Recyclage du plastique en France : les chiffres qui déçoivent
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- En France, seulement 20,5 % des déchets plastiques sont recyclés, et 30 % des emballages plastiques ménagers finissent incinérés.
- Ce chiffre est inférieur à la moyenne européenne et soulève des questions sur l'efficacité du système actuel face à la surproduction de plastique.
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Le recyclage du plastique est présenté comme une solution clé à la pollution, mais son efficacité en France est remise en question par des chiffres de recyclage inférieurs à la moyenne européenne et des limites techniques.
« On a mis beaucoup l’accent sur la responsabilité du consommateur qui trie mal mais aujourd’hui, c’est compliqué dans un magasin de ne pas utiliser de plastique, estime Jean-François Ghiglione, directeur de recherche CNRS en écotoxicologie microbienne marine. C’est au gouvernement de réguler cette production de plastique, et aux industriels de réduire ces emballages qui sont inutiles, et dangereux. »
Alors qu’un projet de « consigne » pour réemploi est porté par le gouvernement et critiqué par les associations environnementales, 20 Minutes s’intéresse aux performances de recyclage en France, présenté comme la solution phare pour lutter contre la pollution aux plastiques.
Quelle est la part des déchets plastiques recyclés en France ?
Si l’on parle de l’ensemble des déchets plastiques, emballages compris, plus de la moitié (51,5 %) est incinérée pour valorisation énergétique en France. Tandis que 28 % sont mis en décharge et 20,5 % sont recyclés, selon le rapport de Plastics Europe de 2024.
Certes, la mise en décharge diminue au fil des années tandis que la valorisation énergétique et le recyclage progressent. Mais, les nouveaux produits plastiques contiennent péniblement en moyenne environ 10 à 15 % de matière recyclée. Et au final, seul environ un déchet plastique sur quatre est recyclé en France et un sur dix au niveau mondial.
Et la proportion d’emballages plastiques ?
« Si je compte le geste de tri des citoyens, la collecte, le tri, aujourd’hui, j’ai à peu près 30 % des emballages en plastique utilisés dans le quotidien des Français qui vont être effectivement recyclés dans de nouvelles matières en plastique », pointe Romain Lebègue, responsable collecte tri et recyclage chez Citéo, entreprise à mission créée pour réduire l’impact environnemental des emballages.
C’est un chiffre inférieur à la moyenne européenne qui s’établit à 40 % et classe la France en bas du tableau de l’Europe occidentale. La Slovaquie, l’Allemagne, la Belgique et la Slovénie en recyclent de 50 à 60 %, selon Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne.
Pour autant les 70 % restants ne sont pas tous incinérés. Une partie est refusée au centre de tri, enfouie ou mal triée et se retrouve dans les ordures ménagères. Sur la base des données de Citeo et des bilans nationaux de l’ADEME et de Plastics Europe, on estime quand même qu’environ 60 % des emballages plastiques ménagers finissent dans des unités d’incinération avec récupération d’énergie.
« Disons que le Français moyen consomme 17 kg d’emballages plastiques ménagers par an, résume à grands traits Romain Lebègue. Il en met neuf ou dix dans la poubelle jaune. Et à la fin, on va en recycler six ou huit. »
Pourquoi le recyclage est forcément limité ?
Comment recycle-t-on du plastique ? « On broie les emballages en plastique [lire encadré], on les lave et on fabrique de petits granules qui vont être décontaminés pour partie et utilisées comme n’importe quelle matière fossile pour fabriquer soit de nouveaux produits, soit de nouveaux emballages », précise Romain Lebègue.
Si on sait recycler aujourd’hui 75 % des emballages en plastique et que cette proportion a bondi en dix ans, certains emballages dits complexes (plusieurs résines, des multicouches, des additifs, des étiquettes, colles, opercules, etc.) compliquent les process. Les barquettes en plastique colorées, par exemple, posent problème. « On ne va pas maîtriser la couleur du produit en sortie, précise-t-il. Du coup, on est obligé de les traiter à part, et on n’arrive pas encore à les transformer en nouvelles barquettes. » Les résines vierges étant souvent moins coûteuses et plus homogènes que les matières recyclées, cela freine aussi leur incorporation.
Mais alors pourquoi demander aux consommateurs de trier des produits qui ne sont pas recyclables ? Question de lisibilité du message répond Citéo, mais aussi parce que les industriels ont besoin de matière pour leurs tests, en vue de nouvelles filières de recyclage.
Qu’est-ce qui fonctionne ?
« Depuis 2019, il y a eu l’interdiction des pailles, des vaisselles à usage unique, des sacs plastiques et on a vu une vraie diminution de ces produits dans l’environnement », relève Jean-François Ghiglione.
De son côté, Citéo fait valoir la stabilité de consommation par habitant en emballages plastiques en France (autour de 17 kg depuis dix ans). « On incite directement nos clients, les metteurs au marché, à réduire leurs emballages et à les simplifier pour les rendre recyclables », complète Romain Lebègue.
Si le recyclage diminue la part de plastique vierge dans certains produits il est très insuffisant pour lutter contre la surproduction de plastique - et la pollution associée - puisqu’il ne diminue pas la quantité totale de plastique. Sans changement structurel, l’OCDE projette que la production mondiale de plastique pourrait presque tripler d’ici 2060, même avec un essor important du recyclage.
Bundan Sonra Ne Olabilir?
Yapay zekâ öngörüsü — kesinlik taşımaz
La production mondiale de plastique pourrait presque tripler d'ici 2060.
Spekülatif · Uzun vadede
Açık Sorular
- Comment améliorer le taux de recyclage effectif ?
- Quel rôle pour la consigne ?
- Quand les industriels réduiront-ils les emballages inutiles ?


