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Le Grand Bain : le programme marseillais pour encourager la mixité scolaire
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France Info·6 sa önce·🇫🇷France·Education

Le Grand Bain : le programme marseillais pour encourager la mixité scolaire

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France Info
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Encourager la mixité scolaire et lutter contre l'entre-soi dès l'école primaire. C'est l'objectif du programme éducatif Le Grand Bain expérimenté depuis quatre ans à Marseille. Le principe : jumeler des classes d'écoles de quartiers très différents pour que les enfants des quartiers aisés et des quartiers populaires se rencontrent et fassent des activités ensemble. Cette année, 1 300 élèves ont participé au programme à Marseille.

Pendant toute l'année scolaire, une classe de l'école Vincent Leblanc, dans le 2e arrondissement de Marseille, un quartier populaire, a été jumelée à une classe de l'école Rouet Charles Alle, dans le 8e arrondissement, l'un des plus chics de la ville.

Créer du lien

Ensemble, les élèves de CM1-CM2 ont réalisé un podcast. "On a commencé à s'envoyer des lettres, à se rencontrer, raconte Ketjona, 10 ans. Eux sont venus dans notre école pour visiter notre quartier. Et nous, on est partis dans leur quartier pour visiter." Ritège, 9 ans, se souvient de ces visites, elle a bien remarqué que le 8e arrondissement de Ketjona ne ressemblait pas tout à fait à son quartier du 2e arrondissement.

"Il y avait des bâtiments très jolis comparés aux nôtres, qui sont un peu délabrés."

Ritège, élève d'une école dans le 2e arrondissement de Marseille

à franceinfo

Faire découvrir aux enfants des réalités différentes, c'est tout l'enjeu du jumelage. "On est partis de l'idée qu'en créant des jumelages d'écoles primaires, on va pouvoir faire du lien entre des enfants qui ne connaissent pas la réalité sociale d'enfants qui vivent parfois à même pas un kilomètre de là où ils sont", explique Marion Chapulut, la directrice de l'association Citizen Corps qui a créé le programme du Grand Bain à Marseille. "Ces enfants ne se croiseraient jamais, ou de temps en temps au Vieux-Port, mais ils n'auraient pas l'idée de se parler. Ils n'ont pas du tout la même vie."

Des amitiés se créent

Et pas facile pour les élèves de prendre conscience de ce qui les sépare : religion, couleur de peau, argent. Comme quand des enfants de quartier populaires ont traité de menteurs des enfants de quartier aisés qui racontaient avoir des piscines dans leurs jardins.

Difficile, aussi d'imaginer l'écart de niveau scolaire, raconte Marion Chapulut. "Les enfants d'une école de quartier favorisé avaient un peu pris en grippe ou en tout cas mal interprété les courriers de leurs petits camarades, qui avaient beaucoup de fautes d'orthographe, précise-t-elle. Pour eux, ça voulait dire que les enfants n'étaient pas intéressés."

Malgré les préjugés, des amitiés se créent, Ketjona espère bien rester copine avec Ritège : "Peut-être que je pourrai aller la voir ou que nos parents pourront s'échanger les numéros" de téléphone. Cette année à Marseille, 35 classes d'écoles publiques et privées ont participé au programme de jumelage, un programme voué à se développer dans d'autres villes dès la rentrée prochaine.

This article was originally published by France Info.

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