Incendie en Gironde : Saint-Médard-en-Jalles, l'une des communes les plus importantes évacuées, attend son retour à la normale
Hızlı Bakış
- La commune de Saint-Médard-en-Jalles, avec 33 000 habitants, a été évacuée face à l'incendie qui ravage la Gironde.
- Le maire espère un retour des habitants dans 48 heures si la situation s'améliore.
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Incendie forestier majeur dans la Gironde, avec plus de 42 000 hectares brûlés.
Avec 33 000 habitants, Saint-Médard-en-Jalles est l’une des communes les plus importantes de la métropole bordelaise à avoir été évacuée, dans la nuit de samedi à dimanche dernier, face à la menace du gigantesque incendie qui frappe l’ouest de la Gironde. « En trois à quatre heures, nous avions évacué la ville, et il a fallu dix-huit heures en tout pour sortir les dernières personnes avec un handicap lourd, ce qui est plutôt bien pour une ville de cette taille », indique à 20 Minutes le maire de Saint-Médard, Stéphane Delpeyrat. L’élu surveille avec une très grande attention l’évolution de la situation sur le front de l’incendie ce mercredi car, « si ça se passe bien, on peut espérer un retour des habitants d’ici 48 heures », annonce-t-il. Les habitants du Haillan, ainsi que de Mérignac et Eysines - partiellement évacuées –, ont pu regagner leur domicile mardi soir. « On ne pourra pas replanter la forêt des Landes de Gascogne à l’identique » L’incendie, qui a parcouru à ce jour 42 000 hectares, s’est approché à un moment à une quinzaine de kilomètres seulement de la métropole bordelaise. Une situation qui a nécessité l’évacuation de près de 220 000 personnes, dans 23 communes. Géographe et autrice de L’épreuve du feu, habiter autrement la Terre (Flammarion, 2026), Pauline Vilain-Carlotti souligne « la manière exceptionnelle dont a été gérée cette évacuation ». Mais « il faut maintenant que la puissance publique se saisisse rapidement des outils disponibles pour éviter une explosion de ce type d’évacuation dans les années à venir », prévient-elle. A Saint-Médard et dans d’autres secteurs de la Gironde comme au Cap-Ferret, le travail a commencé, avec des bulldozers qui s’activent jour et nuit pour réaliser d’immenses pare-feux, des tranchées pour empêcher l’incendie de se propager. Mais ce ne sera pas suffisant. « On ne pourra pas replanter la forêt des Landes de Gascogne [qui a brûlée] à l’identique, c’est intenable face à ces incendies qui se répètent, prévient Stéphane Delpeyrat. Il faudra replanter avec des espaces intermédiaires de type agricole ou zone humide, ce qui évitera que le feu coure d’une parcelle à l’autre et se propage. On a besoin de ceintures agricoles autour des villes, ce qui permettra en plus aux sylviculteurs de diversifier leurs sources de revenus. Mais pour cela, il faut faire évoluer la réglementation, et donc que l’Etat s’occupe de ce problème. » « Geler la constructibilité de certains terrains » Pauline Vilain-Carlotti abonde. « Il faut effectivement travailler la question des lisières, donc des interfaces habitat-forêt, qui sont les zones qui concentrent la plupart des vulnérabilités et où se déclenchent la plupart des incendies de forêt. Mais il faut aller plus loin et mettre un frein à cet étalement urbain qui va au contact des forêts. Cela passe par la mobilisation des outils de planification, insuffisamment mis en œuvre, et qui permettent de geler la constructibilité de certains terrains. » Densifier plutôt que s’étaler, « et réfléchir à la taille des logements, qui doivent être proportionnels aux besoins » ajoute la géographe. « C’est d’autant plus criant dans la partie la plus touristique de la Gironde - très impactée par l’incendie, où l’on a une proportion de résidences secondaires qui dépasse parfois les 50 % dans certaines communes. La sobriété foncière et immobilière se pose d’autant plus activement quand ce ne sont pas des résidences principales ». Les sites Seveso vont « commencer à poser sérieusement problème » L’experte regrette également que, depuis les incendies qui avaient déjà ravagé la Gironde en 2022, l’obligation légale de débroussaillement « soit insuffisamment mise en œuvre ». « Cela permet de supprimer du matériau combustible autour des habitations face à ce type d’incendie. C’est quasiment le seul dispositif qui existe en matière de prévention individuelle, mais on n’a pas réfléchi à la manière de le rendre compréhensible par les personnes qui y sont soumises. » Notre dossier sur les incendies Il va également falloir « repenser à nos sites industriels, notamment nos sites Seveso », ajoute la géographe. L’incendie qui court toujours en Gironde a notamment atteint mardi le camp militaire de Souge et menacé les sites d’ArianeGroup situés à Saint-Médard-en-Jalles et au Haillan, ou encore de Dassault à Mérignac. « On ne voit toujours pas émerger dans le débat public le terme du "risque NaTech", le fait que les risques naturels vont entrer en contact avec les risques technologiques, notamment en raison de l’exposition de certains sites sensibles au risque d’incendie de forêt. Le nombre de sites Seveso que nous avons en France va commencer à poser sérieusement problème. » Si la spécialiste croit percevoir une certaine « prise de conscience » dans le débat depuis cet incendie ravageur, elle craint aussi que « dès la rentrée, on ne parle d’autre chose ». « Et je doute que les incendies de forêt se retrouvent au cœur de la campagne présidentielle… Avant qu’on en reparle la saison prochaine, qui risque d’être du même acabit. »
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Retour des habitants de Saint-Médard-en-Jalles dans les 48 heures si la situation s'améliore
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