La BNS envisage Bitcoin comme alternative au dollar pour ses réserves de change
La Banque Nationale Suisse évalue une diversification vers les actifs numériques décentralisés face à l'appréciation historique du franc et aux limites du modèle d'intervention traditionnel
Hızlı Bakış
- La Banque Nationale Suisse fait face à une appréciation historique du franc face à l'euro et au dollar.
- Le 2 mars, elle a annoncé une possible intervention sur le marché des changes.
- Face aux limites du modèle traditionnel d'intervention (perte de 8,8 milliards de francs en 2025 sur les devises) et aux questions de neutralité posées par l'exposition au dollar américain, certains observateurs proposent d'utiliser les dollars acquis pour acheter du Bitcoin comme actif de réserve souverain alternatif.
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La Banque Nationale Suisse (BNS) fait face à une appréciation notable du franc, qui atteint des niveaux historiques face à l’euro et au dollar. Le 2 mars dernier, l’institution a rompu son silence habituel pour annoncer une possible intervention sur le marché des changes. Cette déclaration spontanée souligne l’urgence de la situation pour l'industrie et le tourisme helvétiques, alors que lflation frôle la zone négative. Dans ce contexte, la stratégie classique consistant à accumuler des dollars et des obligations américaines montre des limites opérationnelles, incitant certains observateurs à examiner des alternatives de diversification souveraine. Et il serait même question de Bitcoin…
L’appréciation du franc suisse s’explique par son rôle de valeur refuge, un statut qui s’est renforcé au détriment du dollar américain. Pour stabiliser le taux de change, la BNS crée traditionnellement des francs afin d’acquérir des devises étrangères, principalement des dollars. Cette mécanique gonfle mécaniquement le bilan de la banque centrale, l exposant aux fluctuations des marchés internationaux. En 2025, la BNS a d ailleurs enregistré une perte comptable de 8,8 milliards de francs sur ses positions en devises, un résultat compensé uniquement par la hausse des cours de l’or.
Par ailleurs, l’environnement géopolitique modifie la perception du dollar comme actif de réserve ultime. Le gel de réserves souveraines étrangères et l’usage de la monnaie américaine comme outil de pression diplomatique réduisent ainsi l attractractivité des obligations du Trésor américain. La Suisse, soucieuse de sa neutralité, se retrouve donc dans une position où ses interventions pour affaiblir le franc l obligent à s exposer davantage à un actif dont la neutralité n’est plus garantie. Cette dépendance structurelle vis-à-vis d une juridiction étrangère soulève aussi des questions sur la gestion des risques à long terme.
Une option de plus en plus discutée consiste à utiliser les dollars acquis lors des interventions de change pour acheter des actifs numériques décentralisés, tels que le bitcoin. Pour Yves Bennaïm, fondateur du Think Tank 2B4CH, ce processus en trois temps permettrait d atteindre lobjectif initial de dépréciation du franc tout en limitant l exposition durable au dollar. Contrairement aux obligations d État, ces actifs ne dépendent d aucune banque centrale ni d aucun accord diplomatique, offrant une protection contre la censure financière ou les gels de fonds internationaux.
Cette démarche ne serait pas inédite à l échelle mondiale. Outre les États-Unis qui disposent d une réserve stratégique, des pays comme le Luxembourg, la République tchèque ou le Brésil étudient ou ont déjà alloué une fraction de leurs fonds souverains à ces actifs. La rareté numérique et l absence de risque de contrepartie étatique constituent des arguments techniques pour des gestionnaires de réserves publiques en quête de neutralité. Une allocation en bitcoin, même minime, introduirait une forme de diversification dans un bilan actuellement très dépendant des monnaies traditionnelles.







