Pump.fun licencie des employés avant le déblocage de leurs tokens, suscitant la controverse
Quick Look
- Pump.fun, plateforme de memecoins sur Solana, a licencié plus de quarante employés en deux vagues, juste avant le déblocage de leurs allocations de tokens PUMP.
- Cette coïncidence temporelle, documentée par Sandmark, soulève des questions sur les pratiques RH de l'entreprise et sa gestion des coûts.
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Why It Matters
Pump.fun, une plateforme majeure de memecoins sur Solana, a licencié plus de quarante employés en deux vagues, coïncidant avec le calendrier de déblocage de leurs allocations de tokens PUMP, selon une enquête de Sandmark.
Deux mois. C’est l’écart, presque jour pour jour, entre le licenciement de plusieurs dizaines d’employés et le déblocage de leurs tokens PUMP. En effet, une enquête de Sandmark documente une série de départs chez la machine à memecoins de Solana, intervenus juste avant que les allocations en tokens ne deviennent liquides pour les salariés concernés. Le timing, à lui seul, suffit à alimenter la controverse.
Selon Cointelegraph, les premiers licenciements remontent à début avril, deux mois avant que le premier quart de l’allocation en PUMP des employés concernés ne devienne disponible en juin. Un ex-salarié affirme avoir manqué une allocation évaluée à sept chiffres au cours actuel du token. Une deuxième vague a suivi mi-juillet, portant à plus de quarante le nombre de départs sur ces deux derniers mois, selon les témoignages recueillis.
Le cofondateur Noah Tweedale a justifié ces coupes, dans un enregistrement de réunion interne, par une croissance jugée trop rapide de l’équipe. Une explication qui tient debout sur le papier. Sauf que le calendrier, lui, raconte une autre histoire à quiconque connaît le fonctionnement d’un vesting (le déblocage progressif d’une allocation de tokens, généralement étalé sur plusieurs années pour retenir les employés).
Les indemnités de départ, elles, sont restées limitées : une semaine de salaire par mois d’ancienneté. De quoi amortir la sortie, pas de quoi compenser une allocation en PUMP qui ne se débloquera jamais.
« Pumpfun a licencié des employés deux mois avant la date d’acquisition de leurs jetons, selon des documents et des enregistrements obtenus par Sandmark.»
Ce genre d’épisode n’a rien d’isolé dans l’écosystème des plateformes de lancement de tokens. Pump.fun a construit sa réputation, et ses centaines de millions de dollars de revenus, sur la vitesse d’exécution et la culture du risque. La même logique qui a fait le succès commercial de la plateforme semble aujourd’hui se retourner contre ses propres employés.
L’affaire arrive alors que Pump.fun traîne déjà un contentieux ouvert : le cabinet Burwick a intenté une action en justice contre la plateforme, l’accusant de négligence envers les investisseurs ayant subi des pertes. Deux dossiers distincts, deux publics différents, salariés d’un côté, utilisateurs de l’autre, mais un même reproche qui plane : celui d’une structure qui optimise ses coûts et son image au détriment de ceux qui ont contribué à sa réussite.
Sandmark n’a pas pu vérifier de manière indépendante l’affirmation d’un ancien employé selon laquelle son licenciement serait tombé la veille exacte du déblocage de ses tokens. KuCoin, qui a relayé l’enquête, note que la vague de départs coïncide avec le calendrier de vesting sur plusieurs cas distincts. Mais l’accumulation de témoignages concordants, même sans preuve formelle sur chaque cas individuel, pèse lourd dans la balance de la crédibilité.
L’écosystème Solana connaît bien la mécanique du vesting appliqué aux équipes fondatrices et aux premiers employés de projets memecoin. Ce qui change ici, c’est l’ampleur : Pump.fun n’est pas un projet anonyme lancé sur un coin de table, c’est devenu l’un des piliers de revenus de tout l’écosystème Solana, au point d’avoir porté une part significative de la croissance du réseau lors du premier trimestre.
Un pilier qui vacille sur sa gestion interne fragilise plus que sa propre image. Il questionne la solidité des pratiques RH d’un secteur qui a grandi trop vite pour se doter de garde-fous équivalents à ceux de la tech traditionnelle. Reste que la communauté crypto a la mémoire longue sur ce genre de sujet, et Pump.fun devra composer avec cette réputation la prochaine fois qu’elle recrutera.
Open Questions
- Quelle sera l'issue de l'action en justice de Burwick ?
- Comment Pump.fun gérera-t-elle sa réputation future ?
- Y aura-t-il d'autres révélations sur ces licenciements ?







