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Edouard Philippe lance sa campagne présidentielle avec un meeting à Paris
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France Info5‏/7‏/2026سياسة5 د قراءةFrance

Edouard Philippe lance sa campagne présidentielle avec un meeting à Paris

نظرة سريعة

  • Edouard Philippe a lancé officiellement sa campagne présidentielle lors d'un meeting à l'Adidas Arena de Paris, réunissant 5 200 militants.
  • Il a dévoilé son slogan "Croire en nous" et s'est présenté comme un "fils de la classe moyenne", prônant une "campagne heureuse, joyeuse et optimiste".

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On est ici pour montrer qu'il est soutenu. On espère qu'il va créer une union avec Gabriel Attal et Bruno Retailleau pour créer une vraie force contre les extrêmes", lâche Andréa Lambert, 28 ans. Comme 5 200 personnes, ce militant Horizons est venu assister, dimanche 5 juillet, au premier meeting d'Edouard Philippe.

L'ancien Premier ministre, qui devance ses rivaux de la droite et du centre dans les intentions de votes, a réuni ses partisans pour le lancement officiel de sa campagne présidentielle dans l'enceinte de l'Adidas Arena, à Paris. "Edouard Philippe va dire d'où il vient, ça va être un exercice nouveau pour lui car il ne parle pas souvent de lui, avait promis l'ancienne ministre et eurodéputée Horizons Nathalie Loiseau. Ça ne sera pas un catalogue de mesures. Il va fixer un cap."

Dès 15 heures, le maire du Havre fait son apparition sous les cris d'"Edouard président". L'ancien lieutenant d'Alain Juppé assure qu'il va se "battre encore et encore avec [s]a raison, [s]on cœur et [s]es tripes". Accusé par ses adversaires et concurrents de promettre du "sang et de larmes", il réplique en annonçant "une campagne heureuse, joyeuse et optimiste". Et dévoile, au bout d'une heure vingt de discours, son slogan de campagne : "Croire en nous".

"La candidature Attal est fragile"

A quelques jours de ce rendez-vous, Edouard Philippe avait engrangé des soutiens de poids, dont la plupart sont encartés chez Renaissance, le parti de Gabriel Attal. D'abord Maud Bregeon, la médiatique porte-parole du gouvernement Lecornu, mais aussi Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, lui aussi chez Renaissance.

Tous les deux sont aussi des soutiens de Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, dont l'arrivée prochaine dans l'équipe de campagne du maire du Havre ne serait pas une surprise. Mais il n'y a "pas besoin d'avoir de gros ralliements pour le moment, c'est beaucoup trop tôt. Ce sont les plus jeunes pour le moment, sourit un proche d'Edouard Philippe. Et ça montre que la candidature Attal est fragile." Des ralliements balayés d'un revers de main par le patron de Renaissance. "Avec moi, ça ne sera pas : 'On reprend les mêmes et on recommence', c'est très clair. Si vous voulez les mêmes, alors il ne faudra pas voter pour moi", avait-il assuré, vendredi, aux rencontres économiques d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

Les stratèges Horizons réfutent aussi l'idée que seule l'aile droite de la macronie les rejoint, citant la présence de l'ex-ministre et cofondatrice d'En Marche Astrid Panosyan-Bouvet, de l'ancien président de l'Assemblée nationale et ex-Ecologiste François de Rugy, du vice-président MoDem de l'Assemblée nationale, Christophe Blanchet, ou du ministre de l'Enseignement et de la Recherche, issu de la société civile, Philippe Baptiste.

"La candidature d'Edouard Philippe intéresse des gens en dehors d'Horizons, contrairement à Attal et Retailleau, qui ont déjà du mal à fédérer au sein de leur propre parti", ironise un cadre d'Horizons. Sans aller jusqu'au ralliement, Laurent Wauquiez a semé la zizanie dans son propre camp en tendant la main à Edouard Philippe dans une interview au Figaro, jeudi. "Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu'Edouard Philippe peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France", a lancé le patron du groupe Les Républicains à l'Assemblée, alors que son parti a pourtant officiellement investi Bruno Retailleau comme candidat.

Le récit personnel d'un "fils de la classe moyenne"

S'il a attaqué frontalement le RN et LFI en les nommant, Edouard Philippe n'a pas cité expressément Bruno Retailleau ou Gabriel Attal, ses rivaux au sein de l'espace du centre et de la droite. Mais, quelques allusions n'ont pas manqué, notamment à l'égard du patron du parti présidentiel, adepte de la communication sur les réseaux sociaux. "Je ne vais pas exhiber ma vie privée ou ma vie familiale, ce n'est pas le genre de la maison".

"Je pense qu'un responsable politique est beaucoup plus ce qu'il est que ce qu'il prétend être sur les réseaux sociaux."

Edouard Philippe

en meeting à Paris

Mais, les soutiens d'Edouard Philippe le savent : le pudique maire du Havre se doit de fendre l'armure et d'envoyer aux Français, juste avant l'été, quelques cartes postales de militants et sympathisants criant son nom. "Je pense que Philippe est meilleur sur le fond qu'Attal. Mais il n'y a pas de scène de liesse autour de Philippe. Pour le moment, il a la raison avec lui, mais pas l'étincelle", glissait, quelques jours avant le meeting, un influent député macroniste.

Alors, devant des militants chauffés à blanc, l'ex-chef du gouvernement s'est attelé à "dire" qui il était et "où" il voulait aller. Se présentant comme "un Normand", "fils de la classe moyenne", arrière-petit-fils de "Louis-Philippe, un docker du Havre", d'une mère – présente dans la salle, comme son épouse – issue d'une famille du Nord, Edouard Philippe a raconté une enfance où il n'a manqué "de rien" et surtout pas d'amour. "On n'était pas riches, mais on n'était pas pauvres non plus". Parlant aussi de ses enfants, il prévient : "Vous ne me verrez pas poser dans Paris-Match avec eux. Ils ont leur vie, je respecte leur discrétion".

Une petite pique à Emmanuel Macron

Ce court dévoilement de son histoire personnelle permet surtout à Edouard Philippe de rendre un hommage appuyé à l'école républicaine, fil rouge de son discours et pierre angulaire de sa campagne. "C'est la première des batailles, c'est là où tout commence. Il va falloir tout repenser", assure-t-il, promettant une réforme des rythmes scolaires, la priorité sur les savoirs fondamentaux, l'intégration de l'IA dans la pédagogie mais aussi une meilleure rémunération des enseignants.

"Je vous propose une refonte massive de l'école, la plus importante peut-être depuis Jules Ferry."

Edouard Philippe

en meeting à Paris

Edouard Philippe déroule aussi ses thèmes de prédilection que sont la nécessaire réduction de la dette et l'allongement de la durée du temps de travail. Mais, ses troupes l'avaient dit, pour le détail du programme, il faudra patienter. L'heure était au lancement d'une dynamique, mais aussi à la nécessité de s'éloigner du macronisme, qui colle également aux basques de Gabriel Attal. Or, 64% des Français estiment qu'Edouard Philippe est mal placé pour incarner une rupture avec le président sortant, selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro paru vendredi. Le patron d'Horizons n'a d'ailleurs pas cité le nom d'Emmanuel Macron devant ses partisans, ne l'évoquant que par des allusions, pas forcément flatteuses. "On ne gouverne pas seul, on ne dirige pas seul, on ne réussit pas seul", a-t-il lancé, en référence manifeste à la pratique très verticale du pouvoir qui est associée au chef de l'Etat.

Pour "réussir" face à LFI et au RN, Edouard Philippe aura fort à faire : rassembler tout le bloc central et la droite derrière lui. "Je ne suis pas sûr que l'on arrive à débrancher Attal, soupirait, un élu macroniste, début juillet. Et là, on a le RN et LFI, deux armées en ordre de bataille, prêts à partir, dès la décision de justice du 7 juillet connue. Et entre les deux, tout le monde se touche la nouille". Il faudra attendre encore plusieurs semaines, voire mois, avant de voir le moment de la grande clarification advenir au sein de cet espace coincé entre les deux extrêmes. Edouard Philippe entend bien y jouer le premier rôle.

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This article was originally published by France Info.

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