Raphaël Glucksmann tient un meeting à Aubervilliers, sa candidature pour 2027 en suspens
Quick Look
- Raphaël Glucksmann a tenu un meeting à Aubervilliers, rassemblant plus de 4000 personnes.
- Sa candidature officielle pour la présidentielle de 2027 reste en suspens, l'eurodéputé ayant décidé de prendre trois mois pour se décider.
- Les militants expriment leur impatience et leur soutien.
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Why It Matters
Raphaël Glucksmann, cofondateur de Place publique, organise un meeting à Aubervilliers alors que sa décision de se présenter à l'élection présidentielle de 2027 n'est pas encore officielle. Il s'est donné trois mois pour se décider.
Presque tout y est : les militants avec des drapeaux du parti, pin's jaune fluo sur la chemise ou la robe, le stand de livres avant d'entrer dans la salle, les sièges réservés pour les personnalités… Et même les "Raphaël président !" qui s'échappent de la foule. Raphaël Glucksmann, lui aussi, s'est préparé aux immanquables d'un tel rendez-vous. Avant le meeting, il a été aperçu en train de répéter La Marseillaise, seul sur scène, son entourage lui expliquant comment se tenir et que faire de ses mains. Tous les éléments d'un meeting à la présidentielle étaient donc réunis aux Docks d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), en cette chaude fin d'après-midi du samedi 13 juin. Tous, sauf une chose essentielle : l'orateur du jour n'est pas officiellement lancé dans la course à l'Elysée.
A la fin du mois de mai, le cofondateur de Place publique a choisi de se donner trois mois avant de prendre sa décision. Un timing critiqué, notamment chez ses partenaires à gauche. Pourquoi sortir un livre, Nous avons encore envie, organiser un meeting et répéter qu'il vise la victoire pour le printemps 2027 alors qu'il n'est pas véritablement sur la ligne de départ ? "Ce n'est pas un aveu de faiblesse, mais un aveu de respect pour les autres partis politiques et pour les Français. On veut les convaincre sans les prendre pour des idiots", balaie l'entourage de Raphaël Glucksmann.
Sur place, les militants rencontrés par franceinfo se sont fait à l'idée de laisser passer l'été avant d'entrer dans la bataille pour de bon. "Pendant ce temps-là, on se prépare. On positive", raconte Françoise, militante de Lorient (Morbihan). "On n'a pas le choix", prolonge, quelques mètres plus loin, Archibald, de Paris. Chez les soutiens de l'essayiste converti à la politique, le doute n'est plus vraiment permis : malgré ce retard volontaire à l'allumage, Raphaël Glucksmann sera bien candidat à la rentrée.
"Trois mois, c'est aussi pour montrer qu'on est forts"
Comme il l'a annoncé, l'élu doit profiter de ces trois mois pour "sillonner le pays et proposer un nouveau contrat patriotique", a-t-il défendu sur TF1. "Il vaut mieux préparer quelque chose de solide en amont et l'annoncer ensuite, plutôt que l'inverse", soutient Aurale, l'une des responsables de la mobilisation des jeunes au sein du mouvement. "Partir vite et partir mal, ce n'était pas une solution", abonde Archibald, près de la scène sur laquelle l'eurodéputé s'est hissé après une longue déambulation dans une salle d'"un peu plus" de 4 000 personnes, selon les déclarations de son entourage à franceinfo. Il a ensuite pris la parole pendant un peu plus d'une heure.
Devant ses soutiens, le leader de Place publique a abordé ses thèmes de prédilection (le patriotisme face au Rassemblement national, la transition écologique, l'éducation), en employant à chaque fois le futur et non le conditionnel. Comme pour rassurer sur sa capacité à incarner cette candidature de la gauche non-mélenchoniste, qui tente de dialoguer jusqu'aux déçus du macronisme. Une attitude "nécessaire" dans les prochaines semaines, assurent Archibald et son ami Antoine, alors que l'eurodéputé a brocardé le chef de l'Etat, dénonçant ses "coups de communication et ses discours creux".
"Rassembler toute la France, ça passe aussi par des anciens macronistes."
Antoine, militant de Place publique
à franceinfo
Mais c'est la question du Parti socialiste qui revient très vite dans la bouche des militants. Place publique s'est allié au parti à la rose à deux reprises pour les européennes, en 2019 et 2024. Au dernier scrutin, cet attelage a talonné la candidate macroniste, Valérie Hayer, avec 13,8% des suffrages. Mais depuis deux ans, les relations se sont rafraîchies entre les deux partenaires. Aujourd'hui, la direction du PS refuse de soutenir Raphaël Glucksmann dans la course à l'Elysée, tandis que les opposants à Olivier Faure sont nombreux à voir dans sa candidature une solution pour la présidentielle de 2027, entre Jean-Luc Mélenchon et Gabriel Attal, et alors que le processus de primaire a du plomb dans l'aile. Les Ecologistes, eux, s'écharpent pour savoir quelle stratégie aborder pour le scrutin suprême.
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Méthode Coué ou véritable espoir ? Les militants et les sympathisants veulent profiter de ces atermoiements chez leurs partenaires de gauche pour prendre de l'avance. "Trois mois, c'est aussi pour montrer qu'on est forts. Le PS commence à faiblir", pronostique Archibald. "Nous, nous sommes un parti d'avenir, et cela leur fait peur. Qu'ils se débrouillent avec leur histoire", lance Françoise à l'égard des socialistes, à qui des invitations ont été lancées pour ce meeting. "Ils nous chient dans les bottes et on devrait aller faire le nombre samedi ? On n'est pas des bouche-trous !", s'agaçait une élue PS, mercredi.
La concurrence de François Hollande ? "Place aux jeunes !"
Sur scène, Raphaël Glucksmann n'a pas manqué de lancer un appel au Parti socialiste, qui doit se déterminer sur sa position d'ici à début juillet. "Je sais ce que je dois aux militants du PS. (…) Je sais aussi que nous n'avons pas encore écrit les plus belles pages de notre histoire commune", a lancé le presque candidat, en citant également "les militants écologistes", dont une frange a décidé de le soutenir, comme l'ex-candidat à la présidentielle, Yannick Jadot, présent dans la salle.
Au-delà des macronistes, des socialistes et des écologistes, c'est aux Français que Raphaël Glucksmann a tenté de s'adresser, samedi soir. "Ma détermination est sans faille", a-t-il assuré en conclusion de son meeting. "On sera plus forts à la rentrée parce que les gens vont nous rejoindre", veulent croire Elodie et Najib.
"L'important, c'est de se renforcer pendant ces trois mois, avec du temps pour donner de la crédibilité au projet."
Najib, militant de Place publique
à franceinfo
Certains concurrents de Raphaël Glucksmann pourraient justement tenter de remettre en cause cette crédibilité pendant la période estivale. Comme Jérôme Guedj et Karim Bouamrane, candidats déclarés, Bernard Cazeneuve, qui mûrit son projet pour l'élection présidentielle, ou François Hollande, actuellement en train de "se préparer" pour 2027, selon ses propres mots. "Il y a pris goût, mais bon : place aux jeunes ! Il devrait donner des conseils pour aider les générations suivantes", plaide Françoise à propos de l'ex-chef de l'Etat, en embuscade.
"François Hollande a un bon bilan, mais il a été incapable de maintenir la France derrière lui."
Archibald, militant de Place publique
à franceinfo
Le leader de Place publique doit désormais s'imposer au sein de cet espace, sans passer par une primaire qu'il rejette. "C'est important d'avoir des fondations et ça prend du temps. Trois mois, ce n'est rien", estime Bénédicte, qui avait promis avant le début du meeting de "mettre le feu" pour "lui donner toute la force qu'on peut avoir et le pousser pour ses prochaines étapes".
Si aucun meeting n'est prévu après celui d'Aubervilliers, Raphaël Glucksmann doit continuer à "sillonner la France" pour présenter son livre et ses solutions pour le pays, d'une convention citoyenne sur l'immigration à l'instauration d'un service civique universel et obligatoire, en passant par un "passeport pour l'émancipation". Des axes de campagne, un tour de France et un vrai-faux suspense en vue de la rentrée politique. "Ça va continuer, ce n'est que le début", espère Elodie, "convaincue qu'il va convaincre" malgré les doutes.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Raphaël Glucksmann sera candidat à la présidentielle de 2027.
Very likely · Within months
Open Questions
- Quand Raphaël Glucksmann annoncera-t-il officiellement sa candidature ?
- Quelle sera la position du Parti socialiste face à sa candidature ?
- Comment les autres candidats potentiels réagiront-ils ?





