Viol dans une sanisette parisienne : une victime se bat pour la reconnaissance de son statut
Quick Look
- Une femme de 47 ans, victime de viol en mai 2021 dans une sanisette délabrée du 19e arrondissement de Paris, se bat pour obtenir une indemnisation.
- Les victimes de crack sont rarement entendues par la justice.
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Why It Matters
La sanisette, une toilette publique parisienne, est le théâtre d'un viol en mai 2021. La victime, une toxicomane, se bat pour être reconnue par la justice.
A l’angle de la rue de Crimée et des quais du bassin de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, la sanisette – le nom que l’on donne aux toilettes publiques de la capitale – a été refaite.
Mais, en 2021, lorsque Phedra Boulin fréquente ce quartier connu comme étant, le soir venu, celui des consommateurs de crack, la porte d’entrée en est cassée, à moitié ouverte, barrée par des morceaux de bois. Des détritus jonchent le sol, de l’urine y colle. L’hygiène y est déplorable. « Une partie du plafond tombe dans la cabine », noteront les policiers qui saisiront, sur les lieux, un préservatif usagé. Phedra Boulin, 47 ans à l’époque, relève quant à elle « l’odeur ».
Souvenir immonde et impérissable qu’elle conserve, cinq ans plus tard, du théâtre de son viol, en mai 2021.
Une toxicomane qui porte plainte pour violences sexuelles, dans ce quartier de Paris touché depuis des années par le fléau du crack, est une affaire rare. Suffisamment, du moins, pour qu’une dépêche de l’Agence France-Presse soit à l’époque publiée, sous ce titre : « Paris : deux hommes soupçonnés d’un viol à Stalingrad placés en garde à vue ».
Ces victimes-là ne se tournent jamais, ou presque, vers la justice, leur état, leur fragilité, leur honte ne le leur permettant pas. « On se bat beaucoup pour qu’elles portent plainte, mais elles ne vont souvent pas jusqu’à la réparation, elles lâchent en cours de route », explique Bénédicte Bertin, cheffe de service de l’Espace femmes Charonne, un lieu d’accueil des femmes en situation de grande précarité, à Paris.
Phedra Boulin, elle, n’a pas lâché et se bat aujourd’hui pour que la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions lui reconnaisse un statut de victime à part entière.
Open Questions
- Quelles sont les suites judiciaires pour les agresseurs ?
- La victime obtiendra-t-elle une indemnisation ?


