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Un salarié français sur deux présente des signes de détresse psychologique
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Un salarié français sur deux présente des signes de détresse psychologique

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Un salarié français sur deux présente des signes de détresse psychologique, soit le niveau le plus élevé enregistré depuis le lancement du baromètre en mars 2020, selon une étude publiée mardi 2 juin par Empreinte Humaine, réalisée par Ipsos-BVA, consultée par franceinfo.

La détresse psychologique regroupe "à la fois des symptômes de dépression et d'épuisement", et peut mener à des troubles de santé plus graves.

Le taux de détresse psychologique atteint 50% (+3 points par rapport à novembre 2025), dont 16% de détresse élevée (+2 points), un chiffre comparable à celui mesuré lors du deuxième confinement. Parmi les salariés concernés, 83% relient leur état au travail. Ce chiffre monte à 87% chez les moins de 30 ans.

Les DRH plus touchés que les autres

Les femmes (55%), les employés (59%) et les moins de 30 ans (60%) sont les profils les plus touchés. À l'inverse, les salariés de 60 ans et plus affichent un taux de détresse psychologique de 25%. Les DRH se distinguent avec un taux de 62%, supérieur à la moyenne des cadres (46%). À noter que 45% des salariés affirment craindre de ne pas pouvoir tenir psychologiquement au travail jusqu'à leur départ en retraite et près d'un tiers souhaite quitter son organisation ou son entreprise.

32% des salariés interrogés se disent en état de risque de burn-out, un taux stable par rapport à la vague précédente. Parmi eux, 11% évoquent même un risque de burn-out sévère. Le rapport constate un risque deux fois plus élevé de burn-out sévère en 2026 qu'avant la crise sanitaire. "Cette exposition chronique est un facteur de risque pour la santé", note Christophe Nguyen, président d'Empreinte Humaine et psychologue du travail et des organisations.

Un grand manque de reconnaissance

La sphère personnelle aggrave le tableau : 53% des salariés déclarent avoir traversé une période de stress intense liée à des difficultés personnelles au cours des douze derniers mois, et 41% ont fait face à des difficultés financières, administratives ou juridiques. Parmi ceux confrontés à ces situations, 59% ont craint que parler de leurs difficultés n'ait un impact négatif sur leur carrière, et 56% se sont sentis isolés ou sans soutien dans leur travail.

Sur les conditions de travail, 60% des salariés ont l'impression d'être de "simples exécutants", 51% estiment manquer de temps pour faire un travail de qualité, et 52% jugent que la succession de crises géopolitiques et économiques sert de prétexte à la dégradation des conditions de travail. "On néglige cette question de la santé mentale en période de crise économique et financière, et on considère que ce qui est prioritaire, c'est la survie [de l'entreprise], qui justifie d'être en surcharge de travail", regrette Christophe Nguyen.

"Il y a une accélération des rythmes de travail, les salariés disent qu'ils n'arrivent pas à bien travailler."

Christophe Nguyen, président d'Empreinte Humaine et psychologue du travail et des organisations

dans l'étude

Le manque de reconnaissance constitue un autre facteur de risque identifié : 84% des salariés souhaitent être reconnus par leur direction, mais seulement 49% se sentent effectivement reconnus. Moins de quatre salariés sur dix reçoivent des remerciements spontanés ou un retour sur leur travail. Le baromètre relève qu'en l'absence de reconnaissance par le manager, le taux de détresse psychologique monte à 63%, contre 44% lorsqu'elle est présente.

Former les managers

Un tiers des salariés souhaite quitter son entreprise, et 45% craignent de ne pas tenir psychologiquement jusqu'à la retraite, une proportion qui atteint 65% chez les jeunes en situation de détresse. "Le 'quiet quitting', ou démission silencieuse du salariés, s'ancre : 20% des personnes interrogées déclarent faire le strict minimum", constate Christophe Nguyen.

Seuls 11% des salariés travaillent dans un environnement offrant un climat de sécurité psychologique élevée. "Les actions de prévention en entreprise sont toujours insuffisantes ou pas assez efficaces", relève le psychologue, qui avertit que "sans changement, on peut anticiper dans les prochains mois une part toujours très importante des motifs psychologiques dans les arrêts maladie."

Le psychologue préconise de "parler sans tabou des sujets de santé psychologique au travail, avec des psychologues, des médecins du travail", mais aussi de "former les managers". "C'est aussi quand les entreprises mettent les moyens sur ce sujet en proposant des sensibilisations, de l'accompagnement". Des pratiques qui font, selon lui, leurs effets et contribuent à diminuer les risques psychosociaux.

Méthodologie : Ce baromètre Santé mentale au travail Ipsos-BVA pour Empreinte Humaine a été réalisé par internet auprès de 2 000 salariés, du 4 au 18 mai 2026, selon la méthode des quotas.

This article was originally published by France Info.

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