Pénurie de médecins : "La solution, c'est de penser le parcours de soins des patients autrement"
Quick Look
Un rapport révèle que près de deux tiers des Français ont renoncé à chercher un rendez-vous médical dans les douze derniers mois en raison du manque de médecins et des délais d'attente longs.
AI-generated summary
Why It Matters
La France est confrontée à une pénurie de médecins, notamment en dermatologie.
Face au manque de médecins et de délais d'attente toujours longs, "la solution c'est de penser le parcours de soins des patients autrement", estime mardi 19 mai sur ICI Paris Île-de-France Luc Sulimovic, dermatologue et membre du comité de pilotage de l'étude Doctolib/Fondation Jean Jaurès, publiée mardi et révélée en co-exclusivité par le réseau ICI.
À lire aussi
Ce rapport qui expose des cartes de France par profession libérale montre aussi que près de deux tiers des Français ont renoncé à chercher un rendez-vous médical dans les douze derniers mois. "Il y a une baisse globale du nombre de médecins, et particulièrement de dermatologues. On n'a pas formé assez de médecins et pas assez de dermatologues", constate Luc Sulimovic. Le nombre de dermatologues a baissé de "18% entre 2016 et 2026, et cette baisse est encore plus importante au niveau de la région Île-de-France" ajoute-t-il.
Des "équipes de soins spécialisés" en attendant de nouveaux médecins
Luc Sulimovic estime qu'il faut dès maintenant "repenser le parcours de soins des patients pour être beaucoup plus efficients". Depuis quelques années, des "équipes de soins spécialisés" sont, par exemple, expérimentées, notamment en Île-de-France. "Des médecins généralistes volontaires envoient à des dermatologues également volontaires des clichés pour expertise, quand ils voient un patient pour une lésion qu'ils pensent suspecte", décrit le dermatologue. Les spécialistes diront ainsi si le patient doit être vu par un dermatologue, ou non. "Nous avons des statistiques maintenant, puisque nous avons, en Île-de-France, au niveau de cette équipe de soins, un recul de trois ans", livre-t-il.
"Il y a une prise en charge d'un mélanome en huit jours grâce à ce système-là."
Luc Sulimovic, dermatologue
à franceinfo
Le dermatologue souhaite donc que ces équipes de soins "se développent sur l'ensemble du territoire, et pas seulement pour la dermatologie, mais aussi pour les autres spécialités", de manière "transitoire, en attendant qu'effectivement les pouvoirs publics augmentent le nombre d'internes".
Par ailleurs, il rappelle qu'un "quart des contrats emploi retraite, c'est-à-dire des médecins retraités continuent une activité en Île-de-France partielle ou entière". Selon lui, "les médecins aussi sont particulièrement investis pour continuer leur activité" car "ils sont conscients que les patients ont du mal à trouver un rendez-vous". Même si le solde de spécialistes se "corrige", "les effets ne se feront sentir que dans dix ans, prévoit le Dr Luc Sulimovic. Il faut donc trouver quand même des solutions en attendant", rappelle-t-il.
Open Questions
- Quelles sont les causes de la pénurie de médecins en France ?
- Comment les pouvoirs publics comptent-ils résoudre ce problème ?



