Une œuvre éphémère de Seth habille la colonnade de l'Assemblée nationale
Quick Look
- L'Assemblée nationale accueille une installation temporaire de l'artiste Seth, intitulée "Marianne rêve", du 16 juin au 28 septembre.
- L'œuvre, visible depuis la place de la Concorde, suscite des réactions mitigées, certains la saluant comme une ouverture culturelle et d'autres la critiquant comme un gaspillage d'argent public.
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Why It Matters
L'Assemblée nationale a lancé en 2022 une démarche d'ouverture à la création artistique. Une précédente installation, "Mariannes d’aujourd’hui", avait eu lieu en 2003.
Une nouvelle œuvre éphémère s’affiche depuis mardi sur la colonnade du Palais Bourbon. Depuis le 16 juin et jusqu’au 28 septembre, l’Assemblée nationale accueille sur sa colonnade une installation temporaire de l’artiste Seth, intitulée Marianne rêve. Visible depuis la place de la Concorde et les quais de Seine, l’œuvre habille pour la première fois les célèbres colonnes du siège de la représentation nationale.
L’installation représente une jeune Marianne auréolée d’un ciel étoilé, surgissant d’une onde aux couleurs de la cocarde tricolore. Tournée vers l’hémicycle, la figure allégorique de la République avance vers l’horizon. Selon l’artiste, elle «dissémine les graines de la liberté» et progresse «sans crainte vers le futur».
Avec cette création, l’Assemblée nationale entend poursuivre «sa démarche d’ouverture aux citoyens et à la création artistique» commencée depuis 2022 sous l’impulsion de sa présidente, Yaël Braun-Pivet, selon un communiqué sur le site de l’institution. Cette nouveauté entend ainsi «renforcer le dialogue entre culture et démocratie», un lien qu’elle juge constitutif de son histoire, tout en faisant découvrir le Palais Bourbon «avec un regard différent».
Dans le même communiqué, Yaël Braun-Pivet s’est dite «ravie d’accueillir Seth, dont les œuvres poétiques et profondément humanistes sont aujourd’hui reconnues à travers le monde». «Pour la première fois, un artiste habillera la colonnade du Palais Bourbon, qui incarne la solidité de nos institutions démocratiques», souligne-t-elle. La présidente de l’Assemblée voit également dans cette Marianne «une invitation à venir découvrir la maison du peuple qu’est l’Assemblée nationale».
Un des pionniers de l’art urbain français
L’œuvre n’est pas du goût du député RN Jean-Philippe Tanguy, qui y voit plutôt une «énième croûte et autre mocheté imposées par» Yaël Braun-Pivet, y voyant même un «caprice» de cette dernière. «À chaque fois qu’il est question de culture, votre premier réflexe est le mépris», lui a répondu sur X la présidente de l’Assemblée, pointant une «curieuse manière de défendre la France». «Vous n’avez aucune habilité à juger de mes goûts culturels et je n’ai cure des vôtres», a répliqué le député RN.
«Que Yaël Braun-Pivet ait mauvais goût, c’est son droit le plus strict. Mais qu’elle l’impose à la représentation nationale, avec l’argent des Français, c’est inacceptable», écrit Anne Sicard, la députée Identité Libertés (apparentée RN) de la 1re circonscription du Val-d’Oise, sur le même réseau social. Cette installation fait écho à une précédente intervention artistique sur la façade du Palais Bourbon. En 2003, à l’initiative du président Jean-Louis Debré, les «Mariannes d’aujourd’hui» avaient déjà été exposées sur cette même colonnade. Vingt-trois ans plus tard, Marianne rêve «célèbre à son tour les symboles de la République».
Né à Paris en 1972 et diplômé de l’École nationale supérieure des Arts décoratifs, Seth, de son vrai nom Julien Malland, est considéré comme l’un des pionniers de l’art urbain français. Depuis plus de vingt ans, il parcourt le monde pour réaliser des fresques en collaboration avec les populations locales. Reconnaissable à ses représentations de l’enfance et à ses univers empreints d’imaginaire, l’artiste investit régulièrement l’espace public pour proposer, selon l’Assemblée nationale, «des invitations au dialogue et à l’évasion».
Open Questions
- Quel sera le coût exact de l'installation ?
- Y aura-t-il d'autres installations artistiques à l'avenir ?





