Retraites : le COR revoit à la hausse son déficit prévisionnel et propose de repousser l'âge de départ
Quick Look
- Le Conseil d'orientation des retraites (COR) prévoit un déficit accru du système de retraite à long terme et suggère de repousser l'âge légal de départ à 67,6 ans en 2070.
- Ces propositions, basées sur de nouvelles hypothèses démographiques (baisse de la natalité, vieillissement), visent à assurer l'équilibre du système.
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Why It Matters
The Conseil d'orientation des retraites (COR) is an independent body tasked with monitoring the viability of the French pension system. Its annual report, due for approval, revises long-term deficit forecasts upwards and proposes measures to address them, including raising the retirement age.
Le sujet est brûlant et pourrait bien orienter les débats dans le cadre de l'élection présidentielle. Dans son projet de rapport annuel, qui doit être approuvé jeudi 11 juin, et dont France Télévisions a eu connaissance, le Conseil d'orientation des retraites (COR) revoit à la hausse sa prévision de déficit à long terme et développe plusieurs propositions pour y faire face.
L'instance indépendante chargée de veiller à la viabilité du système de retraites propose notamment de repousser progressivement l'âge légal de départ à la retraite à 67,6 ans en 2070, alors que la version précédente du rapport proposait, à cette même échéance, un âge de départ à 66,5 ans. Les propositions formulées par le COR, qui avaient déjà provoqué un tollé politique l'année précédente, sont cependant uniquement à "vocation pédagogique" et ne "constituent en aucune manière des propositions de réforme", rappelle-t-il.
Dans le détail, le Conseil d'orientation des retraites propose de repousser l'âge moyen de départ à 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070. D'après ce projet de rapport du COR, l'équilibre du système pourrait ainsi être assuré par ce seul levier de l'âge de départ à la retraite. Sans aucun changement de législation, mais par le simple effet des réformes successives, l'âge moyen de départ à la retraite serait passé de 63,1 ans en 2025 à 64,6 ans en 2070. L'effort demandé par le COR est donc de trois ans supérieur à ce qu'il se serait produit sans intervention politique.
Pour justifier cette préconisation, plusieurs facteurs sont pris en compte par le COR. Le futur rapport est avant tout construit à l'aide d'un nouveau jeu d'hypothèses démographiques élaborées par l'Insee. Le scénario de référence retenu se base ainsi sur un taux de fécondité beaucoup plus bas que prévu : il serait de 1,45 enfant par femme en France à partir de 2028, alors que le précédent tablait sur 1,8 enfant par femme sur la même période.
L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) baisse déjà et s'établit à 1,56 enfant par femme en 2025, soit le niveau le plus faible depuis la fin de la Première Guerre mondiale. De quoi accentuer le vieillissement de la population française et causer une pression durable sur les dépenses de retraites, en augmentant le nombre de retraités par rapport au nombre de cotisants. En d'autres termes, avec la baisse de la natalité, il n'y aurait pas assez d'enfants pour financer le système de retraite.
Le COR appelle cependant à la prudence dans son pré-rapport, les évolutions de la natalité au-delà de vingt ans étant considérées comme complexes à prévoir. Une hypothèse plus défavorable de l'Insee, mentionnée par l'instance indépendante, évoque un taux de fécondité de 1,2 enfant par femme. La plus favorable, lui, s'établit à 1,7. De quoi faire varier grandement les calculs.
L'espérance de vie, elle, continue d'augmenter, actant un peu plus le vieillissement de la population, mais sa croissance est légèrement revue à la baisse par rapport aux dernières estimations de l'Insee. Dans le scénario retenu, l'espérance de vie en 2070 s'établit à présent à 89,5 ans pour les femmes et à 86,7 ans pour les hommes, contre respectivement 90 ans et 87,5 ans auparavant.
Une révision à la baisse qui vient légèrement alléger le poids du financement des retraites. Mais les répercussions économiques de la crise au Moyen-Orient et la suspension de la réforme des retraites de 2023 (dont le coût est estimé à 1,8 milliard d'euros par an jusqu'en 2032) viennent cependant annuler les effets positifs de cette nouvelle hypothèse, précise le COR.
Autre indicateur à prendre en compte, le solde migratoire (différence entre les entrées et les sorties du territoire). Il est revu à la hausse par l'Insee. Cela devrait redonner du souffle au système des retraites, au moins pour un temps, en augmentant la part de population active, et donc des cotisants. Quelque 150 000 personnes sont attendues dès 2026, contre 70 000 par an dans l'ancienne hypothèse.
Une hausse importante qui permet aussi de compenser en partie les conséquences de la suspension de la réforme des retraites et la situation internationale défavorable. Mais selon les projections de l'Insee, après 2037, l'immigration ne suffirait plus à compenser le déficit naturel (entre les décès et les naissances) et le nombre d'habitants en France commencerait alors à décliner.
Enfin, la révision de la trajectoire à 2070 présentée par le Conseil d'orientation des retraites s'explique aussi par de nouvelles règles concernant le régime complémentaire Agirc-Arrco. Ces règles, qui entreront en vigueur en 2038, sont plus favorables pour les assurés que ce qui était précédemment anticipé, et auront donc un coût.
Ces différents éléments démographiques et conjoncturels devraient entraîner une dégradation du déficit du système par répartition, atteignant 2,4% de PIB en 2070 – soit un point de plus comparativement aux précédentes estimations datées de 2025. Et ce déficit sera reparti très différemment, selon les régimes de retraite. La part des dépenses de retraite dans le PIB devrait d'abord rester assez stable durant vingt ans. Puis, à partir de 2045, progresser, jusqu'à atteindre 15,3% en 2070.
Toujours selon les estimations développées par le COR dans son pré-rapport, travailler plus longtemps aurait des effets positifs sur l'économie. L'accroissement d'un an de l'âge d'ouverture des droits provoquerait d'abord une première hausse du chômage, mais pourrait permettre, sur le long terme, de débloquer entre 210 000 et 240 000 emplois supplémentaires du fait de la hausse de l'activité, estime l'instance indépendante.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
The COR's proposals will become a central topic in the upcoming presidential election debates.
Very likely · Within months
The French government will implement measures to address the projected pension deficit.
Likely · Medium term
The retirement age will be gradually increased in France.
Possible · Long term
Open Questions
- What will be the political reaction to the COR's new proposals?
- How will the government choose to address the projected deficit?
- What are the long-term economic consequences of raising the retirement age?
- How will immigration trends evolve and impact the pension system?



