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Sommet du G7 à Évian : le renseignement territorial mobilisé face aux risques de troubles
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France Info6/14/2026World7 min readFrance

Sommet du G7 à Évian : le renseignement territorial mobilisé face aux risques de troubles

Quick Look

  • Le sommet du G7 à Évian, qui débute le 15 juin, sera placé sous haute sécurité.
  • Le renseignement territorial anticipe des manifestations et des actions de militants anti-capitalistes et antimilitaristes, notamment en raison de la proximité avec Genève.
  • La présence de Donald Trump et les tensions internationales (Iran, Ukraine) accentuent les risques.

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Why It Matters

Le sommet du G7 se tient à Évian, en France, sous haute sécurité. Des manifestations sont anticipées par les services de renseignement, notamment en raison de la proximité avec Genève et des tensions internationales.

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C'est une vitrine, une occasion pour un certain nombre d'activistes de se manifester pendant ce sommet puisque le G7 est un symbole du capitalisme", explique dimanche 14 juin à franceinfo Bertrand Chamoulaud, à la tête de la direction nationale du renseignement territorial. Au total, plus de 3 000 agents sont les yeux et les oreilles de la police sur le territoire. Le renseignement territorial sera très mobilisé sur le sommet du G7 qui s'ouvre lundi 15 juin à Évian (Haute Savoie), sous haute sécurité. Dès dimanche, dans l'après-midi, une manifestation est organisée côté suisse, à Genève, où les habitants gardent en tête les émeutes et les pillages lors du G8 organisé à Évian en 2003.

Ce sommet du G7 à Évian doit durer trois jours, réunissant les dirigeants des sept pays membres : la France, l'Allemagne, le Canada, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis, en la présence de Donald Trump. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky participera mardi matin à une session du G7 pour "recréer de la convergence" sur le soutien à l'Ukraine, a indiqué Emmanuel Macron. Il s'agit de la huitième fois que la France accueille le sommet des plus grandes puissances économiques du monde.

franceinfo : Quelles menaces pèsent cette année sur le G7 ?

Bertrand Chamoulaud, directeur national du renseignement territorial : C'est une vitrine, une occasion pour un certain nombre d'activistes de se manifester pendant ce sommet puisque le G7 est un symbole du capitalisme. Des opposants souhaitent contester, et donc on redoute qu'il y ait des manifestations ou des actions qui viennent tenter de perturber, autour d'Évian, ce sommet, et que nous ayons donc à encadrer des activistes, des manifestants qui potentiellement pourraient commettre des violences ou des dégradations.

La situation transfrontalière d'Évian représente-t-elle une difficulté, avec un risque accru de manifestants ou d'activistes venus des pays voisins ?

C'est effectivement une particularité puisque le sommet, en lui-même, a bien lieu sur le territoire français, à Évian, mais le contre-sommet sera à Genève. Il est envisageable d'avoir des opposants qui viennent de toute l'Europe, des pays frontaliers principalement. Certains vont aller directement à Genève. En revanche, d'autres passeront par le territoire national et c'est là où il y aura un enjeu, justement, de les détecter, éventuellement de les suivre et d'anticiper ce qu'ils pourraient commettre sur le territoire national, avant même de se rendre, pour certains à Genève, voire au retour du contre-sommet et de se retrouver de nouveau sur le territoire national.

"C'est un enjeu particulier puisqu'il faut travailler avec nos homologues des services suisses, mais également avec des services de renseignement d'autres pays."

Bertrand Chamoulaud

à franceinfo

Nous échangeons sur la capacité de certains groupes, certaines mouvances ou certains individus à se déplacer et venir sur le territoire national.

Quel est l'impact sécuritaire de la présence du président américain Donald Trump ?

Il y a des enjeux très importants puisqu'il peut y avoir des menaces de basse intensité, comme des actions de communication, à l'encontre d'un certain nombre de principes qui encadrent le G7 avec, par exemple, l'anticapitalisme et l'antimilitarisme.

"Il peut y avoir des mécontents qui vont vouloir exprimer leur opposition à la politique américaine."

Bertrand Chamoulaud

à franceinfo

Le renseignement territorial a une certaine expérience puisqu'on a eu pas mal de grands événements ces derniers temps lors desquels on a pu mettre en œuvre ce genre de technique de détection de personnes qui voudraient propager des messages, à l'aide de banderoles, de vols de drones ou de tags particulièrement visibles. L'idée, c'est de pouvoir indiquer aux forces de l'ordre présentes sur le terrain quelles sont ces personnes pour les empêcher de passer à l'acte.

Dans le contexte du conflit en Iran, mais aussi de la guerre entre la Russie et l'Ukraine, et de la priorité mise par le gouvernement sur la défense, les mouvements antimilitaristes sont-ils plus actifs en France ?

Depuis quelques mois, nous sentons un regain de ce que l'on appelle l'antimilitarisme, une cause traditionnelle de certaines mouvances que l'on pourrait qualifier d'ultra-gauche, comme le mouvement anticaréral, et parfois le mouvement antinucléaire. L'antimilitarisme monte en puissance, de deux façons : par des manifestations mais aussi, on l'a noté malheureusement ces derniers mois et dernières semaines, par des actes de dégradation de biens, ce que l'on pourrait qualifier de sabotage, notamment d'entreprises sensibles liées à l'armement.

C'est l'une des menaces sur lesquelles les services de renseignement, dans leur globalité, travaillent pour qu'elles soient détectées le plus en amont possible et, bien sûr, entravées. Mais c'est une menace qui reste effectivement très présente et plus prégnante ces derniers mois.

Justement, il y a eu des actions de sabotage du réseau TGV lors des JO, ou du réseau électrique lors du festival de Cannes, l'an dernier. Pourquoi les enquêtes piétinent ?

Ce sont des enquêtes qui sont difficiles et longues. En tout cas, ce que je peux vous dire sur ces individus, c'est que ce sont des groupes qui sont sûrement très restreints, mais qui utilisent des moyens de la clandestinité et sont très prudents, ce qui rend d'autant plus compliqué leur détection. Mais j'ai confiance pour qu'on y parvienne dans les délais d'enquêtes qui seront utiles.

Qu'en est-il plus précisément de la mobilisation pour l'environnement ? Il y a eu de nombreuses actions contre les mégabassines ou l'autoroute A69 notamment. Est-ce que ce sommet risque d'être le théâtre d'action coup de poing ?

Ce sont des sujets qui sont toujours présents, mais avec moins de démonstrations fortes d'opposants, avec des risques d'ordre public qui sont quand même plus limités.

"Il y a des oppositions qui existent encore, une quarantaine de projets au niveau national. Heureusement, ils ne sont pas de l'intensité et de la violence connues lors des contestations de Sainte-Soline."

Bertrand Chamoulaud

à franceinfo

Ce qu'on a pu observer, ce sont des actions plus discrètes, plus clandestines, soit des dégradations à l'encontre de matériels, par exemple d'entreprises qui sont amenées à travailler sur ces sites, soit des dégradations d'engins de chantiers par exemple. Parfois, on a eu des actions dirigées à l'encontre de responsables d'entreprises ou de chantiers qui ont pu recevoir des messages d'intimidation.

Une phase de contestation d'un projet dans le respect des règles et de la manifestation de la liberté d'opinion, il n'y a pas de problème. En revanche, dès qu'on bascule dans des options où l'on choisit la clandestinité, la violence, la pression, l'intimidation pour imposer ses points de vue, ce n'est plus acceptable et bien souvent, ce sont des infractions pénales qui sont relevées.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Tentatives de perturbation du sommet par des actions de militants.

    Likely · Within days

  • Actions de sabotage ou de dégradation de biens par des groupes antimilitaristes.

    Possible · Within days

Open Questions

  • Quelle sera l'ampleur des perturbations ?
  • Les services de renseignement réussiront-ils à anticiper les actions ?
  • Quel impact aura la présence de Donald Trump sur la sécurité ?

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This article was originally published by France Info.

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