Affaire Luc Besson : la cour d’appel de Paris rejette la réouverture de l’enquête malgré une nouvelle analyse ADN
En resumen
- La cour d'appel de Paris a rejeté la demande de réouverture de l'enquête sur les accusations de viol contre Luc Besson, malgré une nouvelle expertise ADN néerlandaise.
- Celle-ci avait identifié l'empreinte génétique du réalisateur sur un vêtement de la plaignante Sand Van Roy, mais la cour a jugé que cela ne prouvait pas l'acte sexuel contesté.
Resumen generado por IA
Por qué importa
L'affaire fait suite à une plainte pour viol déposée en 2018 par Sand Van Roy contre Luc Besson, ayant déjà abouti à un non-lieu confirmé en mai 2022.
Celle qui, dès ses premières auditions, avait dénoncé un viol anal digital, a vu dans cette expertise un élément matériel nouveau et déterminant à son appui, venant s’ajouter à d’autres arguments, et notamment une « fissure anale récente » détectée lors d’un examen médical le jour des faits, qui « pourrait être compatible avec les dires de la plaignante », ainsi que des « traces brunâtres sur les draps » d’hôtel qui n’ont jamais été analysées.
Le parquet général de la cour d’appel de Paris, destinataire de la requête de mai 2025, en avait saisi la chambre de l’instruction pour réouverture, estimant que « l’élément nouveau » de l’analyse ADN paraissait « de nature à corroborer la version présentée par la partie civile et contestée » par Luc Besson.
« On ne saura jamais la vérité »
Lors de l’audience du 2 juin dernier, la représentante du ministère public avait toutefois nettement tempéré sa position. « On ne saura jamais la vérité », aurait dit la magistrate, d’après Me Gitton. Me Thierry Marembert, conseil de Luc Besson, avait lui contesté la valeur de cette nouvelle analyse, seulement propre à étayer un « contact » entre l’ADN du réalisateur et le vêtement de la comédienne. Une évidence au vu des rapports sexuels communément admis : lorsque deux personnes passent plus d’une heure enfermée dans un lieu clos, avait-il argué, et plus encore si un rapport sexuel se produit, l’ADN, « extrêmement volatil », se diffuse dans l’ensemble de la pièce. Mme Van Roy, et ses vêtements, ne pouvaient qu’y être exposés, d’après ce pénaliste.
La chambre de l’instruction, présidée par la magistrate, déjà en poste lors de la confirmation du non-lieu en faveur de M. Besson en mai 2022, a finalement rejeté la demande le 23 juin.
Dans son arrêt, dont Le Monde a eu connaissance, la cour d’appel de Paris reconnaît que le laboratoire néerlandais « met en évidence l’empreinte génétique de Luc Besson sur ce string au niveau de la zone anale, ce que l’Institut national de la police scientifique n’avait pas fait ».
« L’expertise hollandaise considérée [par la partie civile] comme une charge nouvelle n’en constituerait une que si la réalité de l’acte sexuel lui-même était contestée, ce qui n’est pas le cas en l’espèce », tranchent pourtant les trois magistrates de la cour d’appel dans leur décision de 19 pages. Elles estiment alors que la défense de la comédienne « ne peut soutenir (…) que M. Besson nie les faits de pénétration digitale anale ».
Si M. Besson et Mme Van Roy ont tous deux évoqué des actes sexuels cette nuit du 18 mai 2018, le premier conteste les pénétrations digitales anales dénoncées comme un viol par la seconde. Interrogé sur ce point par la juge d’instruction en janvier 2021, le cinéaste avait répondu : « Je n’en ai pas le souvenir. Je me souviens de beaucoup de douceur. Quand on était dans le lit, j’étais allongé, elle était sur moi, donc je ne vois pas comment. » Dans son tout récent mémoire en défense, son avocat n’acte pas plus une telle pénétration et la réduit à une « thèse » de la plaignante.
La cour soutient aussi que retrouver de l’ADN de M. Besson sur le string de la plaignante au niveau de l’anus n’est pas probant car un tel vêtement est « par nature mobile, a forcément bougé au cours des actes sexuels », et que « d’autres hypothèses » avancées par la défense peuvent expliquer cette trace biologique.
« Instruction lapidaire et partiale »
Pour justifier sa demande d’appui au parquet général, Me Gitton s’agace dans son courrier que procéduralement, « seul le ministère public pouvait requérir cette réouverture et, sauf à confondre les autorités de poursuite et d’instruction, la chambre de l’instruction ne pouvait qu’ordonner la réouverture (…), quitte à ce que la juridiction d’instruction ordonne ensuite un non-lieu, mais après enquête et débat contradictoire ».
Sur le fond, « la chambre ne pouvait ignorer que la matérialité de l’acte de pénétration digitale anale était contestée », assène aussi l’avocat. Et l’éventualité d’un transfert secondaire d’ADN évoqué en défense « n’a jamais été expertisée à ce stade. C’était précisément l’objet du débat dans le cadre de la réouverture d’information requise ».
Sollicité par Le Monde, Me Gitton estime que « sous couvert de refuser la réouverture, la chambre a bien instruit, mais de façon lapidaire, partiale, erronée et non contradictoire, pour décider qu’il n’y avait pas de charges nouvelles ».
Le parquet général doit se positionner d’ici à vendredi 3 juillet sur l’éventualité d’un pourvoi, qui s’ajouterait à celui formé par Mme Van Roy. Devant la Cour de cassation, de nouveaux représentants du ministère public devront se prononcer.
Qué observar
Perspectiva de IA — posibilidades, no hechos
Le parquet général se prononcera sur un éventuel pourvoi en cassation.
Probable · En días
Le pourvoi en cassation formé par Mme Van Roy sera examiné.
Seguro · En meses
Preguntas abiertas
- Pourquoi l'Institut national de la police scientifique n'avait-il pas détecté l'ADN de Luc Besson sur le string ?
- Comment le transfert secondaire d'ADN est-il évalué sans expertise ?




