Martin Ney: perpétuité requise pour le meurtre d'un enfant en France
La réclusion criminelle à perpétuité. Voici ce qu’a requis jeudi matin l’avocate générale à l’encontre de Martin Ney dans une salle comble.
Le pédocriminel allemand comparaît depuis le 19 mai devant la cour d’assises de Loire-Atlantique, à Nantes. Il est accusé du meurtre de Jonathan Coulom, enlevé en pleine classe de mer dans la nuit du 6 au 7 avril 2004 à Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique). Le corps de cet enfant de 10 ans avait été retrouvé un mois et demi plus tard à la surface d’un étang, ligoté, nu et lesté d’un parpaing.
« Les faits commis à l’encontre de Jonathan Coulom méritent la perpétuité », a affirmé l’avocate générale, qui a confié n’avoir jamais prononcé de telles réquisitions jusqu’alors. « Je n’ai aucun doute sur le fait qu’il est coupable », a-t-elle déclaré, ajoutant s’être beaucoup questionnée au cours des dernières semaines et avoir connu une « forme d’intranquillité. »
Pas d’aveux
Durant ces trois semaines de procès, le « Schwartzmann », qui a reconnu le meurtre de trois enfants dans des conditions similaires entre 1992 et 2001 en Allemagne, n’a eu de cesse de nier sa responsabilité. Si aucun élément matériel n’atteste de son passage en France la nuit du drame, « vous allez avoir un faisceau d’indices qui vont vous conduire vers la culpabilité ». Parmi les éléments, les posts publiés par Martin Ney sur des forums pédophiles en lien avec la mort du petit garçon ont été relevés. Mais aussi le témoignage de cet agriculteur accompagné de son chien se souvenant d’avoir croisé une BMW immatriculée en Allemagne, le coffre ouvert, après le drame. Ou encore les confidences de Mario T., un ancien codétenu de l’accusé qui jure avoir recueilli les aveux de l’accusé. À l’instar des parties civiles, l’avocate générale est revenue sur la « signature criminelle » de Martin Ney, déjà condamné à la perpétuité en Allemagne pour ses agissements passés. « Les similitudes dans les passages à l’acte » ont été largement commentées, tandis que l’intéressé avait évoqué au cours des derniers jours un « imitateur ».
« Jugé Martin Ney est vertigineux », a redit à plusieurs reprises l’avocate générale, devant un accusé impassible. Elle a demandé la perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 18 ans, ainsi qu’une interdiction définitive de paraître sur le territoire français. Expliquant son choix de demander « la peine maximale à l’encontre de Martin Ney, pédophile absolu, pédophile exclusif, pédophile primaire qui a pris la vie de Jonathan, cet enfant qui n’avait rien demandé à part voir la mer », elle a notamment mis en avant un danger de « récidive » mentionné dans plusieurs expertises. Le verdict est attendu en fin de journée, après les plaidoiries de la défense prévues dans l’après-midi.





