create a fiction about ordinary individuals, like Arlaud's great-grandfather Henri Marre, caught in historical events without knowing the outcome.

AI-generated summary

Why It Matters

The film "Notre Salut," selected for the Cannes Film Festival, delves into history by examining how certain officials under the Vichy regime collaborated with Nazi crimes. The film is based on the correspondence of the director's great-grandparents during the war.

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Notre Salut, comme de nombreux films sélectionnés cette année au Festival de Cannes, se penche sur l'Histoire. À travers le destin d'un homme, le film montre comment certains fonctionnaires, sous Vichy, en sont arrivés à collaborer aux crimes nazis.

Dans la peau d'Henri Marre, l'arrière-grand-père du réalisateur, l'acteur Swann Arlaud confie à franceinfo Culture son expérience de tournage inédite sous la direction d'Emmanuel Marre, qui signe le film le plus radical de la compétition cannoise.

Franceinfo Culture : Qu'est-ce qui vous a accroché dans le scénario ?

Swann Arlaud : C'est marrant, maintenant j'ai un peu du mal à me souvenir du scénario parce que le film s'en est plus ou moins éloigné. Ce dont je me souviens c'est que j'ai trouvé ça très fort. Emmanuel Marre est parti de la correspondance de ses arrière-grands-parents pendant la guerre, c'était son matériau de départ, et à partir de ça, il a fait des recherches aux archives. Pas uniquement son arrière-grand-père, parce qu'il a trouvé assez peu de choses sur lui, mais sur le commissariat à la lutte contre le chômage (CLC), sur les différents services de l’administration sous Vichy, et à partir de tout ça, il a écrit une fiction. Il a imaginé des scènes directement à partir de ce matériau. J'ai pensé que le scénario était dément parce que je me suis dit qu'on n'avait jamais regardé l'histoire comme ça. C'est-à-dire vraiment à l'endroit des gens ordinaires et dans une histoire dont on ne connaît pas la fin. Donc à la lecture du scénario, j'ai été très impressionné et en même temps, j'avais l'impression que le personnage n'était pas moi du tout.

Comment vous le définiriez, ce personnage d'Henri Marre ?

C'est un homme assez ordinaire qui a une ambition, mais le costume est trop grand pour lui. Au fond Henri est une sorte de minable. C'est un personnage qui se trompe tout le temps. À aucun moment il ne s'arrête et il se dit, je n'ai pas réfléchi, j'ai été couillon. Même à la fin, quand ça devient évident, au lieu de retourner sa veste (je ne dis pas que ça le rendrait plus sympathique), il s'enferre. C'est étonnant et ça pose une question. En fait, c'est passionnant d'aborder un personnage avec une anomalie, avec une question sans réponse. Je pense qu'il y a de la sincérité dans sa ferveur, mais il y a aussi un peu d'opportunisme. Il n'est pas clair. Il est assez opaque. C'est hyper intéressant d'aborder le personnage comme ça. Je trouve plus intéressants les personnages qu'on prend comme ça par en bas, qu'on prend en creux, que les héros qui font des trucs un peu grandioses, qui sont fascinants.

Comment s'est passé le tournage ? Est-ce que tout était écrit ou est-ce que vous avez improvisé ?

Il y avait quand même un scénario qui était assez dense. Tout était écrit. Par contre, il nous a dit dès le départ que le scénario était une base de travail, et de ne rien apprendre, de ne pas apprendre les textes. Donc je n'ai presque rien appris à part le discours de la fin. Pendant le tournage, il a écrit les scènes. On s'installe dans le décor et iI commence à filmer, et puis, ça dure. Il filme pendant 20 minutes. Mais il ne découpe pas. Il ne change pas d'axe. Il ne fait pas de contrechamp. Il filme comme en documentaire. Et vingt minutes après, il coupe, et à partir de là, petit à petit, on construit. Lui et son frère ont effectué un tel travail de recherche qu'ils avaient énormément de documentation pour tout. Au tournage, Emmanuel nous donne donc des éléments de langage, mais on parle comme on parle. Et forcément, ça nous met à un endroit de vérité et de fragilité. Donc, on se retrouve dans un drôle de truc, dans lequel on accepte d'être nul, on accepte de ne pas être intelligent, on accepte d'être moche. Je pense qu'il m'a fallu une semaine pour m'adapter. Et le fait d'accepter de se tromper, ça fait que parfois, quand une chose sort de tout ça, elle est vraie. Et c'est formidable.

C'est ce qui donne ce côté très naturaliste au film ?

Moi-même, je suis impressionné. En voyant le film, je me dis mais comment il a fait. En fait, il a mis en place finalement quelque chose qui, au bout du compte, est quand même assez précis. Alors que nous, on flottait. Je n'avais jamais travaillé comme ça. C'est extraordinaire. Et en plus, il y avait un truc assez artisanal. On était une petite équipe, on tournait en lumière naturelle, avec une petite caméra. On était léger. Et donc, tout le monde portait le film, à tous les postes. C'est vrai, il y avait un souffle qui venait du fait de se lancer, comme ça, sans savoir où on va. Et puis Emmanuel, il adore tous les trucs, les petits accidents, tous les trucs qu'on rate. Je crois que j'ai travaillé avec ces questions que je me suis posées au départ sur ce personnage. Pourquoi il agit comme il agit, qu'est-ce qu'il a dans la tête. Et le fait que j'étais perdu parfois sur le plateau, à ne pas savoir quoi répondre, à ne pas savoir quoi dire, comme dans la vraie vie, c'est ça qui a construit le personnage finalement. Et donc voilà, en fait Henri je ne l'ai compris qu'en voyant le film ici à Cannes.

C'est ça qui donne une sorte de vérité à ce film ?

Oui je pense que c'est son talent de réalisateur, en tout cas, d'arriver à mettre en place un dispositif comme ça. Mais ce n'est pas systématique, ce n'est pas tous les jours pareil. Parfois, on arrive et on est deux personnages et il dit, allez-y, je vous filme un peu, marchez dans l'espace, mais vous ne parlez pas. Puis ça dure. Puis à un moment, il dit, allez-y, vous pouvez parler. Mais pendant ce temps-là, on s'est installés quelque part. Là où on s'installerait, nous, dans un espace. Il laisse le temps. Le matin, par exemple, on arrive et ça traîne un peu. On ne sait pas très bien ce qui se passe. Donc nous, inévitablement, on choisit une place quelque part. On va boire un café, on va discuter avec quelqu'un, on s'assied, on fait un petit somme. Et très souvent, il dit, on part de là.

C'est un peu comme s'il fondait la fiction dans le réel ?

Oui, dans ses références, il y a Peter Watkins. Il cherche vraiment. Et c'est pour ça que beaucoup de personnages, dans la soirée au début, sont des vrais énarques, des vrais polytechniciens. Les petits patrons, ce sont des vrais petits patrons. En fait, il va chercher des gens, parfois, qui ont des métiers qui correspondent à ce qu'ils doivent jouer là. Et pareil, on improvise. Et c'est dingue ce qui en sort. Parce qu'en fait, les gens ont les réflexes de leur métier à eux, de leurs habitudes, qui sont souvent surprenantes, mais plus vraies que ce qu'on pourrait écrire en fiction.

On a vraiment l'impression de vivre cette histoire au présent, en direct, comme ça s'explique ?

Je ne sais pas mais en tout cas je sais que c'était ce qu'Emmanuel cherchait. Il voulait montrer qu'eux, que les gens ne connaissaient pas la fin de l'histoire. Et je pense que c'est ce qu'il a vu dans la correspondance. Les gens ne savaient pas. Ils n'avaient pas les livres d'histoire. Ils n'avaient pas la fin. Et donc, je crois que c'est ce qu'on n'a eu de cesse pendant le tournage, d'avoir à l'esprit.

Open Questions

  • What specific archival research led to the film's narrative?
  • How did the director's personal connection to the story influence the filmmaking process?
  • What was the reception of the film at the Cannes Film Festival?
  • What are the broader implications of exploring collaboration through the lens of ordinary individuals?

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This article was originally published by France Info.

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